• Fonds Thomas (1862-2012)

    On trouvera dans une première partie quelques pièces familiales, constituées surtout de faire-part et de photographies.

    La seconde partie est consacrée aux moulins possédés par la famille Thomas avec pour l'essentiel, des documents comptables.

  • 1 O - Affaires communales (avant 1940)

    La gestion communale (délibérations, décisions) est soumise au contrôle de la préfecture depuis l'époque révolutionnaire.

    La sous-série 1 Ø réunit tous les documents produits dans le cadre de ce contrôle et qui concernent le personnel, les biens, les bâtiments et les équipements communaux, excepté la voirie. Les dossiers sont en général composés des décisions communales accompagnées de correspondance, auxquelles sont joints devis et plans s'il s'agit de construction ou de réparation d'édifices.

    Cette sous-série s'est enrichie au fur et à mesure des versements successifs de la préfecture, sans être ni remaniée, ni recotée. Sa présentation n'est donc pas toujours homogène et un même sujet peut être présent dans plusieurs articles pour peu que ceux-ci aient été intégrés à des époques différentes.

    Il faut également signaler que la partie "Généralités" devra être reprise intégralement, les articles qu'elle contient devant être répartis dans les rubriques correspondantes.

    Les dossiers sont classés par communes, présentées dans l'ordre alphabétique, et respectent en général la répartition suivante :

    - Employés communaux

    - Police municipale

    - Revenus et charges (tarifs et taxes divers, acquisitions ou ventes de terrains, emprunts, baux…)

    - Édifices et services publics (bâtiments communaux autres que religieux et notamment les bâtiments d'enseignement mais aussi les halles, les bains-douches… et les équipements sportifs ou autres - pompes, puits). Rappel : ces dossiers contiennent très souvent des documents techniques (devis, plans).

    - Édifices du culte (église, presbytère, cimetière : dossier sur agrandissement ou l'aménagement de ce site).

    Les litiges et contentieux que connaissent les communes : certains travaux publics (tels que curage de fossés…) et tous les dossiers singuliers ont été isolés en fin d'article.

    À noter : pour des raisons pratiques, certains dossiers de legs ont été laissés en 1 Ø au lieu d'être recotés en 4 Ø.

  • Fonds Frizon de Lamotte (1364 - XXe s).

    Les archives Frizon de Lamotte sont composées de pièces relatives aux biens détenus par la famille en Champagne mais également en Maine-et-Loire où diverses terres leur ont été transmises par leurs familles alliées dont les Rodays et les Héard de Boissimon.
    Le fonds a été divisé en trois ensembles : le premier est consacré aux biens ; le second est constitué par les dossiers de famille et le troisième regroupe les pièces diverses.

  • 21 J - Papiers Paulze d'Ivoy (1832-1841)

    Le fonds Paulze d'Ivoy est constitué des papiers (rapports politiques, dossiers d'élections) emportés par l'ancien préfet à son départ de Vendée, en 1841. Il est présenté suivant deux grands ensembles :

    - les dossiers relatifs à la situation politique du département (21 J 2-45).

    Ils contiennent d'abord des pièces liées à la surveillance politique : rapports des sous-préfets, des maires, des juges de paix et des officiers de gendarmerie (21 J 2-11). Très fréquents au début de la mission de Paulze d'Ivoy dans le département, ils se raréfient au fur et à mesure de l'extinction de la chouannerie. A signaler, la minute du rapport de préfet présentant un état de la situation dans le département de la Vendée de 1830 à 1833 et faisant suite à un article paru dans la Gazette de France (21 J 3) et les tableaux par canton des meurtres, menaces, vols ou pillages commis par les chouans de janvier 1830 à juin 1833, dressés par les juges de paix (21 J 4).

    Ils comprennent ensuite les rapports du préfet au ministère de l'Intérieur et la correspondance ayant servi à leur élaboration, échangée avec les préfets des départements voisins, les sous-préfets, les maires, les officiers de gendarmerie (21 J 12-45).

    Hebdomadaires et trimestriels, ces rapports dressent un bilan régulier de la situation matérielle et morale du département. De l'arrivée de Paulze d'Ivoy à 1835, ils portent principalement sur les exactions et les arrestations des bandes armées (réfractaires, chouans, malfaiteurs), la recherche des chefs insurgés, l'action et l'influence du clergé, le rôle des brigades de gendarmerie et l'attitude des troupes. Pendant la période 1836-1837, les rapports hebdomadaires font état de la grande tranquillité qui règne dans le département. Les officiers de gendarmerie rapportent sporadiquement quelques mouvements de réfractaires et la présence d'opposants politiques, mais ils signalent principalement les vols, les vagabonds et les décès suspects (meurtres, suicides, accidents). De 1838 à 1841, les événements politiques prennent de nouveau une place prépondérante. Le Conseil général devient l'objet de rapports réguliers suite à la réforme de mai 1838 qui lui accorde de nouvelles prérogatives. Le personnel administratif et notamment le Conseil de préfecture sont étroitement surveillés. En 1839, la correspondance du ministère de l'Intérieur reflète le climat insurrectionnel qui règne à Paris, mais la Vendée reste calme.



    - les dossiers relatifs à l'organisation des élections (21 J 46-58).

    Le premier de ces dossiers concerne les élections au Conseil général et aux Conseils d'arrondissements en 1833. Ces élections locales sont les premières en application de la loi du 22 juin 1833 qui a considérablement augmenté le nombre de membres du Conseil général. Il est regrettable que les pièces des élections suivantes en 1836 et 1839 n'aient été que très partiellement conservées.

    La suite de ces dossiers portent principalement sur les "élections générales" c'est-à-dire les élections législatives de 1834 à 1839. La correspondance échangée, notamment lors de la préparation de ces échéances électorales, montre les efforts du préfet pour favoriser les candidats constitutionnels.

  • 1 Num 411 - Correspondance entre Henri Giraudineau et Marie Jaunâtre (1915-1918)

    De la correspondance échangée pendant la Première Guerre mondiale entre Henri Giraudineau et Marie Jaunâtre, 86 cartes postales ont été conservées : 59 écrites par Henri et 27 par Marie, entre 1915 et 1918. Au début de leurs échanges épistoliers en mars 1915, Henri et Marie qui se vouvoient jusqu'en 1918, sont âgés respectivement de 29 et 24 ans.

    Henri Giraudineau a été mobilisé au début du conflit. Né en 1885, il fait partie de la classe 1905 (bureau de recrutement de Nantes, numéro matricule 504) et a fait son service militaire au 39e régiment d'artillerie. Rappelé sous les drapeaux le 3 août 1914, il est incorporé au 83e régiment d'artillerie lourde. Le nombre assez réduit de cartes postales écrites depuis le front ne permet pas de suivre l'intégralité de son itinéraire. On sait toutefois qu'il est en première ligne en septembre 1915, dans la Marne près de Valmy, puis qu'il est engagé dans la bataille de Verdun (lettre du 31 mars 1916, 1 Num 411/1). Son parcours au front y prend fin. Plus exactement il quitte, selon son expression, la " fournaise de Verdun " le 8 juin 1916, date de son évacuation. Hospitalisé trois mois à Lyon, il séjourne ensuite à l'hôpital militaire Maison Blanche de Neuilly-sur-Marne (nov. 1916-août 1917), puis à l'hôpital Baur de Nantes (sept. 1917-mars 1918). Henri Giraudineau ne livre pas de détails sur son état de santé dans sa correspondance. On trouvera des renseignements à ce sujet dans sa fiche matricule militaire. Il est réformé, d'abord temporairement le 19 mars 1918, puis définitivement le 20 avril 1920, pour neurasthénie post-traumatique. Qu'il soit au front ou hospitalisé, sa résignation et son fatalisme semblent dominer à l'égard de l'armée : " le métier du front est toujours le même, ça n'avance pas beaucoup " écrit-il le 1er septembre 1915 depuis la Marne (1 Num 411/1), ou bien " j'attends et je laisse les choses venir " le 2 août 1917 depuis l'hôpital militaire Maison Blanche (1 Num 411/4).

    Dans sa correspondance, Henri parle de ses deux frères également mobilisés dès août 1914 : Jean-Marie (classe 1908, Nantes, n°1548) et Aristide (classe 1911, Nantes, n°1148). La consultation de leurs fiches matricules militaires respectives a permis de compléter les informations contenues dans les cartes postales de leur frère. Jean-Marie, blessé le 7 sept. 1914 à Fère Champenoise (Marne), est réformé pour hémiplégie. Il vit depuis chez ses parents, et son état de santé préoccupant est souvent évoqué dans les lettres d'Henri et de Marie. Quand à Aristide, il est au front d'août 1914 à juillet 1918. Il est ensuite réformé pour psychose subaigüe. Une carte écrite à son frère Henri en décembre 1914 est conservée (1 Num 411/7).

    Marie Jaunâtre écrit depuis la Noue (commune de Legé) où elle vit chez ses parents. La tristesse du pays en guerre, l'attente des prochaines permissions d'Henri, la crainte du danger qu'il court au front puis, à partir de son hospitalisation en juin 1916, l'inquiétude sur son état de santé ponctuent ses lettres. Sa foi est partagée avec celle d'Henri. Ses prières sont tournées vers son bien-aimé. L'un et l'autre font référence à Notre-Dame de Fréligné où Marie se rend en pèlerinage (commune de Touvois, Loire-Atlantique, 1 Num 411/1 et 6). On notera aussi que Marie et Henri évoquent souvent les noms de Monsieur le marquis et Madame la marquise de Guer. Leur bienveillance est soulignée ; Jean-Marie, le frère d'Henri, se déplace dans un fauteuil roulant donné par " Madame la marquise " (1 Num 411/1), et Henri reçoit un colis dès son arrivée à l'hôpital Maison Blanche (1 Num 411/4).

    Enfin, la présence sous les drapeaux d'Henri est vécue comme une période de privation de liberté : " vos cartes me rappellent mes jolies jours de liberté " fait savoir Henri (8 août 1916, 1 Num 411/2), et Marie de décrire la situation d'Henri de la façon suivante alors qu'il est à l'hôpital militaire de Neuilly-sur-Marne : " au moins là, rien ne vous manque que votre liberté, mais il vaut mieux être privé de la liberté que d'être au danger " (25 juin 1917, 1 Num 411/10).

  • 1 Num 395 - Correspondance d'Henri Rhein (1914-1918)

    La correspondance qu'Henri Rhein adresse à ses parents couvre toute la durée de la Première Guerre mondiale, du 11 août 1914 au 10 décembre 1918, et est très suivie.

    A la déclaration de la guerre en août 1914, Henri Rhein suit des cours à l'Ecole des Postes de Paris. Le ton de ses premières lettres est patriotique et enthousiaste, mais reflète aussi une inquiétude légitime au sujet de sa famille qui habite non loin de la frontière allemande, à proximité des premières zones de combats (Florimont, dans le Territoire de Belfort). Né en 1895, Henri Rhein fait partie de la classe 1915, il n'est donc pas mobilisé en août 1914, mais exprime le souhait d'être incorporé au plus vite. Pour ce faire, il effectue des démarches afin de passer devant le conseil de révision du département de la Seine, et non devant celui du Territoire de Belfort. Déclaré " bon pour le service armé " le 26 octobre 1914, il choisit l'infanterie et est incorporé au 172e régiment d'infanterie de Belfort. Sa formation militaire dure cinq mois dans les casernes de Belfort et de Valdahon (Doubs), en tant qu'élève-officier de réserve.

    Nommé aspirant au 371e régiment d'infanterie, Henri Rhein est envoyé le 9 mai 1915 sur le front, en Alsace, dans le secteur du Vieil-Armand (Hartmannswillerkopf). Suivra une campagne militaire de plus d'un an en Orient, à Salonique, d'octobre 1915 à décembre 1916, le commandement militaire préférant envoyer loin des lignes allemandes des soldats originaires des régions frontalières. Cette période est marquée par la bataille du Vardar (novembre 1915) et la construction du camp retranché de Salonique. C'est aussi en février 1916 la perte de son statut d'aspirant et un changement de régiment, épisode dont les circonstances ne sont pas précisément connues. Sa campagne en Orient se termine par une blessure au pied en décembre 1916 conduisant à son retour en France.

    Sa convalescence se déroule alors à Nice où il est invité à fêter avec d'autres blessés, le Nouvel An orthodoxe, puis à Besançon (janvier-mars 1917). Il est ensuite affecté à un poste d'instructeur pour les " récupérés ", autrement dit les hommes des classes antérieures qui viennent d'être déclarés " bons pour le service " et donc mobilisables. Il sait que cette période loin du front ne peut durer, et il est rappelé en décembre 1917 pour suivre une formation d'opérateur de TSF au 42e régiment d'infanterie. A partir de juin 1918 et jusqu'à la fin de la guerre, il est sur le front, en Champagne, au 86e régiment d'infanterie comme radio télégraphiste. Cela fait bien longtemps qu'il a abandonné le ton enthousiaste de ses premières lettres pour en adopter un autre beaucoup plus critique vis-à-vis de la censure, du régime des permissions ou des conditions de la vie militaire.

