• Bibliothèque du Haras national de La Roche-sur-Yon

    La bibliothèque du Haras national de La Roche-sur-Yon complète le fonds d'archives coté 5 ETP.

    Comprenant 163 monographies et plus de soixante titres de périodiques, elle permet d'appréhender de manière globale le monde du cheval : les revues et ouvrages généralistes constituent une porte d'entrée dans l'univers équin ; le développement de l'élevage est abordé à travers des manuels, des ouvrages sur les différentes races et, plus spécifiquement, sur ce qui constitue la raison d'être des Haras, à savoir la définition et la mise en oeuvre de la politique d'orientation de l'élevage des équidés (génétique, reproduction, identification, généalogie, avec entre autres des stud-books) ; enfin une troisième partie traite des sports équestres et des courses hippiques, avec, principalement, des calendriers, programmes et comptes rendus des événenements. À noter pour ses très belles gravures, dont certaines en couleurs, l'ouvrage du baron Faverot de Kerbrech, général de division et écuyer de Napoléon III, intitulé "L'art de conduire et d'atteler, autrefois, aujourd'hui", paru en 1903 (BIB ATLAS 47).

    La partie locale, bien que peu importante, présente cependant des pièces intéressantes. À signaler par exemple : un numéro spécial (n° XXIX, 2e trim. 1991) de la revue "303" (BIB C 1148), consacré au cheval dans les Pays-de-la-Loire ; quelques ouvrages sur les races mulassières poitevines (baudet et autres) et sur le Haras de La Roche-sur-Yon, en particulier le mémoire universitaire de Martial Caillaud "Le dépôt d'étalons de La Roche-sur-Yon : création, mission et fonctionnement d'une administration (1846-1914)" (BIB MEM 831) ; et enfin un bel album consacré aux "Chevaux vendéens" daté du début du XXe siècle (BIB D 668/2) et un "Stud-book vendéen et charentais", illustré, de 1913 (BIB ADM C 151).

  • Bibliothèque du château de la Jordronnière : périodiques
  • Bibliothèque de théologie pastorale et d'histoire religieuse

    La bibliothèque du grand séminaire est spécialisée en sciences philosophiques et théologiques.
    Le lot donné aux Archives de Vendée comporte 113 volumes, tant anciens que modernes, de théologie, d'histoire et de belles-lettres, ainsi que 4 titres de périodiques. Parmi cette collection figure le "Manuale sacrarum caeremoniarum" (1646) du grand prieur de Maillezais, dom Baudry, le bréviaire édité en 1767 par Mgr Gaultier d'Ancyse, le "Recueil de fables..." satiriques de l'abbé Lamontagne (1883), des pièces littéraires en vers ou en prose écrites par des prêtres vendéens et plusieurs ouvrages rares sur l'histoire religieuse du diocèse.
    Les lettres pastorales, circulaires et mandements imprimés des évêques de Luçon (1821-1933) forment l'ensemble documentaire le plus intéressant du fonds. Ils ont été numérisés puis océrisés, avant d'être mis à la disposition des chercheurs.

  • Collection de tracts et d'éphémères (fin XIXe-à nos jours)

    Sont appelées "littérature éphémère", les publications imprimées, ou modestement ronéotées, qui, en raison de leur contenu et de leur présentation matérielle, ne peuvent être considérées ni comme des livres, ni comme des périodiques. Elles ne justifient pas un traitement à la pièce, mais, regroupées, elles peuvent constituer des ensembles d'un grand intérêt.

    On en distingue deux grandes catégories : les prospectus édités à des fins publicitaires ou de communication et distribués gratuitement ; les feuilles d'information d'intérêt ponctuel et immédiat comme les horaires, tarifs, programmes, calendriers, tracts, etc.

    La collecte de ces écrits est difficile car leur diffusion passe par de multiples réseaux (guichets des administrations, caisses des commerçants, distribution dans les boites aux lettres ou sur la voie publique, etc.) Il en résulte que cette démarche est le fruit d'une action volontariste, et qu'elle ne peut prétendre à l'exhaustivité. La collecte est ainsi assurée essentiellement par le personnel des Archives départementales.

    La logique de constitution de ces ensembles documentaires, artificiels et ouverts, détermine la particularité de la description en articles factices. La répartition par auteurs a été privilégiée afin d'accompagner l'historien dans sa compréhension de ces sources particulièrement sujettes à caution, spécialement lorsqu'elles sont distribuées en période de guerre et de troubles politiques, parfois simplement d'élections locales... Sans oublier que ces écrits échappent pour la plupart aux contrôles inhérents à l'édition traditionnelle.

    Source primaire de l'histoire, ces publications permettent d'étudier un contexte politique particulier (Occupation, mai 1968) ou l'organisation et le fonctionnement de tel ou tel organisme public ou privé. Sur le plan local, elles constituent une source importante pour l'histoire du tourisme. Souvent très illustrées, elles sont enfin une réserve iconographique.

  • Travaux universitaires

    Depuis 1949, les chercheurs, ayant utilisé des sources d'archives, sont invités à déposer le résultat de leurs travaux, qu'ils soient dactylographiés ou imprimés, à la bibliothèque du service d'archives fréquenté (circulaire de la Direction des archives de France, AD 49-3 du 10 mars 1949 et AD 49-5 du 23 avril 1949).
    Dans ce cadre, les Archives de la Vendée ont réuni une collection de plus de 650 mémoires universitaires sur des thèmes et des périodes historiques variés.
    Cette collection est en constante évolution, de nouveaux travaux de recherche enrichissent périodiquement ce fonds par don individuel ou collectif (don de la faculté de géographie de l'Université de Nantes en 2012, don de l'Ecole nationale d'architecture de Nantes en 2014).

  • Revue du Bas-Poitou : présentation des articles (1888-1900)

    Revue trimestrielle publiée de 1888 à 1972, la "Revue du Bas-Poitou" est d'abord imprimée à Vannes (Impr. Lafolye) de 1888 à 1910, puis à Fontenay-le-Comte (Impr. Lussaud). A partir de 1962, elle s'intitule "Revue du Bas-Poitou et des provinces de l'Ouest". Elle comprend une table alphabétique des auteurs et des matières pour les années 1888-1930. Fondée par René Vallette, qui en fut également le propriétaire et l'animateur jusqu'à sa mort, la revue est ensuite administrée par Jacques de Maupeou jusqu'en 1953. Après une interruption de publication en 1954 et 1955 due à des difficultés financières, la revue repart sous la direction de Louis Chaigne et Louis Merle en 1957, jusqu'à 1972, date de son arrêt définitif.

    RENÉ VALLETTE

    Issu d'une famille de Fontenay-le-Comte (son père, Clément Vallette, fin lettré, fut avocat et maire de la ville sous le Second Empire), René Vallette (Fontenay-le-Comte, 1854 - Saint-Germain-l'Aiguiller, 1939) fait des études juridiques à Poitiers, puis revient dans sa ville natale où il se consacre entièrement à l'écriture. Fervent catholique et monarchiste, il publie d'abord des articles politiques dans des journaux nationaux et locaux, puis des articles plus spécifiquement consacrés à sa région dans des revues locales (telles que la "Revue poitevine et saintongeaise" ou la "Revue historique de l'Ouest"). Il est également l'auteur des "Chroniques de Bas-Poitou", qui traitent de l'actualité et de l'histoire, qu'il rédige jusqu'à sa mort. En 1900, il quitte Fontenay-le-Comte et s'installe dans le logis de Beauregard, à Saint-Germain-l'Aiguiller, érigé en lieu de rassemblement des élites intellectuelles de la région qui participeront à l'élaboration de la "Revue du Bas-Poitou"

    NAISSANCE DE LA REVUE

    La "Revue du Bas-Poitou" voit le jour à la fin du XIXe siècle, époque où apparaissent de nombreuses revues régionales. Les régions entendent en effet défendre leur identité et leurs valeurs, mises à mal par une République centralisatrice et la civilisation industrielle. Vallette se veut le porte-parole de l'histoire et des traditions du pays vendéen. Il s'entoure des érudits locaux de son temps partageant ses valeurs (Octave de Rochebrune, Alphonse de Châteaubriant, ..), mais aussi de personnalités de bords opposés (les républicains Benjamin Fillon et Marcel Baudouin, le poète athée Auguste Barrau, ...).

    CONTENU DE LA REVUE

    La "Revue du Bas-Poitou", éclectique, aborde tous les sujets : archéologie, arts, littérature, actualité culturelle et mondaine, histoire, etc. Concernant cette dernière thématique, la guerre de Vendée y occupe une place emblématique, car symbolique du projet affiché de défense des valeurs traditionnelles vendéennes. Seule est absente l'actualité politique (si l'on excepte l'évocation des luttes religieuses et de la Première Guerre mondiale). L'intérêt de la revue réside également dans la variété des travaux exposés (éditions de documents inédits, état d'avancement de recherches, résultats de fouilles archéologiques, comptes rendus bibliographiques, discours, etc.)

  • Documents iconographiques issus de la bibliothèque historique

    Ce catalogue a pour but de reproduire et de décrire une sélection d'illustrations, d'intérêt local, issues de la bibliothèque historique des Archives départementales de la Vendée.
    Dans ce fonds riche et varié sont représentés des portraits de personnages originaires de Vendée ou ayant un lien avec le département, des monuments et des lieux, publics, privés ou religieux, et des scènes historiques ou de la vie quotidienne. A ces documents, s'ajoutent des armoiries de municipalités, des cartes concernant la Vendée et des plans de communes du département.

    Ce catalogue se révèle une source intéressante pour illustrer une recherche sur un personnage. Il vient également compléter les catalogues des documents des cartes et plans, ceux des plans d'édifices et les collections de cartes postales.

  • Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée

    La Société d'émulation de la Vendée, à l'instar des autres sociétés savantes qui fleurissent au XIXe siècle, regroupe des érudits, des membres du clergé et des notables locaux avides de progrès et d'innovations, intéressés par la vie du département et désireux de mettre leurs efforts en commun afin de le promouvoir et de l'étudier.



    AUX ORIGINES DE LA SOCIETE D'EMULATION DE LA VENDEE

    Dans la séance tenue le 7 juillet 1854 par le bureau du comice agricole de La Roche-sur-Yon, Boby de La Chapelle, préfet du département, fait connaître les statuts d'une société qu'il souhaite former en Vendée, dont le " but est le développement de l'agriculture dans ses branches diverses, l'encouragement et le progrès de l'industrie, des lettres, des sciences et des arts. " Cette organisation, appelée Société d'émulation de la Vendée, se subdivise en trois groupes : Section d'agriculture ; Section d'horticulture et d'arboriculture ; Section des sciences et des arts.

    Mais qu'est-ce qu'une " société d'émulation " ? Le développement des sociétés savantes au cours du XIXe siècle s'inscrit dans la continuité des lieux de réunions informels, les salons, ou organisés, les académies et les bureaux d'encouragement à l'industrie et au commerce, qui virent le jour aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les académies, qui recrutaient par cooptation, travaillaient en séances au cours desquelles leurs membres donnaient des communications. Elles élargissaient leur audience en animant un réseau de correspondants et assuraient leur promotion en organisant des concours. Supprimées sous la Révolution, ces compagnies furent rétablies sous l'Empire et la Restauration mais leur vocation encyclopédique était alors désuète. De 1830 à 1850, une quarantaine de sociétés nouvelles voient le jour, principalement en province, bien que leur implantation soit très inégale. Prenons l'exemple des sociétés d'émulation. Si la plus ancienne, celle de l'Ain, est fondée en 1755, la plupart le seront au cours de la première moitié du XIXe siècle (une quinzaine est recensée à la veille de 1939). Elles s'implantent uniquement dans la moitié nord de la France, principalement dans l'Est, et apparaissent tardivement dans l'Ouest comme en témoigne l'exemple vendéen. Suivant le modèle des sociétés d'agriculture, plutôt que celui des sociétés d'histoire et d'archéologie plus tardives et plus littéraires, leurs membres se distinguent par leur intérêt pour l'agriculture, l'industrie et le commerce.

    Henri de Puiberneau, conseiller général et président du comice agricole de La Roche-sur-Yon, prend la tête de la Société d'émulation de la Vendée qui compte plus de 300 membres fondateurs. Les listes des membres, publiées très régulièrement jusqu'en 1922, puis périodiquement, ou sous forme de recensement des nouveaux adhérents, de 1949 à 1987, permettent d'apprécier la composition de l'association et des instances dirigeantes. Encore aujourd'hui se trouvent parmi les membres et les collaborateurs de nombreux universitaires, des conservateurs du patrimoine, des spécialistes, des autodidactes passionnés et éclairés...

    La Société se promet aussitôt d'organiser des conférences ainsi que des visites et, par son bulletin, d'être un lien entre les sections. Une assemblée générale annuelle réunit les sociétaires.

    Le premier volume de comptes rendus des travaux paraît en 1855, imprimé par Ivonnet à Napoléon (La Roche-sur-Yon), sous le titre d' " Annuaire... " soulignant une périodicité qui n'a jamais changé. Ce nom perdure de nos jours en dépit de changements réguliers (1). Les volumes s'ouvriront par un court almanach jusqu'en 1882 (interruption de 1863 et 1872). Cent-dix-huit volumes, riches de la qualité et de la diversité de plusieurs centaines d'articles, seront édités entre 1854 et 1993. Des stocks sont disponibles depuis 1949, en vente au siège de la Société (14 r Haxo, 85000 La Roche-sur-Yon).

    Les collections et la bibliothèque de l'association, constituées principalement par des dons et des échanges avec d'autres sociétés savantes, sont installées rue Haxo à partir de 1925.



    CENT-QUARANTE ANS D'ACTIVITES

    Au cours de ces cinquante premières années, par l'écho des manifestations et des travaux des comices agricoles et les écrits d'Alasonière, officier vétérinaire au dépôt d'étalons de La Roche-sur-Yon, la Société d'émulation encourage la modernisation de l'agriculture. A partir des années 1870, une lente transformation est perceptible même si la Société conserve son titre.

    Sous l'impulsion de l'archiviste paléographe Paul Marchegay, relayé par Louis de La Boutetière, Charles Mourain de Sourdeval, puis Eugène Louis et Alexandre Bitton, la Société réserve très tôt une grande place à la publication de documents inédits, chartes, lettres, mémoires et récits. La collection d'éditions de textes, parue sous le titre " Recherches historiques sur le département de la Vendée ", constitue, entre 1857 et 1878, un élément central de la revue.

    Jusqu'à sa mort en 1880, Ferdinand Baudry, archéologue et curé du Bernard, y fait part quant à lui des trouvailles qu'il effectue au lieu dit de Troussepoil. A partir de 1901, et pendant près d'un demi-siècle, c'est le docteur Marcel Baudouin, érudit éclectique et prolixe, qui alimente la rubrique archéologique. Il laisse une bibliographie impressionnante de plusieurs dizaines d'articles dont les descriptions demeurent précieuses bien que ses explications, parfois farfelues, appellent généralement des réserves. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Roger Joussaume et Jean-Loïc Le Quellec, brillants vulgarisateurs scientifiques, contribueront largement à la connaissance de la préhistoire de la Vendée.

    A partir de 1914, la Société d'émulation est dans la tourmente. La Première Guerre mondiale porte un coup d'arrêt à la publication qui ne reprendra qu'en 1922 avec un caractère résolument plus littéraire. Par son contenu, elle se rapproche alors de la " Revue du Bas-Poitou ", l'autre publication départementale.

    Puis, peu à peu, la Société se consacre presque essentiellement à l'histoire de la Vendée, en privilégiant la diffusion d'études originales et la promotion de travaux en préparation. On ne saurait citer tous les sujets qui sont traités. A titre d'exemple évoquons les notices communales de Léon Audé, les travaux de Guy de Raigniac sur les familles ou de Louis Troussier sur Noirmoutier et l'histoire des Sables-d'Olonne par Henri Renaud.

    Dans les années trente, la revue réserve quelques pages très utiles à la diffusion de la liste des monuments classés ou inscrits parmi les monuments historiques. L'idée sera reprise dans les bulletins de 1983, 1984 et 1988.

    Ayant cru un temps profiter de l'avènement du régionalisme, la Société est vite déçue et doit interrompre sa publication de 1942 à 1949.

    Un élargissement des domaines de recherche est initié dans le bulletin de 1966-1967, aussitôt dépassé par l'expérience novatrice des bulletins de 1968 et 1969, parus sous le titre prometteur de " Vendée 2000 ". La publication se veut alors " l'instrument de connaissances des réalités politiques, économiques et sociales du département dans le temps [...], l'information permanente de tout ce qui concourt à l'expansion et au devenir du département... " Les géographes, comme Jean Renard ou Fernand Verger, qui jusque-là occupaient une place réduite, s'imposent alors avec des questions de géographie physique, de géographie humaine et d'aménagement du territoire. Du fait de difficultés financières la parenthèse " Vendée 2000 " est fermée dès la livraison de 1970-1971.

    Un dernier bulletin paraît dans la forme classique en 1990. Dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de 1793, la Société publie un numéro spécial en 1993 sous la forme d'un recueil de mémoires et de journaux inédits intitulé " Les oubliés de la Guerre de Vendée " (tient lieu d'annuaire pour 1991 et 1992).

    La Société d'émulation compte aujourd'hui plus de 270 membres titulaires, auxquels elle propose des activités variées : des conférences, des publications, des visites commentées de sites et une revue annuelle publiée depuis 1994 sous le titre " Recherches vendéennes ".



    LA SOCIETE D'EMULATION ET LES ARCHIVES DEPARTEMENTALES

    La collaboration fructueuse qui lie traditionnellement la Société aux archivistes du département est illustrée par leur présence au sein du bureau, leurs nombreuses contributions et la publication de synthèses sur les entrées et l'activité des Archives départementales. Au milieu des années 1990, la Société d'émulation a servi de laboratoire pour expérimenter la numérisation de manuscrits et d'imprimés, ouvrant ainsi la voie aux chantiers massifs de reproduction numérique initiés par les Archives de la Vendée et bien d'autres départements. Cette expérience a abouti à la publication de six cédéroms. La Société et les Archives coopèrent actuellement à la création de dictionnaires historiques. Sans abandonner la revue, l'association s'associe au développement de nouveaux outils de recherche et de partage du savoir, en s'appuyant sur un réseau de fidèles qui participent à son essor.

    La Société a eu le souci constant de réaliser périodiquement des tables : années 1854-1869 publiées en 1871, années 1871-1880 diffusées en 1880, puis compilées et complétées jusqu'en 1900 en 1902, et années 1901-1953 parues en 1954.

    Elle a entrepris en 2006 l'analyse intégrale de sa publication annuelle. Ce travail a été accompli pour la période 1854-1932 par François-Xavier Brochard sous la direction du Comité des dictionnaires de la Société, composé de Françoise Baudat, Thierry Heckmann et Pierre-Yannick Legal. Une convention passée en août 2007 entre le Conseil général de la Vendée et la Société d'émulation prévoit la publication électronique des travaux de la Société sur le site internet des Archives départementales. C'est dans ce cadre qu'a été intégré le travail de description, portant sur les 80 premières années de la revue (1854-1932).

    Les bibliothécaires des Archives, Françoise Jaunas et Emmanuelle Roy, ont poursuivi le travail de mise en valeur jusqu'en 1990 avec la collaboration d'Ingrid Ninot.



