Les archives de la Vendée

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Correspondance d'Eugène Rabaud (1914-1916) Inventaire complet (pdf)

  • Notice/biographie :

  • Eugène Louis Émile Julien Rabaud (classe 1915, LRSY, n°1465), né le 3 avril 1895 à Angles, est le fils de Louis Eugène Adolphe, clerc de notaire, et de Julienne Henriette André. Il est l'aîné de la famille, qui comprend, en 1914, deux filles et trois garçons. Au front, Eugène correspond avec Pascaline, née en 1896, et Julien, né en 1899. Un dernier enfant naît en 1917. Le père d'Eugène décède en 1924. Avant-guerre, Eugène exerce la profession de " garçon de salle ". Incorporé au 137e régiment d'infanterie le 15 déc. 1914, il passe ensuite dans des bataillons de chasseurs à pied, le 18e à la date du 1er fév. 1915, puis le 120e à partir du 13 mars de la même année. Il est nommé caporal le 5 août 1915.

    Eugène participe à la bataille du Linge (Vosges), de juin à août 1915, puis à celle de Champagne en octobre 1915 et enfin il combat à Verdun (Meuse), où il trouve la mort le 22 juin 1916. Il est décoré de la médaille militaire avec la citation : " Caporal d'une conduite exemplaire. Blessé mortellement à son poste de combat, le 22 juin 1916, en maintenant ses hommes sous un violent bombardement au bois d'Haudremont ".

  • Contenu ou introduction :

  • Le fonds se compose principalement des lettres et cartes postales adressées par Eugène Rabaud à sa famille, de janvier 1914 au 22 juin 1916, date de son décès. Il est complété par de la correspondance reçue par les parents d'Eugène, une photographie, des papiers militaires et des certificats et deux numéros d'un journal de tranchée.

    Les lettres de loin les plus nombreuses (environ 150) sont adressées par Eugène à ses parents. Viennent ensuite celles qu'il envoie à sa grand-mère, Mme veuve André, qui semble habiter respectivement chez deux de ses fils, Julien à Curzon et Antonin à Champagné-les-Marais, ce dernier étant " maréchal-expert ". Il écrit également à son frère Julien, qui travaille, comme garçon de café, à l'hôtel de France à Civray (Vienne). Ce dernier sera mobilisé le 18 avril 1918 et déclaré soutien de famille à compter du 7 janvier 1920. Eugène écrit enfin à sa sœur Pascaline. Les semaines sans correspondance coïncident vraisemblablement avec les permissions. Quelques lettres, non datées ou incomplètes, n'ont pas été retenues, de même que des photographies dont les personnes n'ont pu être identifiées.

    Eugène décrit le quotidien (nourriture, argent, colis, santé, météo) et rappelle l'importance pour lui de recevoir régulièrement des nouvelles : " car ça me fait passer un peu le cafard " (22 janv. 1915). Cependant il se plaint très peu et est bien décidé à faire son devoir pour la patrie. Ainsi le 24 avril 1915, attendant son départ pour le front, il note : " Je ne sais pas quand l'on va partir tout de bon sur le front… ils feraient aussi bien de nous y envoyer tout de suite pour chasser cette vermine qui empeste la France et qui détruit tout ". De même, à Verdun, alors qu'il s'apprête à rejoindre les tranchées et tout en sachant l'enfer qu'il va y trouver, il écrit : " je rentre en ligne ce soir et je pars content, et puis après tout il en revient, tout le monde n'y reste pas " (14 juin 1916). Il relate, de façon plus ou moins détaillée, les principaux engagements auxquels il participe, s'attardant en particulier sur la terrible opération du Linge. C'est dans ce col des Vosges, situé dans le Haut-Rhin, que s'est déroulée, de juillet à octobre 1915, l'une des plus meurtrières batailles opposant Français et Allemands.

    Les rapports familiaux transparaissent également dans la correspondance. Ainsi, alors qu'Eugène est au dépôt à Fontenay-le-Comte, son père lui reproche de dépenser l'argent qu'il lui envoie " à tort et à travers " (8 janv. 1915). Eugène se justifie en dénombrant tous les achats qu'il doit effectuer. Par la suite, à chaque fois qu'il demandera de l'argent, il précisera l'usage qu'il compte en faire. Même éloigné de sa famille, Eugène joue encore son rôle d'aîné. En témoignent ses démêlés un temps avec son frère Julien. Dans une lettre non datée (le début est manquant), mais écrite probablement au début de l'année 1916, Eugène lui reproche vertement d'être " débauché " et lui enjoint de revenir " à de meilleurs sentiments ", sinon il préfère cesser de correspondre avec lui. Il pense qu'une femme est responsable de la situation et il menace son frère de lui régler son compte s'il continue " cette vie désordonnée ". S'ils arrêtent effectivement de s'écrire pendant une période, les frères reprennent leur correspondance quelque temps après, Eugène s'excusant d'avoir été un peu trop véhément. Ainsi, même au front, et peut-être surtout là, Eugène entend garder toute sa place au sein de sa famille, lieu de stabilité, principal rempart contre le chaos de la guerre.

  • Mots-clés :

  • Typologie documentaire

    Correspondance

  • Contexte historique

    1914 / 1915 / 1916

  • Lieu(x)

    Alsace / Lorraine / Marne (département)

  • Personne(s)

    Rabaud, Eugène Louis Emile Julien

  • Matière(s)

    Guerre 1914-1918 / Soldat

  • Communicabilité :

  • Libre accès

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande

  • Sources complémentaires :

  • Aux Archives de la Vendée

    Voir la notice biographique d'Eugène Louis Emile Julien Rabaud dans le Dictionnaire des Vendéens.

  • Bibliographie :

  • Notre bataillon le 120e chasseurs : historique du 120e bataillon de chasseurs à pied pendant la guerre 1914-1918 / G. Raoul. - Metz : Impr. lorraine, 1921. - 32 p. [en ligne sur Gallica]