    La fiche matricule militaire d'Henri Rhein fait très vraisemblablement partie des registres du département de la Seine de la classe 1915. On sait que son numéro matricule est le 4714. Toutefois les registres matricules militaires du département de la Seine n'étant pas en ligne à la date de rédaction de l'inventaire (janvier 2014), il n'a pas été possible de la consulter.

  • 1 Num 48 - Fonds Pierre Bart (1914-1921)

    Le fonds Pierre Bart est essentiellement composé de photographies ; il comprend également quelques cartes postales et des dessins. Il couvre la période 1914-1921. Ces documents ont été prêtés pour numérisation aux Archives de la Vendée par son fils, Maurice Bart, en 2002. Ils viennent compléter l'importante correspondance de guerre qu'il a laissée et qui a fait l'objet d'une publication en 2006 dans "Recherches vendéennes".

    Bien que mobilisé dès août 1914, ce n'est qu'à partir du milieu de l'année 1915 que Pierre Bart réalise lui-même ses clichés du front, à l'aide d'un petit appareil-photographique portatif à pellicules de la marque Kodak. Son régiment, le 404e R.I., est alors dans l'Oise.

    Il a plaisir à photographier ses frères d'armes et offre une superbe galerie de portraits ; malheureusement, soldats et officiers, appartenant vraisemblablement aux mêmes régiments que Pierre Bart, n'ont pas tous pu être identifiés.

    Il immortalise également tranchées et abris, plutôt en période d'exercices, et les nombreuses destructions dues aux bombardements. Mais ici pas de scènes sanglantes, seuls les physiques amaigris ou les périodes de convalescence sont là pour rappeler que nous sommes en guerre. Y a t-il eu un choix dans les photographies faisant l'objet de ce prêt ? La présence d'un seul cliché représentant un cadavre dans une tranchée tenderait à le prouver. Celui-ci ne fait d'ailleurs pas partie des photographies diffusées car il n'était pas légendé de manière assez précise.

    Pierre Bart part ensuite en Ukraine et en Russie où il prend sur le vif des scènes de vie et des manifestations. Enfin, la Syrie et le Liban, sous mandat français, sont illustrés de clichés vivants, montrant autochtones et constructions typiques et révélant son attachement à cette région.

    Ces photographies, dont certaines sont légendées, seront disposées en album bien plus tard par Pierre Bart. Inversions de dates et allers-retours fréquents des régiments ont rendu parfois difficile l'identification de certains clichés mais grâce à des recoupements avec sa correspondance -fort utile pour comprendre son parcours militaire-, il a été possible d'y remédier dans la majorité des cas.

  • 1 Num 412 - Carnets de guerre illustrés de Louis Edouard Café (1914-1941)

    Le carnet de guerre écrit par Louis Edouard Café est composé de cinq cahiers couvrant la totalité de la première guerre mondiale et une partie de la seconde (1939-1941). Les quatre premiers volumes, consacrés à la guerre 1914-1918, ont été rédigés postérieurement, à partir de notes rigoureusement "exactes" de toutes ses journées de guerre, notes prises chaque jour dans des conditions très difficiles : " Mon carnet de route n'a qu'un seul but, le souvenir de ces années terribles puis aussi intéresser mes fils afin qu'ils se rendent compte de ce que fut l'endurance et le courage du poilu de France."

    Edouard Café livre un récit extrêmement complet, quasi-journalier, regroupant toutefois certaines périodes présentant peu d'intérêt (permission, cantonnement, repos). Il ne relate que sa vie militaire, évoquant très peu sa vie personnelle.

    Ses cahiers sont illustrés de photographies et de cartes géographiques expliquant et décrivant les opérations militaires, les déplacements de troupes et ses choix tactiques. A partir de l'année 1915, Edouard semble disposer d'un appareil photographique personnel (mais il n'en fait pas mention dans ses écrits). Les nombreux clichés pris sont ajoutés de manière ordonnée dans ses cahiers et complètent visuellement son récit. Nous pouvons y voir : ses camarades officiers, les soldats de sa compagnie (vues 2e et 3e cahiers, au 26 décembre 1915, 1er juillet 1916, 28 juillet et 24 décembre 1917), la vie quotidienne de sa troupe... Il apparaît également très régulièrement, souvent seul ou en compagnie d'autres gradés.

    Se trouvent également dans les cahiers 2 et 3 (période 1916-1918), un grand nombre de photographies aériennes dont l'origine n'est pas spécifiée.

    Une partie du quatrième cahier et le cinquième sont consacrés au début de la seconde guerre mondiale et illustrés de documents et dessins de cette époque.

  • 4O - Dons et legs (an XII-1972)

    La sous-série 4O rassemble les dossiers d'attributions de dons et legs, soumis a priori à l'autorisation administrative préfectorale, consentis par des particuliers au profit de communes, d'établissements publics (hospices, hôpitaux, bureaux de bienfaisance, bibliothèque), de personnels ou d'institutions ecclésiastiques (fabriques paroissiales, communautés religieuses), de sociétés de secours mutuels, d'écoles, d'associations...

    Le dossier se compose généralement de la correspondance et des pièces de procédure (renseignements et acte de décès du donateur ou testateur, expédition notariée, renseignements sur les héritiers, situations financières et délibérations de l'établissement attributaire, arrêté de l'autorité administrative de tutelle...)

    Cette sous-série se divise en 2 parties principales :

    - la première regroupe les dons et legs faits à des destinataires multiples et les dossiers par commune, classés par ordre alphabétique et chronologique.

    - la seconde concerne les dons et legs refusés, ainsi que ceux attribués hors Vendée.

  • 257 J - Archives de la Société de charité maternelle de La Roche-sur-Yon

    Ce petit fonds d'archives nous permet entre autres de connaître toutes les décisions prises par cette société de 1868 à 1916 et les membres qui la composaient.

  • 1 Num 159 - Papiers Baubry-Bridonneau (région de Mouchamps, 1752-1815)

    Les 61 pièces sont présentées suivant les alliances qui unissent ces familles. Elles concernent aussi bien les évènements familiaux que la gestion de leurs différents biens. Ces familles sont de confession protestante ; aussi trouvera-t-on un certain nombre d'actes au désert.

  • Carnets de guerre des brancardiers Jules Ardouin et Athanase Carteau (1914-1919)

    Jules Ardouin remplit deux carnets pendant le conflit, et sept carnets rédigés par Athanase Carteau ont été conservés. Chacun avec son style et sa sensibilité, ils racontent la vie quotidienne dans les tranchées et le métier de brancardier. Leurs écrits permettent de prendre la mesure des ravages à l'oeuvre. Chaque témoignage a été soigneusement recopié par Bernard Pineau, respectivement leur petit-fils et petit-neveu.
    Entre le 7 août 1914 et le 22 août 1919, Jules Ardouin tient son journal au jour le jour. Cependant, à partir du 18 février 1917, et jusqu'à la fin, il prend ses notes en sténographie, n'abandonnant cette technique qu'exceptionnellement, ce qui a empêché l'analyse de cette période. Ce changement brusque et définitif de procédé d'écriture surprend d'autant plus qu'aucune allusion n'y a été faite auparavant. Où Jules Ardouin a-t-il appris la sténographie ? A-t-il mis à profit sa convalescence fin 1916 pour étudier comme il l'avait fait plus tôt ? Le 1er mars 1916, il écrit : " Je travaille un peu l'algèbre avec mon ami Chollet ".
    Jules Ardouin livre un récit lucide, concis et précis, à l'image d'un journal de marche. Il décrit les déplacements, les opérations militaires, les pertes et les activités quotidiennes, sans laisser de place à ses sentiments qu'il exprime plutôt dans ses poèmes. Dans sa correspondance, il a à coeur de montrer à ses proches les lieux où il passe et de présenter ses camarades. Il est conscient dès le début du mois d'octobre 1914 de l'enlisement du conflit.
    Athanase Carteau couvre de son écriture régulière au moins sept carnets entre le 5 août 1914 et le 18 juin 1918. Il en ouvre un nouveau après chaque permission, laissant à sa famille le calepin précédent pour assurer sa sauvegarde. Le récit s'interrompt toutefois à deux reprises : du 16 août au 9 novembre 1916 et du 22 juin au 27 octobre 1917. Les carnets correspondants ont dû être perdus. Athanase a-t-il égaré ses affaires le 23 novembre 1916, lorsqu'il tombe et se tord le genou ? Peu après, il écrit de ses camarades : " En amenant un blessé, ils apportent mes affaires, mais je suis bien ennuyé. Ils n'ont pas mon portefeuille, ni ma croix de guerre. Ils ont été obligés d'abandonner ma capote dans la boue " (26-11-1916). Son journal fait-il partie des objets oubliés ou abimés lors de la chute ? Les observations des premiers jours d'août ont d'ailleurs été recopiées par la suite.
    Contrairement à Jules Ardouin, Athanase Carteau donne beaucoup de détails sur son quotidien, des plus sombres (la boue, la mitraille, les gaz, les hommes qui tombent autour de lui) aux plus anodins (les achats de clous pour ses chaussures, les changements de sous-vêtements, le détail de ses colis). Il mentionne aussi toutes les lettres qu'il envoie et qu'il reçoit. Ce qui le conduit parfois à des juxtapositions étonnantes : " Mais, tout à coup, on sent des gaz nous prendre aux yeux. Nous prenons nos masques sur la bouche et le mouchoir devant les yeux. Partout, c'est tout une révolte dans les tranchées. Tous crient : "Les gaz asphyxiants !". J'ai écrit chez nous. " (21-09-15).
    L'un comme l'autre sont pratiquants et signalent leurs occasions d'assister à la messe et de communier. Ils évoquent aussi les copains du pays, consignant les blessés et les rencontres amicales : " Je vois tous les Michelais du 114 et nous trinquons un coup ensemble " (Jules, 27-09-15). Le 14 juin 1917, de passage en région parisienne, Athanase Carteau va " avec Chaillou voir le château de M. Le Roux ", un notable de Saint-Michel-en-l'Herm, et y " rencontre un de ses valets ".
    Trois types de brancardiers exerçaient sur le champ de bataille : les brancardiers affectés à une compagnie, les brancardiers musiciens affectés à un régiment, et les brancardiers divisionnaires affectés à une division. Athanase Carteau appartient à la première catégorie, Jules Ardouin à la deuxième. On trouve à leurs côtés beaucoup de prêtres, de séminaristes et d'enseignants. Ils sont armés tardivement. Athanase Carteau reçoit un revolver le 14 mars 1916, et il semble ne pas y être attaché car, quand il constate sa disparition le 21 novembre 1916, il écrit : " Ça ne me fâche guère. Je dis : toujours ça de moins à trainer ".
    Répartis par équipe de quatre (J., carte postale du 13-03-15), les brancardiers secourent les blessés et les malades, et ramènent les morts en allant les chercher sur des civières ou à même leur dos quand la distance le permet : " Nous allons tous les 4, pensant les amener sur le dos [deux hommes de la compagnie], mais ils sont très loin " (Athanase, 29-04-17). En effet, les boyaux ne sont pas toujours suffisamment larges et praticables pour permettre le passage des brancards (A., 21-11-14 et 21-09-15 ; J., 25-09-15 et 19-05-16). Les brancardiers sortent souvent la nuit pour ramener les blessés ou les morts au poste de secours : " On ne peut chercher les blessés que de nuit " (A., 18-06-16) ; " Nous turbinons encore jusqu'au matin. C'est la 5ème nuit que l'on ne se couche pas " (A., 21-06-16). Manque d'indications et de repères dans le dédale des tranchées, conditions climatiques, boue, terrain accidenté, mitraille : leur travail était dangereux et harassant comme le raconte longuement Athanase Carteau lors de sa première intervention le 21 novembre 1914, ainsi que Jules Ardouin le 27 octobre 1914.
    Outre les activités spécifiques des musiciens (répétitions, parades, concerts), les brancardiers sont souvent amenés à effectuer d'autres missions : " Car, comme nous n'avons pas de boulot (Dieu merci !), on nous emploie à des corvées " (A., 21-01-18). Ils se retrouvent tout à tour aides de cuisine (A., 10-11-14), coiffeurs-barbiers (J., 31-05-1916), fossoyeurs (A., 03-04-17), en charge de remplir les baquets pour les douches (A., 19-06-15), du ravitaillement (passim), de la distribution du linge (A., 13-02-18) ou de travaux de défense (J. 15-08-14 ; A., 06-03-18), etc. En Champagne, ils assurent la " corvée de ventilateurs " pour aérer les caves (A., 13 et 18-04-18).
    Un peu de correspondance, des photographies, des papiers militaires, des chansons et des partitions complètent ces deux ensembles. Seules les lettres et les cartes postales les plus intéressantes ont été numérisées.