    (1) La revue s'intitule : " Bulletin périodique : histoire, lettres, sciences, arts, agriculture - Société d'émulation de la Vendée " en 1905 et de 1912 à 1922 ; " Annuaire - Société d'émulation de la Vendée " de 1923 à 1956 ; " Société d'émulation de la Vendée : revue d'études historiques et archéologiques " de 1958 à 1965 ; " Annuaire - Société d'émulation de la Vendée " en 1966/1967 ; " Vendée 2000 " en 1968 et 1969 ; " Société d'émulation de la Vendée " à partir de 1970/1971, la mention d'annuaire réapparaissant en 1976 ; " Recherches vendéennes : annuaire de la Société d'émulation de la Vendée " depuis 1994.

  • Recherches vendéennes : présentation des articles (1994-2016)

    Cette base de données se compose des notices des articles publiés annuellement dans la revue "Recherches vendéennes" depuis 1994, soit plus de 450 notices. Chaque bulletin y est analysé de la manière la plus exhaustive possible à l'exception des éditoriaux et comptes rendus de lecture.

    Les "Recherches vendéennes" sont nées en 1994 à la création du Centre vendéen de recherches historiques (CVRH), qui a proposé à la Société d'émulation de la Vendée (SEV) de donner plus d'ampleur à sa revue, plutôt que de la doubler d'une publication différente. Les deux institutions en sont donc coéditrices et ont choisi ensemble pour la diriger Alain Gérard - auquel Michel Chamard succède en 2012, puis Pierre Legal en 2014 - et Thierry Heckmann, l'un directeur du CVRH, et l'autre directeur des Archives départementales. La revue offre aux chercheurs le moyen de faire connaître leurs travaux et publie aussi des textes inédits, organisant chaque livraison autour d'un thème principal, voire sous forme de numéro spécial. "Recherches vendéennes" a pris la suite de l' "Annuaire de la société d'émulation de la Vendée", périodique paru sans interruption depuis 1854.

    La base d'articles est un outil de recherche sur l'histoire de la Vendée, mais aussi un véritable observatoire qui participe à la veille scientifique de cette thématique. Outre les services normalement rendus par un recensement thématique de ce type, elle permet d'évaluer les forces et les faiblesses de la recherche, d'y repérer les thèmes et problématiques émergents ou immergents.

  • Catalogue bibliographique sur la société agricole du Centre-Ouest

    Ce catalogue est un instrument de travail voulant favoriser la recherche en histoire agricole. Dans l'esprit du guide de recherche réalisé pour le département de la Vienne*, il s'attache à présenter la documentation imprimée, sur le thème de l'agriculture et de la vie rurale, disponible aux Archives départementales de la Vendée.

    Les sources imprimées et la bibliographie foisonnantes nous ont contraints à limiter notre présentation à la Vendée et aux départements voisins, dans la limite des deux régions administratives : Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes. De même, ce catalogue ne couvre que la période dite 'contemporaine', des dernières années du XVIIIe siècle à nos jours.

    Nous avons également renoncé à donner la liste exhaustive des articles relatifs à l'agriculture publiés dans l'Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée (BIB PC 16). Cette association, créée en 1854 pour le développement de l'agriculture, en a publiés un nombre trop important. Cependant, ces études, parues entre 1854 à 1932, ont fait l'objet d'une présentation détaillée consultable, en ligne, sous le titre 'Société d'Émulation de la Vendée : présentation des articles'.

    * BIB B 3284 - La société agricole de la Vienne (XIXe-XXe siècles) / dir. Frédéric Chauvaud ; collab. Samuel Arlaud, Jean-Marie Augustin, Christian Bonneau [et al.]. – La Crèche (79) : Geste éd., 2001. – 331 p.

  • Catalogue bibliographique des élections politiques

    Le catalogue s'attache à présenter, de façon chronologique, la documentation imprimée, sur le thème des élections, disponible aux Archives départementales de la Vendée : dispositions légales, matériel électoral, études sur les scrutins, listes d'élus, etc.

  • Catalogue bibliographique des sources du droit

    L'expression "sources du droit" désigne l'ensemble des textes qui contribuent ou ont contribué à créer les règles juridiques applicables dans un État à un moment donné (le droit positif). Dans les pays de droit écrit, comme la France, les principales sources du droit sont les traités internationaux, la constitution, les lois et les règlements. Cependant, d'autres sources sont admises, comme la coutume, la jurisprudence et la doctrine.

    Cet ensemble de textes, officiel et obligatoire, constitue la base de la bibliothèque administrative des Archives départementales. Apparue dès 1837 dans la réglementation, l'obligation de recevoir les publications des lois et décrets et toutes les publications administratives du département est rappelée régulièrement.

    Ce catalogue s'attache à livrer quelques clés permettant de s'orienter plus rapidement au sein des données juridiques conservées aux Archives de la Vendée et de trouver plus vite la ou les données recherchées. C'est pourquoi, outre les textes cités ci-dessus, des dictionnaires de droit et une courte sélection d'ouvrages sur l'histoire du droit et des institutions ont été ajoutés.

  • Bibliothèque du vicomte Paul de Chabot

    Le vicomte de Chabot a laissé une bibliothèque d'histoire au riche fonds vendéen, dont les livres, souvent rares, sont reliés avec soin et dorés d'un motif héraldique caractéristique, le chabot (un poisson).

    Nous ne présentons ici qu'une partie de cette bibliothèque constituée uniquement de brochures et de tirés à part d'articles parus dans des revues historiques.

    A l'exception d'une quinzaine de brochures ayant trait à la famille de Chabot, l'ensemble du fonds est dédié à la "Littérature vendéenne" dont les fondements remontent au début du soulèvement vendéen lui-même et qui, depuis ce moment, n'a cessé de s'enrichir.
    Il peut être partagé en deux parties. D'une part, Paul de Chabot s'est intéressé aux sources imprimées des insurrections de 1793, 1815 et 1832 : récits des combattants, rapports des représentants du peuple en mission, souvenirs ou mémoires des témoins oculaires et de leurs descendants, auxquels nous lions les publications ayant trait au souvenir de la guerre de Vendée (visites princières, cérémonies commémoratives, littérature, etc.) Ce premier groupe représente deux cinquièmes du fonds. Il est entièrement accessible soit en ligne, soit dans la salle de lecture des Archives de la Vendée (cotes de renvois vers la bibliothèque des Archives.) D'autre part, le collectionneur a réuni des ouvrages et articles de revue, publiés jusqu'aux années 1960, pour livrer au public quelque trouvaille, un document inédit, envisager un fait sous un jour nouveau ou s'indigner des conclusions d'autres publications. Ces écrits sont souvent inspirés par la fidélité au soulèvement de 1793. Le courant héritier des Vendéens est en effet ici très représenté. Animé par des religieux, comme l'abbé Uzureau ou l'abbé Bossard, et des érudits locaux, appuyé par les sociétés savantes de la région, il publie une foule d'études ponctuelles pour la plupart toujours utiles. Ce second groupe est pour partie seulement accessible ; certains travaux ne concernant pas la Vendée ont été écartés.

  • Catalogue bibliographique des biographies collectives imprimées

    Le catalogue s'attache à présenter, de façon thématique, les répertoires de biographies collectives disponibles aux Archives départementales de la Vendée.

    Tous les dictionnaires alphabétiques et méthodiques, ainsi que les ouvrages comportant des tables des personnes étudiées, y sont signalés. Ces recueils présentent des notices plus ou moins scientifiques et plus ou moins complètes. Certains ne mentionnent que quelques renseignements essentiels, à l'exemple du 'Who's who', et d'autres sont très détaillés. La plupart des simples états nominatifs ont été écartés de la sélection. Grâce au logiciel documentaire, vous les retrouverez en demandant : 'Liste de noms'.

    COMMENT RECHERCHER LA BIOGRAPHIE D'UNE PERSONNE AUX ARCHIVES DE VENDEE ?

    Pour trouver la biographie d'une personne, on peut :

    - Interroger les bases de données du logiciel documentaire grâce aux requêtes suivantes :

    Biographie ET 'Clemenceau, Georges' ; 'Dictionnaire biographique' ET Canada ; 'Dictionnaire biographique' ET art ; 'Eloge funèbre' ET 'Yole, Jean' ;

    - Consulter le fichier matière de la bibliothèque au nom de la personne : 'Rabelais, François' ;

    - Consulter le présent catalogue.

    A NOTER

    Pour le détail des tomaisons des publications en plusieurs volumes, voir les notices bibliographiques complètes présentes dans les bases générales de la bibliothèque.

  • Catalogue des instruments de recherche imprimés des services d'archives territoriaux français, conservés aux Archives de la Vendée

    Une large diffusion des instruments de recherche apparaît comme la seule possibilité de faire connaître les ressources d'un service. Suivant ce principe, la pratique veut que les services d'archives départementaux envoient un exemplaire des instruments de recherche qu'ils publient à tous les autres départements. Ainsi, les Archives de la Vendée ont réuni une importante collection d'inventaires, répertoires et guides de recherche.

    La première moitié de ces instruments de recherche, provenant des services départementaux de l'Ain à la Moselle, a été intégrée au fonds général de la bibliothèque.

    Ce catalogue présente les outils distribués par :

    - les Archives départementales, du département de la Nièvre à celui du Val d'Oise (suivant l'ordre minéralogique) ;

    - les départements d'Outre-Mer ;

    - les services d'archives communaux de toute la France ;

    - les services d'archives des établissements hospitaliers de toute la France.

    La consultation de ces instruments de recherche peut aider à repérer les sources complémentaires à celles conservées aux Archives de la Vendée ou à préparer un déplacement dans un autre service.

  • Catalogue bibliographique des almanachs et annuaires

    Ce catalogue s'attache à présenter la collection d'almanachs et d'annuaires conservée aux Archives départementales de la Vendée.