  • 1 Num 384 - Fonds Joseph et Églantine Mady (1913-1919)

    Dans sa correspondance, le couple échange des nouvelles, ainsi que des fleurs séchées (Joseph, 19-05-1915 ; Églantine, 28-01-1916) et des photographies (Joseph, 04-08-1915). Bien que leur éducation les force à une certaine retenue (ils se vouvoient jusqu'à juillet 1917), ils épanchent leurs sentiments, évoquent leur vie d'avant et aussi leur vie future dans laquelle Joseph se projette comme pour se donner une raison de survivre. Son état rassurant de " bonne santé ", sa foi et son espoir de permission - puis de paix lorsqu'il est dans les Balkans - sont mentionnés dans la plupart de ses lettres. Joseph s'inquiète pour sa mère, veuve depuis 1913, et pour son frère Félix et son neveu Marcel Gaudin, qui combattent eux aussi. Églantine commente les travaux agricoles et domestiques, les faits-divers, la météo et parle des soldats du pays. Les rumeurs et les prédictions colportées de bouche à oreille et par la presse les remplissent tour à tour d'espoir ou d'effroi. Que la distribution du courrier vienne à être retardée, et c'est le moral précaire de Joseph qui se trouve menacé : " cela est très ennuyeux de ne pouvoir désormais plus avoir des nouvelles quand l'on veut, ce sera encore une souffrance de plus à endurer, mais alors ce sera le plus dur pour nous car c'est la seule consolation que nous puissions avoir " (Joseph, 12-03-1917). Car l'absence de lettres rompt le lien avec l'être aimé, il se sent isolé. La correspondance en temps de guerre a évidemment des règles que Joseph n'ignore pas, et il faut compter avec la censure militaire (Joseph, 24-03-1917 ; Églantine, 14-04-1917) : " Je serais très heureux de vous donner quelques détails de ce qui se passe de ce moment mais il m'est impossible, il faut respecter les lois de la guerre " (Joseph, 03-07-1915). Églantine n'est pourtant pas dupe des mentions rassurantes que son ami fait notamment sur sa santé et ses conditions de vie : " Ah ! Je sais bien que vous ne me dites pas tout ce que vous savez car vous voudriez inspirer confiance à ceux qui sont loin du danger " (Églantine, 23-03-1916) ; " c'est là les souffrances que vous voudriez cacher, mais que je devine " (Églantine, 16-03-1917) ; " Sur celle [la lettre] datée du 22 laisse moi te dire que tu mens, mon amour, tu m'annonces que tu vas mieux, alors que ton écriture dit le contraire […] elle devait trembler ta main […] Ah ! Méchant, pourquoi me cacher l'exacte vérité, pourquoi veux-tu essayer de porter seul le fardeau qui t'accable, pourquoi veux-tu me cacher le fond de ta pensée ? " (Églantine, 11-03-1918).

    Joseph puise son courage dans sa confiance en Dieu : " Je suis un pauvre envoyé de Dieu sur Terre pour souffrir et je souffrirai sans murmurer jusqu'au moment où ma pénitence sera accomplie " (Joseph, 23-11-1915), ou encore " quand Dieu croira nous avoir fait assez souffrir, nous avoir fait expier nos fautes, il nous en récompensera selon notre valeur " (Joseph, 8-03-1917). Quand il se demande " comment il se fait que je suis toujours présent " il ajoute aussitôt " Dieu le sait " (Joseph, 24-06-1916). Sa foi est incontestable, il prie et assiste aux offices dès qu'il en a l'occasion (Joseph, 06-06-1917). Son vocabulaire reflète d'ailleurs sa culture chrétienne : il prie pour que Dieu fasse " bientôt cesser toutes ces orgies " (Joseph, 07-06-1915), il parle de sacrifice, de sa " triste vie de martyr " (Joseph, 10 et 16-03-1917) et de son " pays d'exil " (Joseph, 20-03-1918). Pour Églantine, la guerre serait une punition méritée : " [Dieu] a été si longtemps offensé et méconnu que maintenant il y a déchainé sur nous sa colère. Il mesure, pour l'arrêter, la somme de nos prières à celle de nos pêchés, mais ne vous désolez pas car cette somme doit bientôt égaler " (Églantine, 13-09-1915).

    Plus que les faits, cet ensemble de lettres permet d'approcher le moral des troupes combattantes. Comment les hommes tiennent-ils aussi longtemps dans des conditions insupportables ? Quel est le rôle joué par la foi et par les liens affectifs dans ce combat contre la peur et le découragement ?

    La correspondance du couple débute le 19 mai 1915. Joseph a déjà été hospitalisé deux fois du 8 septembre au 20 novembre 1914 pour une balle reçue au côté gauche à Fère-Champenoise (Marne), puis du 2 mars au 15 avril 1915 pour une blessure reçue à Zonnebeke (Belgique) (Joseph, 12-07-1915) ; il a reçu son baptême du feu vers le 30 août 1914 (Joseph, 22 et 30-08-1915). Pourquoi cet échange ne commence-t-il pas plus tôt ? Les lettres ont-elles été perdues ? Pourtant, Joseph et Églantine se fréquentaient déjà avant la guerre : " il y a bientôt deux ans que je dansais pour la première fois avec vous " (Églantine, 26-08-1915). Des missives échangées à l'été 1918 expliquent ce silence : ils s'étaient promis de ne pas s'écrire avant le retour de Joseph (Églantine, 23-06-1918 et Joseph, 09-07-1918). La longueur de la séparation a eu raison de leur patience. Ses lettres, Joseph les conserve précieusement et les relit souvent (idem Églantine 14-02-16). La dernière reçue va rejoindre celles qui l'ont précédée, en attendant d'être réexpédiée par paquet en Vendée (Joseph, 26-02-1918). Les cartes postales quant à elles n'ont pas été conservées, à l'exception d'une seule.

    Seules les permissions interrompent cet échange nourri. Joseph les attend avec impatience, même s'il sait qu'il sera accablé par le " cafard " à son retour au front (Joseph, 16-12-1917). La dernière lettre de Joseph date du 20 août 1919, à la veille de sa démobilisation.

    Le fonds contient en plus un cahier de chansons soigneusement recopiées par Joseph alors qu'il faisait son service militaire à Parthenay en 1913-1914, quelques papiers militaires et une photographie où Joseph pose avec son frère Félix.

  • La vallée de la Sèvre nantaise - Collection de cartes postales B. Raymond

    Monsieur Bernard Raymond a réuni 1617 cartes postales concernant les vallées de la Sèvre nantaise et de ses affluents ainsi que celles concernant tous les sites hydrauliques et industriels implantés le long de ces rivières. Sont ainsi représentés les sites des quatre départements que traverse la Sèvre nantaise : les Deux-Sèvres, le Maine-et-Loire, la Vendée et la Loire-Atlantique

  • 1 Num 393 - Carnets de guerre d'Alfred Bonnaud (1914-1918)

    Les deux cahiers présents dans le fonds ont été rédigés " en 1921 [d'après] des notes très sommaires, prises au jour le jour, quelquefois pendant le combat, et surtout [des] souvenirs " (Avertissement). Alfred Bonnaud livre un récit précis, à l'image d'un journal de marche. Il décrit les déplacements, les opérations militaires, les activités quotidiennes, les destructions, en ne s'autorisant qu'exceptionnellement à maudire " ceux qui portent la responsabilité de cette chose ignoble " (p. 30), à déplorer l'inexpérience de certains chefs (p. 48) ou des incohérences dans l'organisation (p.173). Certaines phrases laissent toutefois supposer qu'Alfred était animé par un patriotisme exacerbé dont font les frais les Alliés (p. 209, 230) et ses compatriotes méridionaux (p. 145, 174). Le récit, quotidien en 1914, perd de sa régularité avec la fin de la guerre de mouvement.

    Les pages de garde et les dernières feuilles du second cahier sont illustrées de photographies et de cartes postales traitées séparement pour pouvoir en apprécier les détails. Sur les photographies, figurent Alfred et ses proches, ainsi que des soldats du 35e Régiment d'artillerie. Les cartes postales représentent principalement des ruines de villes ravagées par les combats.

    Deux ouvrages complétent cet ensemble : l'album du régiment édité en 1903, peu de temps avant l'arrivée du colonel Foch à la tête du groupe, et un ouvrage technique sur la lecture des photographies aériennes militaires.

  • La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire - CNRD 2014-2015

    Le thème du Concours national de la Résistance et de la déportation 2015 est "La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire".

    Entrons dans le sujet du concours en l'illustrant d'un document local avec une photographie réalisée lors de la fête de la Libération à Nalliers en Vendée (voir le fichier joint à la Présentation du thème 2014-2015). La démarche historique est embarrassée par l'absence de date et d'auteur mais on peut sérieusement penser que le document correspond aux manifestions d'un après-guerre immédiat, quand les communes vendéennes commémorent la libération du département de septembre 1944. Les rapatriés sont de retour, alors sans doute sommes-nous en 1946 dans une période où ce type de mise en scène est encore d'actualité. Comment cette photographie permet-elle d'aborder le sujet de la libération des camps, du retour des déportés et de la découverte de l'univers concentrationnaire ?
    La figure centrale est un déporté, reconnaissable à son uniforme rayé. Il est accompagné par deux hommes qui ne sont pas seulement dans une posture de soutien. Si l'on y regarde de plus près l'un porte un vêtement de travail et l'autre un manteau militaire. Il faut connaître les nombreuses affiches du rapatriement de 1945 pour voir ici un prisonnier de guerre et un requis du service du travail obligatoire (STO) soutenant le déporté. Les autres acteurs représentent les Forces françaises de l'intérieur (FFI) aux cotés des drapeaux des nations alliées et des symboles tutélaires du gaullisme historique : la croix de Lorraine et le " V " de la victoire finale sur le nazisme. Pour défiler, tous les acteurs sont montés sur une charrette fleurie et tirée par un cheval.
    Il y a au moins deux lectures possibles de la scène. On a là une manifestation de l'ambiance résistancialiste de la Libération, qui dans une volonté de gommer les années sombres de la guerre, met sur un même niveau et valorise tous les rapatriés sans exception. Le slogan d'une affiche bien connue est même intégralement formulé sur le char : " Ils sont unis, ne les divisez pas ". Comment cette volonté politique a-t-elle influencé la compréhension du retour des déportés par l'opinion publique ?
    Mais on peut avoir une lecture complémentaire du document. Si les concepteurs de la fête mettent la figure du déporté au centre de la mise en scène en 1946, c'est peut-être qu'ils ont conscience de l'importance de son expérience. Comment cette sensibilité à la déportation et à son univers a-t-elle émergée ? Est-elle complète, contrainte, en Vendée comme ailleurs ? C'est ce que nous allons tenter d'aborder à travers la présentation des documents locaux conservés aux Archives départementales de Vendée.

    Lire la suite dans le fichier joint ci-dessus " Présentation du thème de la session 2014-2015 ".

  • Photographies et cartes postales de la famille Bujeaud (1850-1929)

    Le fonds de la famille Bujeaud, conservé aux Archives de la Vendée sous la cote 83 Fi, est composé de près de 2500 pièces iconographiques (photographies et cartes postales) qui racontent en images l'histoire de cette famille protestante et républicaine de la bourgeoisie de Sainte-Hermine.
    André Bujeaud naît en 1861 d'une mère herminoise, Louise Boutet, et d'un père charentais, Jérôme Bujeaud. Sa seconde femme, Élisabeth Moutard, qu'il épouse à Paris en 1901, lui donne 4 enfants, Julienne, Louise, Jean et Rachel, qui grandissent dans la maison familiale du Clos, rue de l'Anglée à Sainte-Hermine. Maire de la commune, conseiller d'arrondissement et propriétaire de plusieurs métairies, André est une personnalité locale qui compte parmi ses nombreuses relations un Vendéen célèbre, Georges Clemenceau. Ce dernier est le plus connu de la longue liste des personnes qui ont posé devant l'appareil de ce photographe amateur. Ses sujets préférés sont ses quatre enfants, dont les nombreux clichés témoignent de l'importance de ces naissances dans la vie de cet homme, père à 40 ans après avoir perdu jeune ses parents, sa sœur et sa première femme. Mais ses réalisations photographiques dépassent le cercle familial et ce sont de nombreux habitants des alentours, dont ses domestiques et ses métayers, qui défilent devant son objectif.
    Les autres clichés d'André Bujeaud reflètent la vie quotidienne (travaux agricoles et domestiques, loisirs et événements) autour de la maison du Clos à Sainte-Hermine et du château de la Jordronnière à Sigournais (demeure des Chatelain, parents et amis des Bujeaud), ainsi que les sorties en Vendée et au-delà, notamment à Angoulême (région d'origine du père d'André).
    André Bujeaud est donc l'auteur des quelques 800 plaques de verre (dont environ 650 sont présentées ici) que compte le fonds et dont les tirages sont collés dans des albums. Cependant, le fonds Bujeaud se compose aussi de plus de 500 portraits plus anciens (principalement de la 2e moitié du 19e siècle), type "photos-cartes de visite" (très en vogue à cette époque), rangés dans les albums familiaux hérités des familles d'André et d'Élisabeth, ainsi que d'un album de 91 tirages photographiques des années 1920. Toutes ces photographies (près de 1300 au total) sont regroupées de façon thématique dans la première partie de l'inventaire. Elles ont fait l'objet d'un important travail d'identification, principalement les portraits, réalisé à partir des généalogies fournies par la famille (dont une version complétée est accessible au début de l'inventaire), mais aussi par le biais de recherches dans l'état civil et les recensements de population.

    La famille conservait également une importante collection de cartes postales (plus de 1200), reçues et envoyées par Élisabeth et André Bujeaud, leurs enfants et leurs proches. La plupart d'entre elles ont été données aux Archives de la Vendée, les autres remises sous forme de copies numériques.
    Les cartes postales relatives à la Vendée ont été décrites et numérisées, soit près de 480 cartes qui couvrent 107 communes vendéennes, principalement entre Luçon et Mortagne-sur-Sèvre. Les trois communes les plus représentées sont : Sainte-Hermine (lieu de résidence des Bujeaud), Chantonnay (où était domiciliée Jeanne Grimaux, une cousine d'André) et Les Sables-d'Olonne (lieu de villégiature estivale de la famille).

    Par ailleurs, 112 cartes postales (sur les près de 1200 que comporte le don) ont été sélectionnées pour l'intérêt de la correspondance portée au verso, qui renseigne sur le mode de vie des Bujeaud et leurs relations avec les autres personnes photographiées dans l'inventaire. Cette sélection est classée par destinataire et par sujet.

    En conclusion, cet inventaire, dont une première partie avait été publiée en automne 2012, révèle la richesse de ce fonds de famille, témoin d'une époque - la toute fin du 19e siècle et le début du 20e siècle - et d'un mode de vie propre à cette petite bourgeoisie, alternant entre sa résidence principale en province, son appartement parisien et ses lieux de villégiature.

  • 1 Num 408 - Papiers Martin (1914-1918)

    Ce fonds est essentiellement composé de correspondance, constituée uniquement de cartes postales, et couvre toute la durée du conflit (1914 à 1919). Elle est remarquable par l'intimité qui lie les différents correspondants.

    Les écrits de Clovis à sa famille sont nombreux (214 cartes) mais ne donnent que peu de détails sur la vie militaire et le conflit. En 1915 lorsque celui-ci se durcit, la censure s'intensifie. Clovis, très respectueux des ordres, obéit aux directives de sa hiérarchie ; il l'écrit très clairement à Léonide " Ne rien mettre sur les lettres de ce qui concerne les opérations militaires, même pas l'endroit où nous sommes ". A partir de cette date, il n'indique plus les lieux où il se trouve, ni les événements. Il n'exprime pas non plus de sentiments personnels afin de ne pas inquiéter sa famille, parlant surtout de sa santé, qui reste bonne, du temps et des camarades du pays. Il évoque très souvent son ami le caporal Charon.

    Cependant, les illustrations des cartes postales qu'il envoie dévoilent souvent l'endroit du cantonnement. En novembre 1915, il est à Berles-au-Bois (Pas-de-Calais) et en mars 1916, il se trouve à Hérimoncourt (Doubs). En 1918, il est caporal à la 7ème compagnie du 84ème régiment territorial d'infanterie en Alsace où il est chargé du ravitaillement de sa compagnie. Il a consigné dans deux petits carnets les marchandises achetées pour les soldats et les officiers.

    De son côté, Léonide a écrit 53 cartes à son époux de 1915 à 1918, évoquant principalement leurs souvenirs communs, le quotidien de leur fille Madeleine et les gens du pays.

    Le fonds contient en plus deux numéros du journal le " cri des boyaux " organe officieux du 2ème Bataillon du 84ème régiment territorial d'infanterie.

    La correspondance de Léon est plus restreinte (65 cartes) mais elle fournit davantage de détails sur la guerre. Il confie ses sentiments, ses peurs, son quotidien à Léonide, tandis qu'il ne cesse d'interroger Clovis sur sa vie au front.

    Ses cartes sont toutes datées et localisées, ce qui permet de suivre son parcours durant la guerre. Il est incorporé au 51ème régiment d'artillerie à compter du 8 avril 1915 à Nantes. Il passe au 86ème régiment d'artillerie lourde le 21 février 1916 à Lyon. Le 25 juillet 1916, il part pour le front en passant par l'Yonne et Creil (Oise). En février 1917, il est en Champagne et est nommé brigadier en novembre. En 1918, il se retrouve en Alsace. En 1919, il est basé en Allemagne où il attend sa démobilisation qui arrivera le 19 septembre. Il se retire ensuite à Maillezais. Il sera cité à l'ordre du régiment : " jeune brigadier remplissant avec autorité les fonctions de chef de pièce, a obtenu un rendement excellent de ses suivants par l'exemple de courage et de discipline qu'il leur a montré en toutes circonstances et en particulier à Verdun " et recevra la Croix de Guerre.

    Le dernier ensemble contient le diplôme de Léon Lucas alors maire de Maillezais durant la guerre, la liste des hommes appelés de la commune et son discours pour l'inauguration du monument aux morts.

  • Bibliothèque du château de la Jordronnière : périodiques
  • Bibliothèque André Boutelier

    La partie de la bibliothèque Boutelier remise aux Archives, riche d'environ 500 titres, reflète les centres d'intérêts littéraires de son propriétaire et de son épouse.

    L'histoire et la politique, les deux passions d'André Boutelier, constituent les thèmes majeurs du fonds : ouvrages de référence du XIXe siècle, tels que l'"Histoire de la Révolution française" (BIB 8 G 349/1-10) et l"Histoire du Consulat et de l'Empire" (BIB 8 G 350/1-20) d'Adolphe Thiers ou "Les origines de la France contemporaine" (BIB 8 G 214/1-11) d'Hippolyte Taine ; nombreuses biographies ; livres contemporains du donateur, notamment de l'Entre-deux-guerres, avec des auteurs (Charles Maurras, René de La Gorce, Pierre Gaxotte) et des thèmes indiquant les préoccupations politiques du moment (on y trouve par exemple toute une littérature liée à la Seconde Guerre mondiale, où des auteurs partisans s'interrogent sur les raisons de la défaite et l'avenir du pays). D'autres écrivains présents dans la bibliothèque, tels qu'André Siegfried ou Élie Halévy, ont également contribué à la formation de la pensée politique et sociale d'André Boutelier.

    L'histoire locale est également bien représentée : voisinent ainsi plusieurs ouvrages de Prosper de Barante, dont ses "Études historiques et biographiques" (BIB 8 G 389/1-2), l'ouvrage collectif "Vendée : dictionnaire biographique et album" (BIB 8 G 248) et une collection des "Archives historiques du Poitou" (BIB 8 PG 1).

    La littérature tient aussi une place importante. Sont présents les grands classiques ainsi que les auteurs populaires de l'époque, nationaux tels que Paul Bourget, Anatole France, Pierre Benoit et locaux comme Ernest Pérochon et Jean Yole.

    Le brillant élève que fut André Boutelier a conservé les nombreux livres de prix qu'il a reçus, la plupart habillés de leurs cartonnages d'éditeurs.

    Enfin, plusieurs volumes ont appartenu à la famille Flourens. Marie Jean Pierre Flourens, médecin et biologiste français (1794-1867), fut membre de l'Académie française où il eut Victor Hugo comme rival malheureux. Plusieurs ouvrages lui sont dédicacés, en particulier le "Port-Royal" (BIB 8 G 346/2) de Sainte-Beuve et trois livres du baron de Barante. On trouve également des ouvrages de son fils Gustave, républicain tué lors de l'insurrection des communards. Ces volumes ont pu être achetés en vente publique.

    Le fonds Boutelier représente un exemple de bibliothèque d'un notable provincial de la première moitié du XXe siècle.

    A noter qu'à l'exception de certains titres locaux, les ouvrages ne comportent qu'une indexation titre et auteur.

  • Collection de périodiques Georges Durand (1889-milieu XXe)

    A l'exception de quelques brochures, le fonds d'imprimés G. Durand se compose exclusivement de périodiques (collections, numéros isolés, tirés à part et extraits) liés à son activité de naturaliste. Georges Durand signe lui-même plusieurs articles. Les revues émanent de sociétés scientifiques françaises (régionales et nationales) et étrangères, Durand ayant adhéré en effet à de multiples associations. Des revues telles que " L'éleveur " ou " Le Saint Hubert " témoignent de l'intérêt porté par leur propriétaire à l'art cynégétique. Les extraits ou tirés à part sont consacrés principalement aux insectes et en particulier, aux papillons.

  • Collection de cartes et plans isolés

    La sous-série 7 Fi est consacrée aux cartes et plans isolés conservés aux Archives de la Vendée. Les documents cartographiques y sont cotés à la pièce, avec une distinction selon le format : de 7 Fi 1 à 1000 pour les documents de grande taille, à partir de 7 Fi 1001 pour les documents de plus petite taille. Cet inventaire présente également des pièces prêtées par des particuliers et consultables sous forme numérisée (sous la cote 1 Num 1). Il s'agit donc d'une collection ouverte, constituée par des achats, des dons ou des prêts pour numérisation, et qui est ainsi amenée à être régulièrement enrichie.

    Les cartes les plus anciennes (une cinquantaine sont antérieures à 1800) nous montrent l'évolution de la cartographie du XVIe au XVIIIe siècle. D'abord approximatives, les cartes furent largement copiées les unes sur les autres (à partir de la carte de Pierre Rogier pour la région du Poitou) pour arriver à un tracé relativement exact au XVIIIe siècle. Aux Flamands (Ortelius, Mercator, Hondius, Blaeu, ...), précurseurs dans le domaine de la cartographie au XVIe siècle, succédèrent, à partir de la fin du XVIIe siècle, les cartographes français (Tassin, Jaillot, de Fer, de Vaugondy, Bonne,...), plus rigoureux dans la mise à jour des informations topographiques.
    Ces pièces anciennes côtoient ici des cartes et des plans plus récents, et également plus nombreux (notamment en raison des progrès des techniques de reproduction), ce qui permet d'étudier les évolutions de l'aménagement du territoire.
    Aux cartes, classées par typologie, succèdent les plans, représentant un territoire plus petit, comme les plans de ville, puis les dessins de bâtiments, souvent l'oeuvre d'architectes du XIXe siècle.

    Des informations lacunaires sur les cartes, telles que la date ou l'auteur, ont pu être renseignées grâce aux indications du catalogue de la Bibliothèque nationale de France.

  • Correspondance d'Eugène Rabaud (1914-1916)

    Le fonds se compose principalement des lettres et cartes postales adressées par Eugène Rabaud à sa famille, de janvier 1914 au 22 juin 1916, date de son décès. Il est complété par de la correspondance reçue par les parents d'Eugène, une photographie, des papiers militaires et des certificats et deux numéros d'un journal de tranchée.

    Les lettres de loin les plus nombreuses (environ 150) sont adressées par Eugène à ses parents. Viennent ensuite celles qu'il envoie à sa grand-mère, Mme veuve André, qui semble habiter respectivement chez deux de ses fils, Julien à Curzon et Antonin à Champagné-les-Marais, ce dernier étant " maréchal-expert ". Il écrit également à son frère Julien, qui travaille, comme garçon de café, à l'hôtel de France à Civray (Vienne). Ce dernier sera mobilisé le 18 avril 1918 et déclaré soutien de famille à compter du 7 janvier 1920. Eugène écrit enfin à sa sœur Pascaline. Les semaines sans correspondance coïncident vraisemblablement avec les permissions. Quelques lettres, non datées ou incomplètes, n'ont pas été retenues, de même que des photographies dont les personnes n'ont pu être identifiées.

    Eugène décrit le quotidien (nourriture, argent, colis, santé, météo) et rappelle l'importance pour lui de recevoir régulièrement des nouvelles : " car ça me fait passer un peu le cafard " (22 janv. 1915). Cependant il se plaint très peu et est bien décidé à faire son devoir pour la patrie. Ainsi le 24 avril 1915, attendant son départ pour le front, il note : " Je ne sais pas quand l'on va partir tout de bon sur le front… ils feraient aussi bien de nous y envoyer tout de suite pour chasser cette vermine qui empeste la France et qui détruit tout ". De même, à Verdun, alors qu'il s'apprête à rejoindre les tranchées et tout en sachant l'enfer qu'il va y trouver, il écrit : " je rentre en ligne ce soir et je pars content, et puis après tout il en revient, tout le monde n'y reste pas " (14 juin 1916). Il relate, de façon plus ou moins détaillée, les principaux engagements auxquels il participe, s'attardant en particulier sur la terrible opération du Linge. C'est dans ce col des Vosges, situé dans le Haut-Rhin, que s'est déroulée, de juillet à octobre 1915, l'une des plus meurtrières batailles opposant Français et Allemands.