    L'almanach est un calendrier qui compile les fêtes de l'année, le cours de la lune, un abrégé d'histoire, des anecdotes sur Paris et la Cour, des informations administratives, des conseils sur les récoltes, des remèdes, des indications sur l'astrologie, etc. En ce sens, l'almanach a un contenu plus varié que l'annuaire qui comprend des renseignements administratifs ou professionnels.

    L'almanach échappe au régime normal de la librairie (privilèges et censure) et, de fait, au contrôle de l'Etat et de l'Eglise. Cette liberté explique, entre autres, la présentation fréquente des signes du zodiaque. L'almanach est souvent rédigé par des imprimeurs et des typographes qui répètent le contenu de publications antérieures. Best-seller des publications populaires, il participe à l'initiation de la population à la lecture et à la transmission de la tradition.

    Au fil du temps, le nom d'almanach s'étend à une foule d'imprimés publiés annuellement avec un calendrier en tête et dont le but est de donner au public des renseignements utiles, comme l'Almanach royal. Ces publications, plus élaborées, sont les ancêtres des annuaires administratifs.

  • Catalogue chronologique des journaux

    Le catalogue chronologique des journaux conservés aux Archives de la Vendée recense, par grandes périodes historiques, les titres de la presse nationale, régionale et locale, politique et d'information générale.

    Pour chaque périodique sont indiqués sa cote, son titre, sa périodicité et les années possédées. Lorsqu'une collection est close, les dates extrêmes sont indiquées, sinon la première date possédée est suivie du nombre 9999.

    Lorsqu'un titre comprend plusieurs cotes (la cote est déterminée par le format du journal), nous mentionnons uniquement la ou les cotes de la période concernée.

    Certains titres peuvent être lacunaires. Pour connaître l'état précis de la collection et pour demander la consultation d'un article, il est nécessaire de se reporter aux états de collections.

    La presse spécialisée non politique, les journaux paraissant moins de deux fois par mois et les magazines ont été écartés de ce catalogue. Ils sont tous recensés sur notre logiciel de recherche documentaire.

  • 15 J - Travaux Bouron sur les communes de Vendée

    Ce fonds est constitué des notes de M. Bouron. Elles ne sont pas le fruit de travaux originaux, mais la compilation de données publiées dans la Revue du Bas-Poitou, dans l'annuaire de la Société d'Emulation de la Vendée ou dans Le Phare pour les articles du Dr Marcel Baudouin. La plupart du temps, ces données sont reprises sans indication de source.

    La première partie concerne les communes de Vendée présentées par ordre alphabétique (15 J 1-292). Les notes qui composent ces dossiers permettent, pour chaque commune, de connaître sa situation géographique et géologique, l'étymologie de son nom, les découvertes archéologiques propres à retracer la préhistoire et l'histoire ancienne, les événements survenus pendant les guerres de religion et la guerre de Vendée, les faits majeurs, les légendes, les familles célèbres et les personnalités, les sites et monuments remarquables. Elles donnent en revanche peu d'indications sur l'histoire contemporaine.

    La deuxième partie de ce fonds est constituée de notes et de coupures de presse concernant l'histoire et la géographie de la Vendée (15 J 293-314) et de la France (15 J 315). Elle est présentée sous la rubrique " Enseignement, Culture, Sports et loisirs ".

  • 7 J 7-18 - Travaux de Pierre Prouzeau sur Velluire et sa région

    Le présent inventaire (articles 7 J 7 à 18) réunit les divers travaux de P. Prouzeau sur l'histoire de la région de Velluire, berceau de sa famille. Ayant réalisé parfois plusieurs éditions d'un même travail, il en a confié ses différentes versions.

    Tous les travaux de Pierre Prouzeau ont été donnés aux Archives départementales par leur auteur et réunis dans un fonds coté 7 J. La partie consacrée à la généalogie de certaines familles de cette région est cotée 7 J 1 à 6 ; vous en retrouverez la description sous le thème "Notaires, Gestion du patrimoine, Familles".

  • 3 J - Fonds Boissy d'Anglas (commissaire extraordinaire en Vendée, 1813-1817)

    Ce fonds est en grande partie constitué de la correspondance adressée par les différentes administrations de la Vendée et des départements limitrophes (Loire-Inférieure, Deux-Sèvres, Vienne, Charente-Inférieure) au sénateur François-Antoine Boissy d'Anglas, dans le cadre de sa mission de commissaire extraordinaire de l'Empereur dans la 12e division militaire en 1814.

    Boissy-d'Anglas, comme les 21 autres commissaires extraordinaires, est nommé par l'empereur le 26 décembre 1813. Ces commissaires sont chargés de diriger les opérations de défense dans les divisions militaires : accélérer la levée des hommes et des chevaux, l'équipement et l'armement des troupes et d'organiser la garde nationale. Face à la coalition des anglais, des russes et des autrichiens, l'objectif de Napoléon est de traiter la "paix dans l'honneur".

    La campagne de France débute à la fin du mois de janvier : les 60.000 hommes des troupes napoléoniennes doivent faire face à des troupes coalisées près de dix foix plus nombreuses. Sur le front est, Napoléon tente lui-même à la tête de ses troupes, de défendre Paris. Dans le sud-ouest, les anglais et les espagnols venus d'Espagne atteignent Toulouse au début du mois d'avril 1814. La "révolution du 12 mars" à Bordeaux porte un comité royaliste à la tête de la ville. La ville se rend sans même résister : c'est un sérieux revers pour Napoléon.

    Dans la 12e division militaire, Boissy d'Anglas installé à La Rochelle, suit la progression de la coalition dans le sud-ouest et tente de juguler la menace d'insurrection royaliste. Ce fonds permet de suivre quasi quotidiennement l'évolution de la situation qui conduira à la chute de l'Empire. Dans chaque article, les lettres ont été classées par correspondant, puis chronologiquement.

  • 257 J - Archives de la Société de charité maternelle de La Roche-sur-Yon

    Ce petit fonds d'archives nous permet entre autres de connaître toutes les décisions prises par cette société de 1868 à 1916 et les membres qui la composaient.

  • Amis de l'Ile de Noirmoutier : 5 D - Fonds des établissements charitables

    Les archives des établissements charitables de Noirmoutier ont été déposées aux Amis lors de la fermeture de l'hôpital en 1990. Le plan de classement de ces archives a été légèrement revu pour mettre en valeur les pièces propres à chacun de ces établissements.

    Ainsi la première partie présente les documents généraux communs à ces 4 établissements, ce sont principalement des pièces relatives aux commissions administratives et à la gestion des biens ; la deuxième partie, la plus riche, traite de l'hôpital notamment son personnel, ses finances et ses malades; la troisième du bureau de bienfaisance et la quatrième rassemble les quelques pièces relatives à la salle d'asile et à l'orphelinat.

    Bien que très lacunaire, ce fonds permet de mesurer l'originalité de l'organisation des établissements charitables dans l'île de Noirmoutier.

  • 1 R - Recrutement de l'armée (an IX-1942)

    La sous-série 1 R est constituée de deux fonds distincts. D'une part, des papiers proviennent de la préfecture, ce sont les dossiers de l'administration civile relatifs aux opérations du recrutement. D'autre part, les registres matricules sont toujours versés régulièrement par l'Armée de Terre.

    Cette sous-série est la plus importante de la série R qui traite des affaires militaires dans son ensemble. Composée en grande partie de registres, elle occupe 73 mètres linéaires de rayonnage.

    Dans un premier temps, seuls les registres de conscription et les registres matricules ont été cotés en sous-série 1 R. Les autres dossiers ont été intégrés par la suite, ce qui explique la cotation non continue de la sous-série.


    Fonds de la préfecture

    En tête du fonds de la préfecture sont placés les dossiers relatifs aux écoles militaires. Il s'agit essentiellement de listes de candidats vendéens ainsi que de leurs demandes d'attribution de bourse d'études. Les sociétés de préparation militaire regroupent, quant à elles, les écoles d'enfants de troupe, les sociétés de tir et les bataillons scolaires. Ces structures ont pour but de favoriser l'instruction militaire en dehors des cadres de l'armée.

    La partie la plus importante du fonds préfectoral est toutefois consacrée au recrutement de l'armée. Celui-ci se déroule en deux opérations successives : la conscription, puis la décision du conseil de révision. La conscription consiste à recenser les jeunes gens qui ont atteint l'âge légal pour le service militaire. Produits par les autorités civiles, les registres de conscription sont établis dans le cadre des circonscriptions administratives : département, arrondissement et canton. On en distingue deux grandes catégories : les listes pour le tirage au sort et les listes de conscrits.

    Les listes dressées pour le tirage au sort permettent de désigner les futurs conscrits. Elles apparaissent sous différents noms : tableaux généraux des conscrits, listes du tirage au sort des jeunes gens... Les mentions de l'état civil ainsi que la décision motivée du conseil de révision y sont consignées.

    Les listes de conscrits contiennent les noms de ceux qui doivent être effectivement incorporés, sous le nom de « listes départementales du contingent ». Elles comportent les mentions d'état civil, le numéro de tirage au sort, les signalement et nom du remplaçant qu'il est possible de s'acheter jusqu'en 1872. A partir de cette date, le service militaire obligatoire pour tous est instauré, le tirage au sort ne détermine plus désormais que la durée du service : cinq ans pour ceux qui ont tiré un « mauvais numéro », un an pour les autres. Les listes départementales du contingent sont également remplacées par celles du recrutement cantonal (mention de l'état civil, tirage au sort, exemption...). Ces dernières sont jointes aux listes de tirage au sort pour ne plus constituer qu'un volume par année à partir de 1881. Enfin, la loi du 21 mars 1905 supprime définitivement le tirage au sort et instaure un service militaire obligatoire pour tous de deux ans ; seuls les tableaux de recensement cantonaux restent alors en vigueur.

    Les listes de recensement dressées par les autorités civiles sont ensuite soumises au conseil de révision qui prend à l'égard de chaque homme une décision basée sur son aptitude physique au service militaire. On trouvera ainsi les listes des membres du conseil de révision, mais aussi les dossiers de ses séances. Les procès-verbaux fourniront, d'une manière plus concise, les décisions prises pour chaque homme. Une place particulière est accordée, par ailleurs, à la Première Guerre mondiale. Effectivement, pendant cette période, le conseil de révision se réunit exceptionnellement, en plus des séances ordinaires, pour réexaminer le cas des exemptés et réformés des classes précédentes. Des sursis sont également accordés aux membres de certaines professions.

    Enfin, chaque année, les opérations de l'appel font l'objet d'un rapport que le préfet adresse au ministre de la Guerre. On y trouvera des informations sur le déroulement des opérations du recrutement sur le territoire du département, mais aussi des renseignements statistiques sur les jeunes gens d'une même classe : taille, niveau d'instruction, profession, maladie.


    Fonds de l'Armée de Terre

    A côté d'un premier fonds d'archives préfectorales, le second provient de l'Armée de Terre. Les registres matricules sont effectivement tenus par l'Armée et versés, au bout de 75 ans, aux Archives départementales. C'est leur caractère départemental qui fonde cette mesure. Ce fonds constitue, par ailleurs, la partie non close de la série R puisque, tous les ans, l'Armée de Terre continue à verser aux Archives départementales une année de registres matricules. A partir de la classe 1940, ces derniers rejoindront la série W (archives contemporaines).

    Les registres matricules concernent uniquement les hommes qui ont accompli leur service militaire. Pour le département de la Vendée, ces registres débutent avec la classe 1865 (jeunes gens nés en 1845). On y trouvera le signalement et les états de service de chaque recrue : état civil du conscrit, renseignements sur son physique, décision du conseil de révision, corps d'affectation, adresses domiciliaires successives lors de son passage en position de réserviste, campagnes militaires, blessures, état de santé, éventuelles décorations, mesures disciplinaires et condamnations judiciaires.

    Les registres sont tenus par classe (année des 20 ans) et par bureau de recrutement (ressort géographique du lieu de résidence au même âge). A partir de la classe 1867, ils sont systématiquement complétés par des tables alphabétiques annuelles. Celles-ci donnent le numéro matricule de la personne qui est reporté sur les registres eux-mêmes.


    On constatera donc que les deux fonds de la sous-série 1 R constituent une source précieuse pour la connaissance de la population masculine du département tout au long du XIXe siècle et jusqu'en 1940.

  • 5 X - Assurances sociales (1923-1945)

    Assurances sociales

    Les lois du 5 avril 1928 et du 30 avril 1930 mettent en place un système d'assurances sociales obligatoires pour les salariés dont la rémunération annuelle ne dépasse pas un seuil maximal fixé par la loi. Ces assurances couvrent les risques de maladie, d'invalidité prématurée, de vieillesse, de décès et comportent une participation aux charges de famille, de maternité et de chômage involontaire par manque de travail. L'employeur a l'obligation d'affilier ses salariés et de verser 10% de leurs salaires à titre de cotisations. Celles-ci sont pour moitié à la charge de l'employeur et pour moitié à la charge du salarié.
    Ce système est dans un premier temps géré par l'Office départemental des assurances sociales qui laisse place, en 1930, au Service départemental des assurances sociales. Par souci d'économie, les services départementaux sont regroupés en 1935 pour former les Services régionaux des assurances sociales. Ces services successifs sont chargés de l'immatriculation des assurés sociaux, du contrôle des versements et de leur répartition entre les différentes caisses primaires.

    Les cotisations sont encaissées par la Caisse départementale des assurances sociales qui ventile ces fonds suivants les indications des services départementaux puis régionaux. Elle peut aussi faire fonction de caisse primaire et, à ce titre, verser des prestations aux assurés sociaux. Les caisses primaires agissent sous le contrôle et la responsabilité de la Caisse départementale. Elles peuvent couvrir tout ou partie des risques couverts par les assurances sociales.

    Ce nouveau système modifie profondément le système invalidité-retraite mis en place en 1910 avec les retraites ouvrières et paysannes (voir 3 X).
    Il ne remet toutefois pas en question les systèmes préexistants, qu'ils ressortent de l'intervention de l'Etat comme l'assistance médicale gratuite car les assurances sociales ne s'adressent qu'à la population ouvrière, ou qu'ils ressortent de la solidarité comme la mutualité qui permet d'apporter un complément aux prestations des assurances sociales.

    Ce système est de nouveau profondément remanié par les ordonnances d'octobre et novembre 1945 qui créent la Sécurité sociale (voir en série W).

    Les Archives de la Vendée disposent d'environ 0,3 m.l. de dossiers relatifs à l'instauration des assurances sociales, au fonctionnement et à l'évolution du service dans le département.

    Allocations familiales

    Les allocations familiales apparaissent après la première guerre mondiale. Elles sont alors versées par le patron suivant son bon vouloir. Dans certains secteurs pourtant le succès des allocations passe par l'obligation faite à tous les entrepreneurs de s'y soumettre. Ainsi dès 1922, la loi du 19 décembre impose aux soumissionnaires des marchés de travaux publics passés au nom de l'Etat, des départements et des communes, l'obligation de servir des allocations familiales à leur personnel.

    La loi du 11 mars 1932 abroge celle de 1922. Elle met en place un système d'allocations familiales destinées à tous les ouvriers ou employés ayant des enfants d'âge scolaire à charge. Tous les employeurs sont tenus de s'affilier à une caisse de compensation agréée par le ministère du Travail. Celui-ci fixe aussi les taux minima des allocations par département.
    La loi sur les allocations familiales s'applique progressivement suivant les décrets pris par secteur d'activité. Des mesures particulières sont prises pour les services administratifs départementaux et communaux et le secteur agricole.

    Dans chaque département, une commission locale nommée par arrêté ministériel sur proposition du préfet donne son avis sur toute question relative aux allocations familiales.

    Tous ces éléments de l'organisation du service des allocations familiales se retrouvent dans le fonds du département au travers de documents administratifs. Ils constituent l'essentiel des 0,3 m.l. du fonds. Seule la correspondance nous permet de confronter l'organisation du service et sa pratique.

  • 4 X - Prévoyance sociale (1833-1985)

    Cette sous-série intéresse toutes les formes d'assistance et de prévoyance sociale à caractère facultatif.

    Les sociétés de secours mutuels (SSM)

    L'individualisme prôné par la Révolution touche durement les associations d'assistance mutuelle. Leur fonctionnement comme celui de toutes les associations est soumis à un fort contrôle du pouvoir (loi Le Chapelier, 1791). Il faut attendre la loi du 15 juillet 1850 et le décret du 26 mars 1852 pour voir un réel développement des sociétés de secours mutuels. Leur essor est encore plus grand avec la loi du 1er avril 1898 qui consacre les anciens acquis et ouvre très largement leur champ d'activité. Ce texte distingue plusieurs types de sociétés qui toutes doivent faire l'objet d'une déclaration en préfecture (approuvées, libres, reconnues d'utilité publique), définit les services qu'elles peuvent assurer (assurance maladie, assurance décès, retraite, maternité) et crée une instance supérieure chargée de vérifier leur fonctionnement et de proposer des évolutions : le Conseil supérieur des sociétés de secours mutuels ou Conseil supérieur de la mutualité.

    Les créations de sociétés de secours mutuels en Vendée suivent un mouvement national : sous l'impulsion des pouvoirs publics, nombreuses sont celles créées sous la IIIe République. La situation en Vendée est caractérisée par la faible participation du monde ouvrier à leur création (malgré les titres des sociétés) et un nombre moyen de sociétaires inférieur à la moyenne nationale (111 contre 168). Il faut toutefois souligner la vitalité du mouvement, son adaptation et sa pérennité, ceci grâce à des regroupements comme " L'Union départementale des sociétés de secours mutuels de Vendée " qui en regroupe 87 en 1905.
    Les documents dont nous disposons comportent des renseignements à caractère général sur l'organisation et le fonctionnement des SSM, des statistiques et des dossiers individuels.
    Les statistiques sont celles des sociétés elles-mêmes. Elles sont complétées par les récapitulatifs classés en sous-série 6 M.

    Les dossiers sont ceux de sociétés créées avant 1940 (jusqu'au n°387 du répertoire départemental), quelle que soit leur date de cessation d'activité. Ils sont classés dans l'ordre alphabétique des communes de leur siège social. La moitié seulement de ces dossiers a été conservée. Ils comportent des documents relatifs à la création des sociétés, à leurs statuts et à leur cessation d'activité.

    Les assurances générales

    Dans un premier temps considérés comme toutes les sociétés, les groupements d'assurance se distinguent dans la législation à partir de 1867 : la loi du 24 juillet leur accorde un titre particulier. A partir de cette date, on différencie les sociétés d'assurance sur la vie dont la création est toujours soumise à une obligation de déclaration, des autres qui peuvent désormais être constituées sans autorisation.
    La loi du 11 juillet 1868 crée la caisse d'assurance en cas de décès et la caisse d'assurance en cas d'accident (voir la sous-série 10 M).

    Les sociétés d'assurance peuvent multiplier les offres et adapter leurs services là où les sociétés de secours mutuels sont tenues de garantir les mêmes avantages à tous leurs membres participants.

    Le fonds dont nous disposons concernant les assurances est très restreint (0,15 m.l.) : il est constitué d'enquêtes sur la situation des assurances dans le département et seulement pour la période 1902-1916.