    Les rapports familiaux transparaissent également dans la correspondance. Ainsi, alors qu'Eugène est au dépôt à Fontenay-le-Comte, son père lui reproche de dépenser l'argent qu'il lui envoie " à tort et à travers " (8 janv. 1915). Eugène se justifie en dénombrant tous les achats qu'il doit effectuer. Par la suite, à chaque fois qu'il demandera de l'argent, il précisera l'usage qu'il compte en faire. Même éloigné de sa famille, Eugène joue encore son rôle d'aîné. En témoignent ses démêlés un temps avec son frère Julien. Dans une lettre non datée (le début est manquant), mais écrite probablement au début de l'année 1916, Eugène lui reproche vertement d'être " débauché " et lui enjoint de revenir " à de meilleurs sentiments ", sinon il préfère cesser de correspondre avec lui. Il pense qu'une femme est responsable de la situation et il menace son frère de lui régler son compte s'il continue " cette vie désordonnée ". S'ils arrêtent effectivement de s'écrire pendant une période, les frères reprennent leur correspondance quelque temps après, Eugène s'excusant d'avoir été un peu trop véhément. Ainsi, même au front, et peut-être surtout là, Eugène entend garder toute sa place au sein de sa famille, lieu de stabilité, principal rempart contre le chaos de la guerre.

  • 1 Num 398 - Correspondance et photographies de Pierre Curie (1915-1919)

    Le fonds Paul Curie se compose de correspondance et de photographies. Photos et lettres concernent des périodes différentes.

    Les 77 photographies du fonds ont été prises, à quelques exceptions près, par Paul Curie, que l'on découvre sur deux d'entre elles. La partie de loin la plus importante est consacrée à la seconde bataille de Champagne. Les photographies s'y rapportant sont collées dans un cahier d'écolier intitulé " Bataille de Champagne, 25 septembre 1915 ", chacune d'elles étant légendée, avec ou sans dates. Les légendes ont été conservées à la numérisation mais l'ordre du cahier n'a pas été suivi. On découvre les cantonnements, les abris et aménagements, ainsi que certains membres de la section sanitaire dont fait partie P. Curie. Viennent ensuite le champ de bataille et les destructions au niveau des zones de combats et des villes alentour, ainsi que les conséquences humaines. Neuf autres photos prises, comme l'indiquent les légendes et les dates mentionnées au dos, au camp d'entrainement de Mailly (Aube) en janvier 1916, présentent des armes et des avions. Paul a dû séjourner dans ce camp juste avant son affectation au 47e régiment d'artillerie de campagne le 15 mars 1916. Est joint à cet ensemble un menu daté d'avril 1915.

    La correspondance comprend en majeure partie des lettres de Paul Curie à ses parents et couvre la période du 30 mars 1917 au 8 février 1919. Paul relate son arrivée au 42e régiment d'infanterie, jusqu'à sa capture lors de la bataille du Chemin des Dames, puis sa captivité en Allemagne (deux cartes postales représentant le camp de Giessen où fut retenu Paul complètent cette partie). Enfin ses activités en Russie, dans le cadre de la lutte contre les bolcheviks, forment la part la plus importante de sa correspondance. La plupart des lettres portent la date de leur arrivée. À cela s'ajoutent divers autres courriers relatifs principalement à la période de captivité de Paul en Allemagne.Cette partie comprend des lettres des parents à leur fils (généralement c'est François, le père, qui écrit), et d'autres envoyées aux parents de Paul par des instances officielles (armée, Croix-Rouge, ...), le tout couvrant la période du 12 avril 1917 au 17 mars 1918. L'ensemble comprend 84 lettres, auxquelles s'ajoutent deux cartes postales.

  • 1 Num 405 - Correspondance d'Eugène Loiseau (1914-1916)

    Comme indiqué ci-après, ce fonds témoigne de la religion d'un Bocain de 1914, de sa délicatesse envers sa femme, qui l'amène à amoindrir la réalité, mais il révèle aussi un déplacement du regard porté sur les maîtres de la métairie.

    Constitué presque exclusivement de la correspondance envoyée par Eugène à sa femme Marie, d'août 1914 à mai 1916, le fonds se compose de 252 lettres auxquelles s'ajoutent dix cartes postales. Il est complété par six autres lettres et cinq cartes postales écrites ou reçues par Eugène, et par un portrait de lui en uniforme. L'ordre chronologique initial a été respecté.

    Eugène commence ou termine généralement ses lettres en indiquant qu'il est en bonne santé et en espérant qu'il en est de même pour sa famille, il embrasse sa femme et " ses chers petits " et exprime son attachement à son épouse. Son moral dépend beaucoup de la fréquence des lettres que cette dernière lui envoie : ainsi, hospitalisé à Epernay, il indique que le manque de nouvelles depuis 15 jours l'a "rendu plus malade que tout autre chose" (23 août 1915). Lui-même écrit de façon très régulière, souvent tous les deux jours voire plus lorsqu'il est au front. Il donne et demande des nouvelles des soldats qu'il connaît, presque tous vendéens, en particulier ceux de sa famille (son frère Mathurin et son beau-frère Alphonse Godet). Il s'inquiète de l'avancement des travaux de la ferme et de la surcharge de travail que provoque son absence : " c'est malheureux de nous voir là à rien faire et avoir tant d'ouvrage chez nous " (26 avril 1916). L'éloignement et l'ennui lui pèsent.

    Très croyant, Eugène évoque fréquemment la religion, le secours qu'elle lui apporte et qui l'aide à accepter son sort et à avoir confiance en l'avenir : " la prière, c'est la force, c'est le courage… presque à tout instant, ayant le sac sur le dos et le fusil de la main droite, j'ai aussi le chapelet de la main gauche ce qui est la grande arme dans les grands jours " (22 oct. 1914), " c'est par la prière que nous obtiendrons la victoire " (28 mars 1915). Il a d'ailleurs décidé, en accord avec sa femme et malgré le coût que cela représente, de faire un pèlerinage à Lourdes s'il revient vivant de la guerre (2 févr. 1916).

    Au front, Eugène semble vouloir avant tout rassurer sa femme. Ainsi, lors de sa première expérience du front, en octobre 1914, note-t-il juste : "on a de mauvais moments à passer de temps en temps mais, quand ils sont passés, on n'y fait plus attention" (22 oct.1914). Or, à cette date, le 137e régiment d'infanterie participe à d'importants combats dans la région d'Hébuterne (Pas-de-Calais). C'est bien plus tard, ayant changé de régiment, qu'il laisse deviner les épreuves subies : " nous sommes toujours en 1ère ligne bien tranquilles,… nous n'avons jamais d'attaque, je ne sais si ça continuera, il n'en n'avait pas été ainsi du 137e " (24 juin 1915). Une autre fois, devant monter en première ligne, il écrit : "cela ne me fait pas grand-chose car ici on n'est pas malheureux, tandis que, au repos, on est toujours corvée sur corvée et beaucoup plus ennuyés rapport aux revues" (30 mai ? 1915).

    De même, les conditions de vie dans les tranchées sont évoquées sobrement : " avec un temps sec comme à présent, il n'y a pas du tout d'eau et en se donnant un peu d'exercice, il n'y fait pas froid la nuit " (28 avril 1915). ; "il n'a fait que tomber de l'eau, mais on n'est pas malheureux car on est bien à l'abri dans nos gourbis" (6 août 1915). C'est lorsqu'Eugène n'y est pas qu'il indique : " il a tombé de l'eau comme jamais je n'ai vu, heureux que l'on ne soit pas en tranchée ces jours-ci car il n'y doit pas faire beau " (hôpital d'Epernay, 14 août 1915). Son moral tient beaucoup à la solidité de son ménage. Apprenant qu'un soldat a été trompé, il écrit à sa femme qu'en pareil cas, il se livrerait au feu de l'ennemi (2 mai 1916).

    Il est également difficile d'évaluer la gravité de son état de santé. Ses périodes d'hospitalisation et de convalescence sont longues : sur près de trois ans de guerre, il n'est au front que six mois environ. Il semble tout faire pour paraître plus malade qu'il ne l'est auprès des médecins : "je vais tâcher de me débrouiller le plus possible afin de rester encore quelques jours ici" [= à l'hôpital de Lorient] (25 nov. 1914). Mais n'est-ce pas là encore le seul moyen trouvé pour rassurer sa femme ? Ainsi il écrit : "je me doutais bien que le médecin t'aurait dit que j'avais une entérite et pourtant, crois-moi, je ne me sens de rien, mieux que ça, je serais en peine de dire où cela se tient" (27 sept. 1915). Mais sa femme ne semble pas convaincue : "ça va mieux, je ne te cache rien, sois-en sûre, je suis beaucoup plus fort" (28 sept. 1915), "me voilà, sois-en sûre, rétabli" (3 oct. 1915).

    Les rapports qu'Eugène entretient avec " ses maîtres " sont complexes et riches d'enseignement. Ils semblent s'apprécier mutuellement : étant au dépôt à Nantes, Eugène leur rend visite régulièrement et est fréquemment invité à dîner. Ceux-ci semblent d'ailleurs faire leur possible pour lui venir en aide. Grâce à eux, Eugène est ainsi déclaré un temps indisponible au service armé (4 nov. 1915). Il paraît du reste décidé à profiter des avantages qu'ils peuvent lui procurer. Ainsi, Monsieur Le Roux ayant écrit au major pour prendre de ses nouvelles, Eugène, alors hospitalisé, indique : "tu vois quelquefois ce que l'on peut arriver à gagner en flattant ces gens-là" (25 août 1915). Il espère que son maître réussira à le faire "embusquer" (9 oct. 1915). Mais il ressent aussi à leur égard un sentiment d'injustice. Le 26 juin 1915, ayant appris que le "jeune maître" était versé dans l'auxiliaire, il écrit : "cela est bien beau, mais il y en a qui sont veinards de s'en tirer comme ça. Nous, pauvres cultivateurs, ayant toute notre vie travaillé, il faut encore que ce soit nous qui fassions le plus, et encore après la guerre on n'aura droit de rien dire, ce sera eux qui en sauront le plus". La même personne ayant obtenu une permission agricole, Eugène trouve "honteux de voir des choses pareilles". Cependant, il note aussi régulièrement que des changements vont intervenir et que les choses seront différentes après guerre. Ainsi, le propriétaire ayant demandé les feuilles d'impôt de 1914 et 1915, Eugène écrit : "il doit s'attendre lui aussi à de grands changements avec ses métairies car, après la guerre, sans doute qu'il faudra changer de condition" (10 avril 1915). Le 19 avril 1916, sa femme s'étant plaint des maîtres "qui sont toujours à [les] ennuyer", il lui répond : "ce qui les fait causer, c'est la crainte de ce qui se passera après la guerre, car ils voient bien, va, qu'ils seront obligés de mettre de l'eau dans leur vin, c'est-à-dire de s'y soumettre, et que voulant tenir leur grand rang, les deux bouts ne se joindront pas, et c'est ça qui les met en rage ". De même le 14 mai suivant : "il me fatigue avec tous ses boniments,... enfin, laissons-le causer à son aise aujourd'hui, plus tard il en fera pas tout ce qu'il voudra car il y aura du changement". Que signifient exactement ces paroles ? Est-ce l'expérience du front qui fait parler ainsi Eugène ? On sait que l'armée encourage la camaraderie entre les soldats, véhiculant le mythe de la fraternité et de l'égalité. La cohabitation dans un même enfer de toutes les catégories sociales a-t-elle, au moins pour un temps, gommé la notion de classe ? Elle paraît en tous les cas avoir créé une rupture dans la façon de se percevoir et de percevoir les autres, et c'est bien ce que semble exprimer Eugène Loiseau dans sa correspondance.

  • 206 J - Liste des écarts ou lieux-dits du département de la Vendée [1960]

    Ce travail semble avoir été dressé par l'INSEE à partir du cadastre napoléonien . Il se présente en 2 listes successives :

    - 1°, liste donnant pour chaque commune la nomenclature des écarts

    - 2°, liste des écarts du département classés par ordre alphabétique avec indication de la commune de rattachement (n°INSEE)

  • Collection de Journaux officiels
  • 1Num256 - Papiers Raymond Brillet (1930-1945)

    Le fonds est constitué de lettres adressées à sa femme et à sa mère, du 24 août 1939 au 3 décembre 1944, et de quelques copies de lettres adressées à son ami Jean Mouchet, de novembre 1939 à janvier 1942.

  • 2 U - Tribunal criminel puis cour d'assises de la Vendée (an VIII-1939)

    La première partie de ce fonds présente les archives du tribunal criminel devenu cour de justice criminelle de Fontenay-le-Comte. Elle est principalement constituée de registres d'audiences de l'an XII à 1811 et de dossiers de procédure de l'an VIII à 1811.

    Dans la seconde, relative à la cour d'assises de La Roche-sur-Yon, on trouve les procès-verbaux de séances et arrêts de la cour (sentences rendues à l'encontre des accusés), de 1811 à 1939 et les dossiers de procédure correspondants, de 1814 à 1939 (1 seul dossier pour 1939). Quelques répertoires et les documents récapitulant les listes de jurés complètent cet ensemble.