    Les caisses d'épargne

    La première caisse d'épargne en France est créée à Paris en 1818 à l'initiative de Benjamin Delessert. Celui-ci, convaincu de leur rôle social, travaille activement à leur développement et à leur avenir. Il est à l'instigation de la loi du 5 juin 1835 qui permet aux caisses d'épargne d'acquérir le statut d'établissement public, et il instaure le principe de l'intervention de l'Etat. Les caisses d'épargne peuvent à partir de cette date être créées en forme de société anonyme ou suivant la délibération d'un conseil municipal. Une grande latitude est donnée aux conseils généraux et aux conseils municipaux pour faciliter leur création et leur développement en versant par exemple des subventions pour aider au paiement des frais de fonctionnement.
    Elles sont dirigées par un conseil de directeurs élus lors d'une assemblée générale ou nommés par le conseil municipal. La loi fixe pour ces établissements un seuil maximal de dépôt que seules quelques institutions comme les oeuvres de bienfaisance peuvent dépasser après autorisation ministérielle.
    Les caisses d'épargne évoluent au fil du temps pour toucher un public de plus en plus large : en 1861 est lancée l'idée de développer des succursales. Ces établissements offrent à la fois la proximité et la garantie des fonds d'une caisse déjà installée. Malgré quelques tentatives précoces, il faut attendre 1907 pour voir l'ouverture des premières dans le département. Il est vrai que depuis le décret du 23 août 1875, les percepteurs des contributions directes peuvent prêter leur concours à la demande des caisses, après autorisation ministérielle. Ils peuvent alors recevoir les versements et effectuer les remboursements à la seule condition que cette activité ne nuise pas au service de recouvrement. Jusqu'en 1882, les receveurs des postes peuvent obtenir la même autorisation. A cette date sont créées les caisses d'épargne postale.
    La législation relative aux caisses d'épargne est entièrement revue par la loi du 20 juillet 1895. Cette loi crée la Commission supérieure des caisses d'épargne, chargée de les surveiller et d'orienter leur action.
    Dans le département, le fonds de la préfecture relatif aux caisses d'épargne occupe environ 2 m.l. Il est constitué de documents concernant la création et l'organisation des caisses, de statistiques et de dossiers propres à chaque caisse.
    Les statistiques forment environ les deux tiers du fonds. Elles comportent des renseignements relatifs à chaque caisse et les états des comptes annulés. Elles sont complétées par les tableaux récapitulatifs qui prennent place en sous-série 6 M.
    Les dossiers des caisses d'épargne comprennent de la correspondance relative à leur création, à leur fonctionnement et à la nomination de leurs directeurs. Ils couvrent les sept caisses d'épargne du département mais sont très lacunaires. Ces caisses sont implantées sur tout le territoire, d'abord dans les chefs-lieux d'arrondissement puis dans quelques chefs-lieux de canton. Elles ont toutes été créées suivant la volonté des conseils municipaux.

  • 1 X - Administration hospitalière (an II-1956)

    Les documents classés en sous-série 1 X proviennent exclusivement de la préfecture. Ils concernent l'administration des établissements hospitaliers de 1800 à 1940. Conformément à la législation, les archives provenant des établissements hospitaliers prennent place dans la série H-dépôt.

    Le contrôle par la préfecture de la gestion hospitalière porte sur les questions d'administration, de règlement, de personnel, de gestion des biens (dont les bâtiments) et sur la comptabilité. Cela explique le caractère très " administratif " des documents présents dans cette sous-série.

    La première partie est consacrée à des documents communs aux hôpitaux et aux bureaux de bienfaisance. Ces deux types d'établissement représentent les deux versants de l'aide aux indigents : les premiers en accueillant " vieux et malades ", les seconds en distribuant des secours à domicile. Ils sont gérés le plus souvent, au niveau communal par des commissions administratives. La composition et le fonctionnement de ces commissions sont définitivement fixés par les lois des 21 mai 1873 et 5 août 1879. Les changements par rapport à la législation antérieure portent sur le nombre des membres (désormais 6 plus le maire, président de droit) et sur leur mode de nomination (4 sont nommés par le préfet et renouvelés par quart, 2 sont élus par le conseil municipal et suivent le sort de cette assemblée). Le rôle de ces commissions, défini par la loi sur les hôpitaux et hospices de 1851, n'est pas modifié : elles sont " chargées de diriger et de surveiller le service intérieur et extérieur des établissements hospitaliers " (loi du 7 août 1851, article 7). Ainsi leurs délibérations portent sur la gestion de leurs biens, sur leurs budgets et leurs comptes, sur les projets de travaux ; ces commissions nomment aussi les économes, les médecins et les chirurgiens.

    La seconde partie est consacrée aux établissements hospitaliers publics. On dénombre dans le département une vingtaine de ces établissements au cours de la période 1800-1940 (voir la carte hospitalière).

    En 1800, la situation des hôpitaux et hospices est catastrophique. Les tentatives de réforme de la Révolution ont provoqué une désorganisation complète de leurs revenus. En Vendée, il existait à l'époque 6 hôpitaux de fondation plus ou moins ancienne dont ceux de Pouzauges et Montaigu, brûlés et pillés à l'époque révolutionnaire.

    Au cours du XIXe siècle, l'administration pose les bases d'une organisation moderne des établissements hospitaliers. La législation doit permettre d'unifier les pratiques. La loi du 16 vendémiaire an V, rompant avec la tradition de respect de la volonté des fondateurs, confie la surveillance des hôpitaux à l'administration municipale, par l'intermédiaire des commissions administratives. La modification de la composition de ces commissions montre l'influence grandissante de la tutelle du pouvoir central. L'héritage de l'organisation d'Ancien Régime apparaît dans les fondations de lits au bénéfice de telle ou telle commune. Il faut avouer toutefois qu'au vu des documents dont nous disposons, l'application de cette mesure en Vendée semble avoir été assez marginale. Cette réorganisation favorise la création de nouveaux établissements. Dans le département, 12 nouveaux hôpitaux et hospices voient le jour au XIXe siècle, la plupart à l'instigation de généreux bienfaiteurs et 2 au XXe siècle sous l'impulsion des pouvoirs publics.

    Ce mouvement de création semble se confirmer avec la naissance d'établissements privés. Toutefois le relâchement de la tutelle de l'Etat est tel pour ces derniers que nous ne disposons d'aucun document concernant leur administration. Leur existence est confirmée par quelques éléments concernant leur état sanitaire (voir les sous-séries 5 M et 6 M).

    La situation hospitalière en Vendée se caractérise par la présence de plusieurs établissements de statut départemental. En effet, l'hôpital créé au nouveau chef-lieu du département est remis par le ministère de la guerre à l'administration départementale en 1819. Il est à ce titre administré par une commission de surveillance dont les membres sont en partie nommés par le préfet et en partie délégués par le Conseil général. L'hospice de vieillards fondé à Saint-Pierre-du-Chemin, suite à un legs au département, est organisé sur le même modèle administratif. L'asile d'aliénés de La Grimaudière et le préventorium départemental de Longeville sont aussi des établissements départementaux mais pour des raisons différentes. Ils répondent à la demande de spécialisation née du développement des techniques médicales et accueillent des individus de tout le département. Même si l'intérêt des documents concernant ces établissements départementaux reste avant tout administratif, leur statut donne au préfet un droit de regard sur leurs activités, qui nous permet de recueillir quelques données sur l'état sanitaire et la population de ces hôpitaux (voir aussi les rapports des chefs de service dans les délibérations du Conseil général). Ces délibérations du Conseil général nous apportent également un complément d'information sur leur financement et la gestion de leurs biens.

    On pourra aussi consulter la série T en ce qui concerne l'installation d'hôpitaux provisoires dans les collèges et lycées pendant la Première guerre mondiale.

    Sous le terme d'établissement hospitalier on regroupe plusieurs types d'institutions qui se distinguent par la population qu'elles accueillent.

    - Asile d'aliénés : établissement spécialisé chargé d'accueillir et de soigner les individus chez lesquels le dérangement des facultés intellectuelles détruit la liberté et par suite la responsabilité des actes. A partir des années 1930, ces établissements prennent le nom d'hôpitaux psychiatriques.

    Ils connaissent un grand développement avec la loi du 30 juin 1838 qui oblige chaque département à prendre soin de ses aliénés (article 1).

    - Hôpital : établissement qui reçoit et traite les malades et les femmes en couche.

    - Hospice : établissement où sont admis et entretenus les vieillards, les incurables et les enfants assistés.

    La loi du 16 vendémiaire an V règle la question de leurs biens et la manière dont ils seront administrés. La loi sur les hospices et les hôpitaux qui traite des admissions dans ces établissements et de leur administration date du 7 août 1851. Un même établissement peut remplir ces deux missions simultanément, il prend alors le nom d'hôpital-hospice.

    - Préventorium : établissement de cure où sont admis des sujets menacés de tuberculose.

    - Sanatorium : maison de santé située dans des conditions climatiques déterminées, où l'on soigne les tuberculeux.

    Ces deux derniers types d'établissement ont été créés après la loi sur l'assistance aux tuberculeux de 1919.

    - Maison hospitalière : établissement remplissant les mêmes fonctions qu'un hôpital et géré par un bureau de bienfaisance. C'est le cas par exemple à La Châtaigneraie où elle est abusivement qualifiée d'hôpital-hospice (voir 2 X 52).

    - Etablissements privés : quelle que soit leur appellation (hôpital, hospice, asile, orphelinat, maison des pauvres…), ils fonctionnent en toute indépendance sans que leur administration fasse l'objet d'une surveillance particulière. Ils apparaissent parfois dans les enquêtes et les statistiques relatives à l'état sanitaire du département (voir les sous-séries 5 M et 6 M).

  • 2 X - Bureaux de bienfaisance et d'assistance (an IX-1943)

    Les bureaux de bienfaisance sont créés par la loi du 7 frimaire an V mais il faut attendre l'an X pour voir les premiers bureaux se constituer (suite à la circulaire ministérielle de nivôse et à l'arrêté du préfet de la Vendée du 11 pluviôse). Auparavant les secours aux pauvres étaient surtout le fruit de la charité chrétienne, par la paroisse ou par des bienfaiteurs privés.

    Les bureaux de bienfaisance sont destinés à secourir à domicile et en nature les personnes que les circonstances auraient placées dans un état de pauvreté, d'infirmité ou d'abandon et qui en feraient la demande. Dans un premier temps, ils sont organisés au niveau du canton puis ils laissent progressivement la place à des bureaux communaux à partir de 1820-1830. Ils sont gérés par une commission administrative semblable à celle des hôpitaux. Celle-ci est formée de délégués de l'administration nommés par le préfet et de membres élus par les conseils municipaux. Ils sont chargés sous la présidence du maire d'administrer les biens et revenus du bureau, de constituer la liste des personnes à secourir et de désigner l'ordonnateur qui procède aux distributions.
    Les bureaux de bienfaisance sont chargés des secours à domicile. Ils peuvent recevoir les dons et legs destinés aux pauvres. Leur création est soumise selon les périodes à une autorisation préfectorale ou ministérielle. Dans certaines communes, les secours à domicile sont organisés par des bureaux ou comités de charité.
    La loi du 15 juillet 1893 sur l'Assistance médicale gratuite crée des bureaux d'assistance médicale. Dans les communes ne disposant pas d'un bureau de bienfaisance, ces bureaux en font office sous le nom de bureau d'assistance. Leur création n'est soumise à aucune autorisation particulière.

    Au cours du XXe siècle, les fonctions des bureaux de bienfaisance évoluent. Le règlement de 1920 ouvre notamment la voie à de nouvelles formes de secours. Des services externes tels que les consultations de nourrissons, crèches, dispensaires, maisons hospitalières, infirmières-visiteuses, fourneaux alimentaires, ateliers d'assistance par le travail sont créés.
    Après la seconde guerre mondiale, les bureaux de bienfaisance deviennent des Centres Communaux d'Action Sociale (CCAS).

    Le dossier type d'un bureau de bienfaisance constitué à la préfecture renferme des documents relatifs à sa création et au contrôle de sa gestion. En Vendée, ces dossiers nous offrent une collection quasi complète des comptes de gestion jusqu'en 1937 et la plupart des dossiers relatifs à leur création. Pour obtenir des renseignements sur l'activité des bureaux de bienfaisance, il convient de consulter les archives des bureaux eux-mêmes (conservées dans les archives communales). Il est à noter que nombre de bureaux de bienfaisance (68) ont été créés entre 1910 et 1912, suite à l'attribution des biens des anciennes fabriques.

  • Archives des clarisses du monastère de La Roche-sur-Yon
  • Minutier ancien de Chaillé-les-Marais (1605-1806)

    Les analyses des minutes des notaires Pierre Thoumanceau, Charles Jousseaulme, Michel Pimparé (étude A) et Nicolas Gazeau (étude F), sont celles que M. Dominique Chamorin a rédigées à partir du relevé initial réalisé par M. Jaunet, en ajoutant notamment les témoins, les professions et des éléments de contenu.

    Les autres analyses sont celles que M. Jaunet a rédigées en consultant le minutier. Ce relevé concerne tous les contrats de mariage, les testaments, les inventaires de meubles et d'immeubles et les procès-verbaux des assemblées d'habitants ou de paroisse passés devant les notaires en résidence à Chaillé-les-Marais de 1605 à 1819. Ont également été analysés un certain nombre d'actes considérés comme remarquables par leur intérêt historique.

  • 5 ETP - Fonds du haras de La Roche-sur-Yon (1807-2004)

    Ce fonds donne une vision complète du fonctionnement et des activités du haras de La Roche-sur-Yon sur un siècle et demi.

    Les notes de service et les registres d'observations révèlent l'organisation de ce dépôt d'étalons situé au cœur de la ville, lieu de travail mais aussi lieu de vie du directeur, des officiers et des palefreniers. On conserve pour ces derniers les registres-contrôle de 1847 à 1933 ainsi que des dossiers de personnel, riches de renseignements multiples sur leur carrière, leur situation militaire et parfois leurs familles grâce aux attributions de logements de fonction. Les travaux réalisés au haras depuis 1879 sont également illustrés de plans.
    On suit la marche globale du dépôt d'étalons grâce aux rapports aux préfets et aux inspecteurs généraux, ou dans la correspondance au ministre de l'Agriculture. Les monographies sur l'élevage en Vendée, les préparations aux conférences et les articles de presse réunis par le directeur constituent également des éléments d'information sur les activités du haras.
    Les registres et dossiers d'étalons, agrémentés parfois de photos que complète la collection de photos des étalons du haras, permet l'étude des étalons nationaux. La collection de 184 ml de carnets à souche de saillies pourra aussi servir à constituer la généalogie des chevaux de la région. Ces documents additionnés à ceux des concours d'élevage sont une source formidable pour l'histoire locale du cheval. Ils rendent compte de l'évolution des races et des sélections effectuées dans la circonscription sous l'effet des primes d'encouragement à l'élevage. Quant aux dossiers des stations de monte, ils donnent une idée des pratiques d'élevage locales.

    On peut dresser une histoire des courses dans la circonscription grâce à la correspondance, aux déclarations et aux documents comptables des sociétés organisatrices. Des dossiers similaires pour les sociétés hippiques, les associations équestres, les établissements professionnels témoignent des utilisations locales du cheval. La pratique sportive et touristique est également bien illustrée, ainsi que l'organisation des compétitions ; signalons ici les programmes et résultats des concours internationaux de saut d'obstacles organisés à La Baule, ou encore les listes d'obtention des brevets d'équitation de la circonscription de 1962 à 1988.

  • H - Clergé régulier (1007-XIXe s.)

    La série H contient le fonds médiéval des Archives de la Vendée ; chaque ensemble, les abbayes, les prieurés, les commanderies et les couvents, est organisé par ordre alphabétique. Les pièces les plus anciennes sont des chartes et pancartes des XIe et XIIIe siècles des prieurés bénédictins Saint-Saturnin de Sigournais,, Saint-Lienne de La Roche-sur-Yon et Saint-Martin-de-Brem.

    Les fonds des abbayes sont très inégaux en nombre d'articles. Breuil-Herbaud, Les Fontenelles, Lieu-Dieu-en-Jard, Nieul-sur-l'Autize, La Grâce-Dieu, Orouet et Turpenay ne comptent chacune qu'un seul article, et parfois un nombre restreint de pièces. Pour Breuil-Herbaud, il s'agit uniquement de plans du XVIIIe siècle ; quant aux Fontenelles, les pièces sont principalement des analyses du XIXe siècle et non des documents originaux.

    En revanche, les abbayes de Boisgrolland (47 art.), Orbestier (47 art.), Saint-Michel-en-l'Herm (22 art.) et Talmont (31 art.) constituent des fonds plus importants.
    Toutefois, d'une manière générale, les fonds nous renseignent davantage sur la vie temporelle que sur la vie spirituelle des abbayes. Un seul registre d'actes capitulaires est conservé (Saint-Michel-en-l'Herm), tandis que les pièces sur les offices claustraux mettent principalement en évidence les biens gérés par ces derniers (Saint-Michel-en-l'Herm et Talmont). Les nombreux aveux, déclarations roturières, censiers et registres d'assises nous donnent surtout l'image de seigneurie ecclésiastique, tandis que des séries chronologiques relativement complètes de registres de recettes et de dépenses nous renseignent précisément sur la gestion matérielle de leurs biens. Leur activité dans le domaine du dessèchement des marais est également manifeste (Angles ; Moreilles ; Saint-Michel-en-l'Herm). Il faut noter aussi des procès-verbaux de visite fournissant d'intéressants états des lieux à une date donnée (Angles ; Boisgrolland ; prieuré de Bellenoue ; prieuré de Commequiers ; commanderie de Champgillon ; commanderie de Féolette).

    Parmi les prieurés se distinguent plus particulièrement les fonds de Saint-Pierre de Cheffois, ainsi que ceux de trois dépendances de l'abbaye de Marmoutier, près de Tours : Saint-Jean-l'Évangéliste de Fontaines-en-Talmondais, Saint-Lienne de La Roche-sur-Yon, Saint-Martin de Brem.. Enfin l'implantation urbaine reste une caractéristique des couvents d'hommes et de femmes : les capucins et les bénédictines des Sables-d'Olonne, les cordeliers d'Olonne-sur-Mer, les carmes de La Flocellière, les dominicains de La Châtaigneraie, les jacobins et les religieuses de Sainte-Catherine de Beauvoir-sur-Mer, l'Union chrétienne et les ursulines de Luçon, les cordeliers, les jacobins, les jésuites, les lazaristes, l'Union Chrétienne ainsi que les religieuses de Notre-Dame, Sainte-Catherine et Saint-François de Fontenay-le-Comte.

    Les archives des hôpitaux de Fontenay-le-Comte, de Luçon et des Sables-d'Olonne (H 254-255 et H Supplément de l'ancien récolement) sont maintenant intégrées à la sous-série H dépôt.

  • EDépôt 92 2II9 - Jean Besly (1572-1644), le premier historien du Poitou

    Ce volume comprend un ensemble de pièces réunies par Benjamin Fillon et intéressant l'historien Jean Besly et à sa famille.

    Il contient des minutes originales qui, sauf mentions contraires, ont été instrumentées à Fontenay-le-Comte par les notaires suivants : Julien Baudon, Nicolas Benesteau, Pierre Bonnet, Pierre Doucet, David Grignon, Nicolas Joly, Jean Lymonneau, Mathurin Marchandeau, François Mesnard, Jean Robert, Pierre Robert, Claude Rousseau.