    Les dossiers de procédure sont riches en enseignements. Y sont classés :

    - les pièces de forme (mandats d'arrêts, cédules à témoins, procès-verbaux d'arrestation de la gendarmerie ou de la police, prestations de serment, états des pièces à conviction, listes des témoins, ordonnances de nomination d'expert).

    - les renseignements sur l'accusé (état civil, morphologie, profession, domicile, antécédents judiciaires…), des fiches signalétiques, des rapports d'enquête, etc.

    - les pièces concernant l'information (procès-verbaux constatant le crime ou ceux de reconstitution, plaintes, dénonciations, interrogatoires de l'accusé, auditions de témoins). Les dossiers sont parfois émaillés de plans ou croquis, de photos pour la partie XXe, de rapports d'experts.

    Tous les accusés devant passer en cour d'assises sont amenés à la maison de justice. À leur arrivée, ils sont inscrits sur les registres d'écrou, conservés aux Archives départementales dans la sous-série 2 Y 1.

    Arrêts et dossiers ont été entièrement dépouillés. A chaque article, vous retrouverez le nom des inculpés, complété du chef d'inculpation et de la localisation de l'infraction. Seule la partie antérieure à 1893 de ce dépouillement est mise en ligne.

  • 2 R - Organisation de l'armée (an VII-1942)

    Les papiers de la sous-série 2 R proviennent uniquement de la préfecture et, plus précisément, de son bureau des affaires militaires. Ils traitent de l'organisation générale de l'armée d'un point de vue civil.

    Une partie est consacrée aux bâtiments militaires, essentiellement les casernes. Il s'agit avant tout de travaux de construction et d'agrandissement. Pour les garnisons de Fontenay-le-Comte, de La Roche-sur-Yon et de Luçon, des terrains sont également acquis pour l'établissement de champs de maoeuvre et de tir sur le territoire des communes du département.
    Les dossiers sur les subsistances militaires occupent très peu de place. Ils concernent surtout les relations entre la préfecture et l'Intendance militaire (service préposé à l'organisation de l'armée).
    Les mouvements de troupes entraînent leur logement en dehors des casernes, chez l'habitant le plus souvent. Les ressources des communes pour le cantonnement des troupes sont alors recensées, des réquisitions ont lieu, et des indemnités sont versées aux habitants.
    La préfecture travaille aussi avec les services de l'armée chargés de fournir des chevaux : la remonte. On trouvera ainsi des recensements, réquisitions, dons et achats de chevaux nécessaires aux besoins de l'armée. Le dépôt de remonte de Fontenay-le-Comte fait, par ailleurs, l'objet d'un dossier sur la construction d'une nouvelle écurie.
    Le bureau des affaires militaires prend également en charge les sociétés colombophiles et les propriétaires de pigeons voyageurs. Les recensements et les lâchers d'entraînement des pigeons voyageurs témoignent d'une activité alors développée, en Vendée, sous la Troisième République.

    La santé et l'assistance militaire sont une partie peu volumineuse de la sous-série 2 R ; les allocations versées aux familles de militaires en constituent l'essentiel.
    Enfin, des dossiers donnent le signalement des déserteurs et des insoumis.

  • 11 ETP - Archives de la chambre de métiers de la Vendée

    Les papiers de la chambre de métiers ont été versés aux Archives départementales le 8 décembre 2011. Leur classement est réparti en cinq domaines principaux : l'administration générale, les artisans, l'apprentissage, les brevets de maîtrise et les professions.

    L'administration générale de cette chambre consulaire est représentée par les délibérations de ses membres. Numérisées jusqu'en 1975, elles sont directement consultables sur ce site. Les registres d'enregistrement du courrier complètent cet ensemble, ainsi que le dossier de célébration des 25 ans de la chambre de métiers en 1962, et celui de l'inauguration du centre de formation des apprentis en 1967. Les archives financières, électorales, du personnel et des bâtiments sont, elles conservées à la chambre de métiers.

    Avant 1962, les entreprises sont enregistrées au greffe du tribunal civil. Les archives conservées par la chambre de métiers sont alors principalement le fichier alphabétique des artisans et les certificats artisanaux individuels qui couvrent la période 1937-1962. La loi du 1er mars 1962 transforme cette inscription. A partir de cette date, ce ne sont plus les tribunaux, mais les chambres de métiers, qui sont tenues d'inscrire tous les artisans qui souhaitent démarrer une activité. Le répertoire des métiers remplace alors l'ancien registre des métiers. Il devient le document officiel qui recense tous les artisans. L'ensemble des registres et des dossiers individuels qui composent ce répertoire sont conservés à la chambre de métiers. Seul le registre "transitoire" qui concerne la réimmatriculation des artisans a été versé (période 1963-1965).

    L'apprentissage artisanal est une autre mission phare de cet organisme. Les documents qui témoignent de ce travail composent une part importante de ce versement. On y trouve, à la fois, les registres d'enregistrement des contrats d'apprentissage, et les contrats individuels correspondants, enregistrés pour la période 1937 à 1964.

    Les archives sur ce domaine d'activité, ainsi que sur celui qui concerne les artisans, montrent à la fois le dynamisme du secteur artisanal vendéen et sa diversité.

    Le thème suivant abordé concerne la formation continue des artisans. Les archives versées traitent plus particulièrement de l'organisation des brevets de maîtrise, pour les coiffeurs en exercice dans les années 1950.

    Enfin, les archives de la chambre syndicale des maîtres-tailleurs de la Vendée, et du syndicat des couturières de la Vendée, ont été trouvées dans les locaux de la chambre de métiers, leur siège étant alors au même endroit, et l'activité de ces deux professions jumelles, représentée de 1943 à 1986.

  • La répression de la Résistance en France par les autorités d'occupation et le régime de Vichy

    Le Concours national de la Résistance et de la Déportation fête ses 50 ans.

    Le thème proposé cette année s'intitule : " La répression de la Résistance en France par les autorités d'occupation et le régime de Vichy ".

    La France, défaite et partiellement occupée à partir de mai-juin 1940, subit une répression " qui s'en prend aux individus pour ce qu'ils font, ont fait ou sont présumés pouvoir faire ", comme le propose la formulation de Hervé Guillemet dans la lettre de la fondation de la Résistance du 6 juin 2010.

    Le thème permet de constater les effets de l'ordre allemand imposé à la France, mais aussi l'activité répressive du régime de Vichy. La répression est l'affaire de ces deux grands acteurs, l'un sans l'autre, l'un et l'autre, l'un après l'autre.

    Au total, on peut estimer pour la France, le nombre d'arrestations et de déportations de 200 000 à 250 000. Quant aux exécutions d'otages elles feront 30 000 victimes.

    A partir de 1942, la répression allemande augmente pour s'emballer progressivement et prendre des dimensions dramatiques à la fin de la guerre, si l'on pense au massacre d'Oradour-sur-Glane. La montée en puissance de cette répression est à mettre en parallèle avec celle de Vichy. D'une manière générale, on peut estimer avec Robert O. Paxton que la répression des opposants est partie intégrante de la recherche de légitimité du régime, et que le lien est clair entre la montée en puissance de l'arsenal répressif de l'Etat Français et la structuration progressive de la Résistance.

    Cet arsenal est de deux ordres, policier et judiciaire. L'organisation policière est renforcée. On peut prendre les exemples de l'étatisation des polices municipales ou la création de polices parallèles. C'est le cas du service de la police anticommuniste, qui deviendra le service de répression des menées antinationales (on retrouve cette formulation en Vendée dans les documents préfectoraux et des renseignements généraux pour désigner les gaullistes). Une justice d'exception se met en place avec une logique rétroactive et expéditive, illustrée par la section spéciale mise en place à la cour d'appel de Paris, qui peut condamner les communistes inculpés pour des faits antérieurs.

    Les Archives départementales de la Vendée proposent une sélection de documents pour illustrer ce thème. Ils décrivent ainsi la situation particulière d'un territoire occupé, dans lequel les représentants de Vichy cherchent à conserver un rôle. Ici, comme ailleurs, la surveillance et la répression de la population répondent à la fois à l'affirmation des résistances et aux aléas de la guerre. Il s'agit de s'interroger sur les causes, les formes et les conséquences de la répression, sur la part d'autonomie des acteurs de celle-ci, et sur les spécificités du département de la Vendée.

    L'occupation allemande de la France se traduit par la délimitation d'une grande "zone occupée" et par des zones interdites délimitées pour des raisons militaires, comme c'est le cas le long du littoral vendéen. Plus on avance dans le temps, plus les craintes d'un débarquement, motivées par de nombreux parachutages d'armes et la nécessaire protection des ouvrages de défense, provoquent tension, surveillance et répression. On le constate en Vendée dans les correspondances avec le Feldkommandant et dans les rapports du préfet. L'indentification des caches d'armes et la recherche des aviateurs alliés, ou l'arrestation des saboteurs du Mur de l'Atlantique sont une composante constante des échanges entre les autorités d'occupation et les représentants de Vichy.

    Le thème de la répression concerne des formes et des acteurs différents. On informe, tout d'abord, des risques encourus, comme le montre dans ce dossier une collection d'affiches de l'Etat français mais aussi de l'occupant allemand. Les représailles des troupes allemandes s'ont également illustrées par l'exemple des prises d'otages. Cette pratique récurrente qui s'installe dès le début de l'occupation, est illustrée par un dossier particulier dans l'inventaire.

    D'une manière plus générale, l'occupation allemande se traduit par une répression exercée sur tous ceux qui sont considérés comme des adversaires de l'ordre nazi. Quelques cibles particulières se dégagent au fil des enquêtes commanditées par l'occupant sur le parti communiste ou les menées gaullistes.

    On doit aussi faire référence aux actes de terreur perpétrés par la milice, sous l'autorité du régime de Vichy. Ils illustrent l'activisme des autorités françaises dans le domaine répressif. On peut se référer aux déportations des résistants sans y inclure celles des juifs qui n'est pas strictement à une réaction à la résistance. En Vendée, un décompte récent qui demande sans doute à être affiné, estime à quelque 137 personnes le nombre de déportés politiques non revenus. On pourra en consulter la liste à l'antenne de l'Ecole du Patrimoine, à Mouilleron-en-Pareds.

    Une démarche chronologique peut être abordée. Tout d'abord parce qu'il y existe une montée en puissance de la répression, liée à celle de la Résistance. L'année 1941 est charnière. C'est l'entrée en guerre de l'URSS et l'apparition de la résistance communiste en France. Les propagandes allemandes et vichystes assimilent les actes de résistance aux menées communistes. On trouve encore ce lien en Vendée pour justifier la rafle de janvier 1944, les juifs étant assimilés aux bolcheviques. Les affiches de propagande montrent l'obsession commune des Allemands et des hommes de Vichy envers le bolchevisme.

    En 1941 toujours, la résistance gaulliste semble plus en mesure de structurer et de coordonner les mouvements intérieurs et extérieurs. Enfin en novembre 1942, l'instauration du service du travail obligatoire est à l'origine d'un engagement de plus en plus fort dans la Résistance, et il favorise l'émergence des maquis pendant l'année 1943.

    En Vendée, la correspondance entre les services de police allemands et français concerne souvent la disparition de personnes qui doivent rejoindre l'Allemagne. On peut penser que les maquis vendéens comme celui de Dompierre-sur-Yon, relaté dans l'immédiat après-guerre par les élèves du lycée de jeunes filles de La Roche-sur-Yon (cahier en ligne sur le site des Archives de la Vendée), reçoivent ces jeunes et nouveaux résistants.

    La répression se modifie dans le temps. Si, jusqu'en 1943, le Reich se sent peu menacé par les actions des forces clandestines et se contente d'une action politique et policière mais pas du tout militaire, à partir de cette année l'imminence du débarquement allié transforme la donne. Les dissidences, les sabotages et les maquis, se multiplient dans un contexte où Vichy ne semble plus capable de maintenir l'ordre. Les Allemands instaurent un traitement plus autoritaire et militaire. On le constate en Vendée à travers les arrestations collectives qui s'intensifient à partir de septembre 1943, et sont en fait des démantèlements de réseaux de résistance.

    Du coté de Vichy, les années 1943 et 1944 sont celles de la montée en puissance de la milice. 34 000 personnes s'engagent dans la milice en 1944 sur l'ensemble du territoire français, mais très peu en Vendée. Le cas de la milice comme instrument répressif est intéressant pour croiser les approches. D'abord parce que ce sont les Allemands qui imposent Darnand, comme chef de la milice, pour son efficacité préjugée (en 1943, 9 000 gaullistes et marxistes sont arrêtés par Vichy, mais les Allemands en ajoutent 35 000 au tableau de chasse). Ensuite parce que celui-ci s'inscrit dans cette logique politique d'un Etat français qui cherche à forger sa légitimité dans l'action répressive.

    Enfin les miliciens ont des marqueurs idéologiques proprement français (certains sont pétainistes, d'autres collaborationnistes). En fin de compte, comme le souligne Jean-Pierre Azéma, " les miliciens allaient symboliser le Vichy répressif et complice de l'occupant ". Avec Darnand, la collaboration franco-allemande tournée contre la Résistance s'intensifie lors de l'expédition du plateau des Glières. Cependant la lutte contre la Résistance est alors devenue la chose des Allemands, qui arrêtent et déportent des milliers de Français pendant l'été 44. L'action de la milice, quels que soient ses débordements, n'est qu'une fiction d'indépendance.

    Une approche chronologique peut déboucher sur un travail de mémoire. Quelle est la trace laissée par ces événements dans la mémoire collective ? Cette mémoire s'est construite autour d'acteurs comme Bousquet, Darnand, de lieux comme les Glières ou Oradour-sur-Glane, et de notions nouvelles comme le crime de guerre et le crime contre l'humanité. En Vendée, c'est l'exécution des otages d'Apremont qui sera signalée en 1946 au tribunal militaire de Paris, chargé de juger le SS Karl Oberg pour les crimes commis sur le territoire français...

  • 40 J - Fonds de Fériet (1581-1867)

    Cet ensemble réunit les papiers des Lodre, famille de négociants et d'armateurs des Sables-d'Olonne ; ceux que Pierre René Marie de Vaugiraud, gouverneur général des Iles du Vent (Martinique et Guadeloupe) en 1815, a jugé utile à sa défense devant la commission chargée d'examiner les actes de son administration de la Martinique ; ceux de la famille de Fériet, qui compte plusieurs membres du parlement de Metz.

    Les papiers de Pierre René Marie de Vaugiraud présentés dans la deuxième partie sont uniquement ceux liés à son activité de gouverneur de la Martinique puis des Iles du Vent de 1814 à 1818. Cette collection très particulière est constituée d'originaux mais aussi de copies d'époque réalisées à la demande de Vaugiraud pour justifier de son activité.

    Sa fille poursuit les démarches commencées par Vaugiraud pour faire reconnaitre sa bonne administration de la Martinique. Ces papiers rendent aussi compte de la gestion des biens familiaux aux Sables et des désaccords avec son mari.
    Les papiers conservés dans cette partie ne concernent pas seulement Marie Renée Marguerite de Vaugiraud et Louis de Fériet, son époux, mais aussi les générations précédentes de cette famille parlementaire messine. On peut signaler Louis Fériet, époux de Françoise Madeleine Bollioud, président à mortier du parlement de Metz, qui poursuit en justice les comtesses de Zoetern concernant l'adjudication de la seigneurie de Florange (Moselle) et son fils, Louis Philippe de Fériet et Françoise Geneviève Deu de Moncet, lui aussi président à mortier du parlement de Metz, qui possèdent des biens importants, notamment en Champagne et en Poitou.

  • 1 Num 397 - Correspondance d'Alexandre Roux (1914-1919)

    La correspondance (190 lettres) qu'Alexandre Roux adresse principalement à ses parents couvre toute la durée de la Première Guerre mondiale, de la mobilisation, le 1er août 1914, aux jours qui suivent l'armistice, le 14 novembre 1918, voire au-delà puisqu'une lettre écrite depuis l'Allemagne en janvier 1919 est également conservée.

    Engagé volontaire au 7e régiment de hussards plus d'un an avant la guerre, Alexandre Roux n'est pas envoyé au front dès la mobilisation. Il occupe une tâche administrative jusqu'en février 1915, à Niort, dans la zone de l'intérieur, ce qui pourrait être à l'origine de la lettre anonyme envoyée contre lui dont il fait état le 24 janvier 1915 (1 Num 397/1). Cela dit, il passera le reste de la guerre, soit trois ans et neuf mois, dans la zone armée. Sa première vision du conflit a lieu en Belgique. Toutefois la cavalerie dont il fait partie manque d'emploi en attendant une guerre de mouvement. Si, en mai, il prend part à l'offensive française en Artois visant à rompre le front allemand, ce n'est qu'en août qu'il fait sa première montée aux tranchées, dans la Somme, en première ligne : " A notre tour, nous voici donc enfin dans les tranchées. Nous sommes en 1ère ligne à une centaine de mètres de Mrs les boches " (1 Num 397/7). Ce n'est qu'un premier tour suivi d'autres dans différents secteurs du front : Pressy (Pas-de-Calais) à l'automne 1915, Verdun en octobre 1916, le Chemin des Dames au printemps 1917, la Somme en avril 1918. Entre temps, des périodes à l'arrière du front sont occupées par des fonctions de maréchal des logis fourrier ou par la surveillance de prisonniers de guerre allemands, mais toujours interrompues par de soudains départs pour des destinations inconnues. Enfin, en juin 1918, Alexandre Roux quitte la cavalerie, cette arme ayant été réduite au profit de l'infanterie dont les besoins sont incessants depuis le début de la guerre. Il participe alors, à l'automne 1918, aux grandes offensives qui ont lieu en Picardie, autour d'Anizy-le-Château ; son action lui vaudra une citation à l'ordre du régiment (1 Num 397/26). Mais à quel prix ? " En vérité, c'est un peu surhumain ce que l'on demande à l'homme ", reconnaît-il le 21 septembre (1 Num 397/22). Et de conclure le 14 novembre par cette flegmatique formule : " Rien de nouveau en dehors du changement " (1 Num 397/23).

    On suit tout son itinéraire grâce aux indications de lieux notées sur sa correspondance. Mais, très vraisemblablement, la plupart de celles-ci ont été ajoutées après la guerre, de sa main, à la faveur d'une relecture des lettres conservées par ses parents. En effet la correspondance des soldats ne devait pas contenir d'informations sur leur localisation. Ce qui n'empêche pas Alexandre Roux de déjouer, de temps à autre, la censure en glissant des noms de lieux au milieu d'une phrase ou en formulant quelques jeux de mots : " Me voici donc rendu dans l'endroit où ça barde. En somme : ce n'est pas le rêve ", écrit-il le 7 avril 1918 désignant ainsi la Somme (1 Num 397/19).

    Au fil des lettres, Alexandre Roux décrit sa " vie de sauvage ", selon son expression datée du 29 décembre 1915 (1 Num 397/9) : souvent dans la boue, il y est question de rats et de poux, de repas réduits " au singe et au pain de guerre ", du cafard qui est tenace, de l'attente des lettres et des colis contenant de quoi améliorer l'ordinaire et parfois de quoi s'occuper, comme ces cartes du jeu vendéen d'aluette reçues en octobre 1915 (1 Num 397/8). En revanche, aucune référence religieuse n'apparaît.

    L'évolution de son moral est cependant plus facile à appréhender. Engagé en 1913, Alexandre Roux souhaite en découdre dès les premières semaines qui suivent la mobilisation, " j'espère à mon tour avoir l'occasion d'aller démolir quelques têtes de boches ", fait-il savoir à ses parents le 5 sept. 1914 (1 Num 397/1). Toutefois il est loin de se réjouir en découvrant la réalité de la guerre, " c'est une bien triste chose " écrit-il le 24 février 1915, dès son arrivée en Belgique (1 Num 397/3). Après sept mois de conflit, il semble néanmoins conserver son entrain et compte " avoir le plaisir de marcher de l'avant " (25 sept. 1915, 1 Num 397/7). Mais à partir de décembre 1915, il commence à faire état de son cafard et lutte désormais contre lui : " le cafard commence à se dissiper " (29 déc. 1915, 1 Num 397/9) ; " si vous saviez quel cafard j'ai en ce moment " (10 oct. 1916, 1 Num 397/12) ; " je n'arrive pas à me défaire de ce formidable cafard. Il est ancré et il l'est bien " (27 juin 1917, 1 Num 397/16). Et, à l'occasion du nouvel an 1918, il s'adresse à ses parents sur un ton pessimiste et désespéré (29 déc. 1917, 1 Num 397/18) ; son moral est aussi affecté par la crainte de quitter la cavalerie pour passer dans l'infanterie (5 juin 1917, 1 Num 397/13). Pourtant son état d'esprit change au printemps 1918. Quelques jours après le déclenchement de la première offensive allemande (21 mars), il écrit : " en tout cas, il faut avoir confiance " (30 mars 1918, 1 Num 397/18). Et son affectation dans l'infanterie ne lui donne-t-elle pas finalement l'occasion de prendre toute sa mesure comme fantassin ? Ses actions, notamment fin septembre au ravin de Vauxaillon et au Mont des Singes, sont d'ailleurs récompensées par une citation.

    Par ailleurs, quelques lettres sont écrites à son frère aîné, Georges, né en 1888. Ce dernier fait partie des hommes qualifiés de " récupérés " pendant la Première Guerre mondiale (voir sa fiche matricule militaire, bureau de La Roche-sur-Yon, classe 1908, 1 R 635, n° 2301). En effet, le conseil de révision l'exempte du service militaire en 1908 pour raison médicale (perte de vision à l'œil droit), décision qui est maintenue en septembre 1914, lors de la première commission de réforme réunie après le déclenchement du conflit. Cependant, la seconde commission de réforme le classe en 1917 dans l'armée auxiliaire pour l'affecter au 93e RI à La Roche-sur-Yon (lettre du 31 mars 1917, 1 Num 397/15). Enfin une autre commission de réforme réunie à Nantes le reconnaît apte à faire campagne à partir d'octobre 1917. Georges Roux est mobilisé jusqu'au 23 juillet 1919 et meurt aux Clouzeaux en 1921. Quant au benjamin de la famille, Joseph, né en 1893, il est exempté par le conseil de révision de la classe 1913 pour tuberculose pulmonaire (1 R 1242). Son exemption est maintenue par les deux commissions de réforme de 1914 et 1917 (voir sa fiche matricule militaire, bureau de La Roche-sur-Yon, classe 1913, 1 R 681, n° 1715). Marié à Talmont en 1921 avec Augusta Dreillard, il meurt à Surgères (Charente-Maritime) en 1927.

  • 1 Num 34 - Papiers Tendron de Vassé (1576-XVIIIe)
  • Amis de l'Ile de Noirmoutier : 1 E - Don Louis Troussier et 38 E - Don Eon-Duval

    Les deux fonds réunis dans cet inventaire (AAIN 1 E - Don Louis Troussier en 1939 et AAIN 38 E - Don Eon-Duval en 1977) sont étroitement liés et ne peuvent être présentés séparément, sans que l'intérêt de l'un ou de l'autre n'en pâtisse. Ce sont en effet les travaux des deux historiens de l'île, Viaud-Grand-Marais et Troussier qui constituent la partie la plus importante de ces fonds ; notes et publications étant réparties dans les deux, il a semblé indispensable de les rapprocher pour ne pas multiplier les renvois et redonner cohérence à l'ensemble. De nombreux documents provenant des archives communales de Noirmoutier ainsi que des grands dépôts régionaux ont été retranscrits et analysés ; une importante correspondance scientifique illustre également les sujets traités dans leurs travaux (archéologie, géologie, météorologie, mais avant tout l'histoire de Noirmoutier). Parmi les pièces à citer se trouvent le " Guide du voyageur à Noirmoutier " illustré de dessins au crayon par Marie Viaud-Grand-Marais, l'" Essai de glossaire du patois noirmoutrin " publié par Louis Troussier dans le journal "le Phare" et annoté de sa main, et les copies faites des différentes versions de la " Description topographique de l'île de Noirmoutier " de Commard de Puylorson.

    On peut également trouver dans ces 2 fonds un nombre important de pièces originales, issues pour une grande partie des archives communales de Noirmoutier (période révolutionnaire essentiellement) ; d'autres émanent de l'abbaye de la Blanche ; d'autres encore sont les œuvres manuscrites de Lubin Impost, dit Lidener.

    Les pièces familiales enfin sont éparses mais laissent suggérer au lecteur l'importance des membres de la famille Viaud, gens de mer et notables, sur l'île.

  • Collection Abert

    Cette collection d'abord consacrée aux marques postales s'est progressivement étendue vers des centres d'intérêt approchant : l'histoire des Postes, les papiers timbrés.

    La première partie est consacrée aux marques postales avant 1849, date de l'arrivée du timbre poste en France. Elles ont été classées par communes en se référant au lieu d'envoi. Quelques pièces postérieures à la date de 1849 prouvent que l'usage des marques postales a perduré quelques années dans certains bureaux malgré l'arrivée du timbre.

    Des pièces des XVIIe et XVIIIe siècles montrent la variété des papiers timbrés en usage notamment dans la généralité de Poitiers.

  • 2 W - Secrétariat général de la Préfecture (1936-1972)

    Ce fonds contient les dossiers relatifs aux activités du secrétaire général de la préfecture et notamment celles en matière de gestion du personnel public du département.

  • Collection de périodiques catholiques du Père Joseph Boisseau (1951-2012)

    L'intérêt de ce fonds provient de son caractère homogène (des collections quasi complètes de revues de référence) et de la période couverte. Il est ainsi possible de suivre l'évolution de l'Église catholique au cours de la seconde moitié du XXe siècle. La "Documentation catholique" traduit et publie les textes essentiels du Saint-Siège, de l'Église en France et dans le monde. Chaque numéro comporte en outre un dossier thématique. La revue "Lumière et vie", fondée par les Dominicains de la Province de Lyon, se fait l'écho des questions posées au christianisme en cette période charnière pour l'Église que constituent les années 60 et 70. Quant au journal "La Croix", il permet de suivre au jour le jour les travaux du Concile Vatican II.

  • Fonds Roger Henrard (1948-1968)

    Le présent inventaire regroupe les collections de clichés Roger Henrard appartenant au C.A.U.E. de la Vendée, aux Archives départementales de la Vendée et à plusieurs communes vendéennes. Les 406 clichés qui y sont décrits couvrent 71 communes - soit près d'un quart du département -, auxquelles s'ajoutent 7 communes des départements limitrophes de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres.

    Si l'on dresse une carte des communes vendéennes représentées, on remarque la couverture de la quasi-totalité du littoral, d'une quinzaine de communes du Sud-Vendée, de quelqu'unes dans le Marais breton vendéen, de deux zones du bocage (autour de Pouzauges et de Chantonnay) ainsi que de presque tous les chefs-lieux de cantons.

    Ces photographies aériennes ont été prises en oblique et à basse altitude, avec un appareil de prise de vues Planiphote automatique Richard Labrely, monté avec un objectif Berthiot (mention figurant au dos des épreuves).

    Le caractère esthétique évident des clichés Roger Henrard démontre bien tout le talent de ce pilote chasseur d'images, pionnier de la photographie aérienne. Ses vues de Paris sont particulièrement appréciées : rééditées par le célèbre photographe Yann Arthus Bertrand dans une publication de 1996, elles firent également l'objet d'une exposition au musée Carnavalet en 2006.

    Outre leur caractère artistique, ces photographies aériennes représentent de précieux témoins de l'aménagement du territoire vendéen, et notamment du patrimoine bâti, entre 1948 et 1968. En effet, au-delà des églises, châteaux et autres édifices à l'architecture remarquable qui sont régulièrement les sujets des prises de vues, ces dernières sont très souvent élargies à l'ensemble du centre bourg. De nombreuses rues et habitations s'égrennent ainsi au fil des vues, révélant parfois des activités humaines prises sur le vif (chantiers de construction ou de rénovation, travaux domestiques et agricoles, bains de mer, fête foraine...). Ces clichés offrent également l'occasion de se replonger un demi-siècle en arrière, à une époque où petits commerces et salles de cinéma animaient les bourgs, et où les automobiles (typiques de cette époque) partageaient encore la route avec des véhicules hippomobiles.

    Les espaces naturels – littoral, bocage et marais – ont aussi fait l'objet de clichés particuliers, également très riches en enseignement sur l'évolution de ces milieux. L'apparition des immeubles sur la plage de Saint-Jean-de-Monts et le remblai des Sables-d'Olonne en sont deux exemples flagrants.

    Ce témoignage est d'autant plus intéressant qu'il peut être daté avec précision grâce à un système de correspondance entre les numéros des clichés et les années de prises de vue. Hormis douze photographies de 1948 et une prise entre 1963 et 1983, toutes ont été réalisées dans les années 1950-1960.

    Le tableau donnant la date de prise de vue (fourni par la société au moment de l'achat des photos) indique en général un seul millésime. Cependant, pour les clichés numérotés de 26.000 à 30.000, une fourchette de deux années (1962-1963) est donnée. Cette indication a été portée dans l'inventaire, mais les nombreux clichés compris entre 28.000 et 28.310 peuvent être situés en 1963, comme le prouve leur similitude avec les clichés en couleurs datés de 1963, visiblement pris le même jour.

    Un soin tout particulier a été apporté à la numérisation de ces clichés (réalisée en 600 dpi pour les grands formats noir et blanc, et en 1000 dpi pour les petits formats couleurs), afin de restituer un maximum de détails. Toujours dans le même but, le choix au moment de la numérisation s'est parfois porté sur les négatifs, plutôt que sur les tirages, quand ceux-ci avaient fait l'objet d'un recadrage important (d'où une perte d'informations dans les marges).

    Les pochettes des négatifs ainsi que les épreuves portent généralement des mentions manuscrites, parfois raturées, indiquant la localisation de la prise de vue. Ces annotations semblent antérieures à l'achat des clichés par le C.A.U.E. et les Archives départementales puisqu'elles figurent sur les deux collections, ce qui semble également confirmé par le nombre important d'erreurs, probablement du fait de personnes connaissant peu la région. Ces erreurs de localisation ont normalement été corrigées, il est cependant possible que certaines persistent... Les lecteurs de cet inventaire sont donc invités à faire part aux Archives départementales de toute indication permettant de les rectifier ou de compléter les descriptions initiales.

  • La libération du territoire et le retour à la République - CNRD 2013-2014
  • 1Num367-3 - Les brancardiers du 12ème Régiment d'infanterie [1915-1918]

    Les 338 plaques de verre stéréoscopiques qui composent le fonds ont été numérotées et légendées par le photographe lui-même, en respectant les déplacements de la division des brancardiers. La collection est toutefois incomplète puisque quelques numéros manquent. La moitié des clichés concerne la guerre dans la Meuse. Quant aux autres prises de vues, elles ont été réalisées dans l'Aisne, la Somme, le Territoire de Belfort et le Doubs.

    Ce fonds se divise en deux parties. La première s'attache à présenter les brancardiers, leurs activités et leur quotidien. La seconde dévoile les secteurs des opérations militaires dans lesquels ils sont intervenus. Elle offre de nombreuses vues sur les ouvrages militaires, les armes, le quotidien des soldats mais également sur les conséquences des combats (destructions, soldats tués...).

    Cet inventaire ne suit que partiellement l'ordre initial des clichés, mais s'efforce en revanche de restituer, à chaque fois que nécessaire, l'ordre des déplacements dans les départements traversés.

    Des termes d'argot militaire, utilisés dans les légendes, ont été conservés pour décrire les photographies. Il s'agit notamment de "cagnaville", pour abri léger de tranchée, et de "brancardville", pour poste de secours.

  • Notaires des Sables-d'Olonne : analyses d'un choix de pièces (1598-1733)

    Les analyses présentées ici sont celles que M. Jaunet a rédigées en consultant le minutier. Ce relevé concerne un certain nombre d'actes considérés comme remarquables par leur intérêt historique et passés par les notaires des Sables-d'Olonne entre 1598 et 1733.

  • 143 J - Archives de Lorgeril (1530-XXe)
  • 8 J - Travaux de Guy de Raigniac (généalogie et archives seigneuriales)

    Ce fonds est constitué de travaux de Guy de Raigniac composés essentiellement de généalogies de familles anciennes du Bas-Poitou, objet de la première partie de cet inventaire, et de notes et transcriptions tirées d'archives seigneuriales à des fins généalogiques, constituant la seconde partie.

    Ces travaux ont parfois été menés en collaboration. C'est le cas des archives de Beaumarchais que Guy de Raigniac a dépouillées avec Gilles de Maupeou. Ces relevés concernent aussi bien des fonds conservés dans des dépôts publics (chartrier de Thouars aux Archives nationales, chartrier de la Rabatelière et fonds Pailloux aux Archives départementales de la Vendée) que des fonds appartenant à des particuliers. Ces inventaires sont partiels et portent sur les documents jugés les plus intéressants par les auteurs. Les pièces peuvent, selon leur intérêt, faire l'objet d'une analyse ou d'une transcription. L'auteur reconnaît que la saisie de ces travaux mériterait des vérifications notamment pour les noms de famille et les noms de lieux. Il n'en reste pas moins que ces présentations facilitent l'approche des fonds concernés.

    En 2011, M. Jean de Raigniac a confié l'intégralité des travaux de son père, ce qui double ce qui était déjà là, en le complétant entre autres par les analyses des archives des seigneuries de la Barette (Les Essarts), et de Salidieu (Bessay). La partie sur les familles est également enrichie de plusieurs généalogies et de 17 volumes de dépouillements d'archives publiques et privées.

  • 59 J - Documents iconographiques et imprimés issus du fonds Edmond Bocquier

    Sont uniquement réunies ici les pièces iconographiques contenues dans son fonds et qui ont été numérisées.

    La totalité de ses travaux est présentée dans l'inventaire en ligne "59 J - Fonds Bocquier (XVe s. -1948)" du menu "Inventaires et catalogues en ligne", rubrique "Enseignement, Culture, Sports et Loisirs"

  • 1 Y - Fonds de la préfecture (an IX-1940)

    La gestion des établissements pénitentiaires, bien que propriété du Département depuis le 9 avril 1811, est rattachée au ministère de l'Intérieur jusqu'en mars 1911, puis à celui de la Justice, et placée sous l'autorité du préfet, son représentant local. Toute décision comptable ou administrative est soumise à son approbation, et ce sont donc les documents produits ou reçus à cet effet par les services de la préfecture qui forment ce fonds confié aux Archives départementales par versements successifs. Après le décret du 31 mai 1871, chaque département passe sous la tutelle d'une circonscription pénitentiaire regroupant plusieurs départements. Le contrôle et la gestion des prisons départementales sont donc assurés au niveau régional par un directeur de circonscription pénitentiaire. Ses décisions sont transmises au préfet du département concerné, lequel informe à son tour le ministère. La Vendée dépendra successivement des circonscriptions de Nantes en 1871, de Thouars en 1909 et de Bordeaux en 1926.

    Ce fonds issu de la préfecture permet de comprendre l'organisation et le fonctionnement des prisons départementales, des chambres et dépôts de sûreté, ainsi que des dépôts de mendicité. Il s'articule autour de 4 grands axes :

    - La réglementation concernant ces établissements ;

    - Les prisons départementales et leur fonctionnement au travers d'enquêtes minstérielles, d'inspections générales, de rapports divers, de délibérations des commissions de surveillance, avec également une partie consacrée au personnel pénitentiaire et une autre à la comptabilité. On découvre le rôle prépondérant de l'Entreprise générale des services économiques assurant les dépenses liées aux détenus et leur fournissant un travail en atelier. On suit le parcours de jeunes détenus, âgés d'une dizaine d'années, parfois moins, à la lecture des pièces composant leur dossier nominatif, et l'on assiste à leur départ pour les colonies pénitentaires jusqu'à leur majorité. Officient par la suite les sociétés de patronage des libérés chargées de leur réinsertion ;

    - La spécificité des chambres et dépôts de sûreté, où transitaient nombre de prisonniers civils ou militaires ;

    - Les dépôts de mendicité créés pour accueillir les vagabonds et mendiants condamnés par les tribunaux correctionnels, mais également les mesures prises, tout au long du XIXe siècle, par les institutions départementales pour l'extinction de la mendicité.

  • 2 Y 3 - Fonds de l'établissement pénitentiaire des Sables-d'Olonne (1828-1954)

    Les archives de cet établissement pénitentiaire sont composées essentiellement de registres d'écrou qui constituent à eux seuls une mine d'informations sur la population carcérale. Ils précisent en effet, pour chaque détenu, les mentions d'état civil, l'origine sociale, la constitution morphologique, la profession et le degré d'instruction, le motif, la durée et la destination d'incarcération, etc. Seul le contenu de trois carnets d'ordres de service (1891-1930) complétés par un catalogue de la bibliothèque laisse deviner l'organisation de l'administration pénitentiaire, et il faut consulter la sous-série 1 Y (fonds de la préfecture) pour en parfaire la compréhension.

  • 2 Y 2 - Fonds de l'établissement pénitentiaire de Fontenay-le-Comte (an XI-1934)

    Les archives de l'établissement pénitentiaire sont composées essentiellement de registres d'écrou qui constituent à eux seuls une mine d'informations sur la population carcérale puisqu'ils précisent pour chaque détenu leur état civil, leur origine sociale, leur description morphologique, leur profession et degré d'instruction, le motif, la durée et la destination d'incarcération, etc. Les carnets d'ordres de service (1874-1926), les rapports journaliers du gardien-chef (1876-1885), les registres d'inscriptions des bijoux et objets précieux des détenus, les prescriptions médicales à leur encontre, ainsi que les registres de prêt d'ouvrages de la bibliothèque nous renseignent également, même si ce n'est que partiellement sur le fonctionnement de l'administration pénitientiaire, et il faut consulter également la sous-série 1 Y (fonds de la préfecture) pour en parfaire la compréhension.

  • 2 Y 1 - Fonds de l'établissement pénitentiaire de La Roche-sur-Yon (1811-1940)

    Les archives de l'établissement pénitentiaire sont composées essentiellement de registres d'écrou qui constituent à eux seuls une mine d'informations sur la population carcérale puisqu'ils précisent pour chaque détenu leur état civil, leur origine sociale, leur description morphologique, leur profession et degré d'instruction, le motif, la durée et la destination d'incarcération, etc. Seuls deux carnets d'ordres de service (1921-1930) renseignent sur le fonctionnement de l'administration pénitentiaire, et il faut consulter la sous-série 1 Y (fonds de la préfecture) pour en parfaire la compréhension. Il en est de même pour le personnel pénitentiaire qu'on ne découvre que sommairement par l'unique registre matricule des agents de surveillance [1879-1930].

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