    Pièces remarquables : ses contrats de mariages ( 23 fév. 1599, 17 sept. 1609) ; l'inventaire de sa bibliothèque, dressé par Besly lui-même (8 juillet 1610) ; la visite du grand autel de l'église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte (15 janvier 1620).

  • EDépôt 92 2II8 - Famille Tiraqueau (1482-1788)

    Dans ce volume, Benjamin Fillon a rassemblé des pièces concernant la famille du jurisconsulte fontenaisien André Tiraqueau (v.1480-1558), sa nombreuse progéniture, son frère François et la descendance de celui-ci.

    Le fonds réunit des minutes originales des notaires suivants :

    - notaires de Fontenay-le-Comte : David Ballard, Julien Baudon, Benesteau, Pierre Bonnet, Pierre Charrieu, Louis Chaveau, Jacques Gouyn, David Grignon, Pierre Grignon, Guillaume Joly, Nicolas Joly, Jean Lymonneau, Laurent Lymonneau, Mathurin Marchandeau, François Mesnard, Nicolas Misère, Guillaume Poytier, Etienne Robert, Jean Robert, Pierre Robert, Claude Rousseau, Aubin Tiraqueau, Paul Train.

    - notaires d'autres lieux : Gabriel Alloert, notaire à Chalo-Saint-Mars [Essonne], Bardereau à Montaigu, Picoron à Vouvant, François-Gabriel Mosnay à La Châtaigneuraie, Jean Porcheron à Poitiers, Rulot à La Jaudonnière.

  • EDépôt 92 2II7 - René Moreau, curé de Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, et son temps (1631-1852)

    Benjamin Fillon a rassemblé dans ce volume des pièces sur la vie et l'oeuvre de René Moreau, curé de Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, "saint homme" fontenaisien inspiré par François de Sales. On y trouvera également une série de pièces intéressant l'assistance aux pauvres, le clergé et l'église de Fontenay dans la seconde moitié du XVIIe s., et plusieurs publications de B. Fillon réalisées à partir des documents ainsi réunis.

    On y trouve des minutes originales des notaires suivants :

    - notaires à Fontenay-le-Comte : Julien Baudon, Nicolas Benesteau, Jean Berard, Pierre Bonnet, Jean Fevre, Nicolas Joly, Pierre Robert, Paul Train.

    - autres notaires : Rayneteau à Deffand, Etienne Landryau à Luçon, Richaudeau à Argenton-Château.

  • EDépôt 92 2II6 - Jacques Du Fouilloux et la seigneurie de Bouillé (1390-1781)

    Ce volume est consacré à Jacques Du Fouilloux, ses parents, ses alliés et ses successeurs dans la seigneurie de Bouillé.

    On y trouve des minutes notariales originales des notaires suivants :

    - notaires à Benet : Jacques Cacault, J. Clément

    - à Coulonges-sur-l'Autise (Deux-Sèvres) : Menault Dohis

    - à Fontenay-le-Comte : Jacques Gouyn, David Grignon, Jean Lymonneau, Mathurin Marchandeau, Pierre Robert, N. Rousseau

    - à Maillezais : N. Chabirand

    - à Mirebeau (Vienne) : Brirot, F. Hayraud, René Mestayer

    - à Niort (Deux-Sèvres) : François Angevyn

    - à Oulmes : Bouquin, Bouteron, Jean Bretin, Louis Bretin, Pierre Debouté, Jacques Martin, Renoul

    - à Parthenay (Deux-Sèvres) : Jacques Bon, F. Bureau, De Lafontaine, Olivier

    - au Petit-Château (à Vouvant) : Vincent Camyon

    - à Poitiers : Chauveau, Christofle Ribard, N. Rousseau

    - à La Rochelle : Bounyn

    - à Vieillemont (Vienne) : Dabillé

  • EDépôt 92 1II - Archives historiques de la ville de Fontenay-le-Comte (ensemble de pièces réunies par Benjamin Fillon)

    Recueil chronologique manuscrit de 1300 pièces, actes, cartes, inscriptions lapidaires et portraits réunis par Benjamin Fillon, calligraphiées ou reproduites par Alexandre Bitton, en réponse à une commande de la ville de Fontenay-le-Comte en 1866.

    Les Archives historiques de Fontenay-le-Comte sont composées de neuf recueils de documents classés dans un ordre chronologique strict. Chaque pièce est précédée d'un titre sous forme d'une brève analyse suivie d'une date et d'une référence au document original. Il a semblé pratique de proposer au lecteur de les parcourir sous forme d'une liste, dactylographiée ci-après, constituant un sommaire général qui, à lui seul, fait une centaine de pages. Les renvois correspondent à la pagination adoptée par l'auteur. Celle-ci semble parfois fantaisiste, sans doute en raison du mode de confection des volumes qui visait à calligraphier les textes à la suite pour ne les réunir, dans l'ordre chronologique, que dans un second temps.

    Ces sommaires ne se substituent aucunement aux diverses tables du volume 10, qui comportent par ailleurs quelques imprécisions. Plusieurs thèmes renvoient aux derniers tomes avant d'être signalés dans les volumes les plus anciens. D'autres, au contraire, ne font l'objet d'aucune mention : volonté délibérée ou simple omission ?

    C'est avec la même approximation qu'ont été notées l'origine et la localisation des documents. Les mentions de "copie " ou " d'original ", parfois non précisées, semblent assez peu significatives et la quantité imposante de références complique le travail de vérification. La liste des collections qui ont été dépouillées est dressée à la fin du tome 9. Citons, en plus des fonds privés indiqués plus haut, quelques institutions publiques fréquentées, telles que les Archives nationales, la Bibliothèque nationale, les Archives départementales de la Vendée, de la Vienne, de la Charente-Inférieure, les bibliothèques municipales de Niort, La Rochelle, Nantes, sans oublier bien sûr les archives de la ville de Fontenay-le-Comte.

    Si la plupart des documents choisis par Fillon appellent une exégèse sévère, il n'en reste pas moins que les Archives historiques constituent un ensemble exceptionnel par sa qualité artistique (planches aquarellées, reproductions soignées d'inscriptions et de plans) et par la masse des pièces offertes. Trois volumes (tome VI, 1789-1792, tome VII, 1793, tome VIII, 1794-1805) sont consacrés à la période révolutionnaire, ce qui ne peut étonner, Fontenay, ancienne capitale du Bas-Poitou, étant devenue le chef-lieu du département de la Vendée, qui donna son nom à l'insurrection contre-révolutionnaire, et Benjamin Fillon s'étant toujours montré partisan du régime républicain et jaloux des conquêtes de la Révolution française.

    Les Archives historiques de la ville de Fontenay-le-Comte, "cette belle et riche collection qui restera comme un monument de patience et de savoir ", grâce à leur diffusion, ne seront plus, ainsi que le redoutait Eugène Louis dans l'article nécrologique qu'il consacra à Benjamin Fillon (Annuaire de la Société d'Émulation de la Vendée, 1881, p. 195), "condamnées à attendre des visiteurs sérieux". Les voilà accessibles au grand nombre et confirmant la certitude locale qu'aucune ville du département ne possède une histoire aussi riche et aussi documentée. Cette résurrection ne peut que susciter l'intérêt et le travail des étudiants et des chercheurs pour Fontenay, qui fut l'objet de la passion de Benjamin Fillon.

  • Justices inférieures d'Ancien Régime

    Voir chacun des titres

  • Archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense (Vincennes)

    L'inventaire des archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense à Vincennes réunit quatre fonds d'archives. Trois sont contemporains de la guerre de Vendée (1793-1796) : la correspondance du ministère de la Guerre avec les armées de l'Ouest, les états de situation que ces mêmes armées ont adressés au ministère et les jugements des commissions militaires. Le quatrième fonds date de la Restauration (à partir de 1815) et contient des listes nominatives d'anciens combattants des armées royales dressées dans le cadre d'attribution de gratifications et de pensions. En complément, une vingtaine de mémoires manuscrits sont présentés. Au total, 78 articles conservés au Service historique de la Défense et concernant dans leur intégralité la guerre de Vendée ont été analysés et numérisés en 29.274 vues. Dans un guide des sources rédigé par J. Hussenet et disponible sur le site des Archives départementales de la Vendée, on trouvera également les références à d'autres articles qui concernent partiellement la guerre de Vendée et les soulèvements de 1799, 1815 et 1832 ; ces articles n'ont pas fait l'objet d'une numérisation.

    Etats de situation

    Placés en tête de l'inventaire, des états de situation au nombre de 400 livrent les effectifs des troupes républicaines mobilisées en Vendée entre juin 1793 et mars 1796. La majorité des pièces se présente sous forme de tableaux, parfois très grands, qui peuvent recouvrir des échelons différents de l'armée républicaine. Ainsi des pièces fournissent-elles des chiffres à l'échelle d'un bataillon alors que d'autres, les plus nombreuses, regroupent les effectifs d'une division de l'armée de l'Ouest, voir même de toute l'armée.

    Chaque tableau a été analysé avec l'indication de sa date, de la force armée concernée et de l'effectif total des hommes qui y est noté. Mais les états de situation fournissent bien d'autres informations qui peuvent s'avérer très détaillées : effectifs des officiers et des soldats, nombre de prisonniers, hospitalisés et déserteurs, distinction entre les troupes de garnison et les troupes disponibles ou entre les différents corps d'armée (infanterie, artillerie, cavalerie…), nom des troupes et leur lieu de cantonnement, nombre de chevaux, de pièces d'artillerie et de fusils, etc. En revanche, on ne trouvera pas de noms de soldats républicains, à l'exception de ceux des généraux. Et quand ces derniers ont signé l'état de situation de leur unité, leur nom a été suivi dans l'inventaire du signe °.

    Correspondance active et passive du ministère de la Guerre

    La correspondance active et passive du ministère de la Guerre constitue le fonds le plus volumineux des quatre ; 35 cartons et registres sont publiés, soit plus de 8.500 pièces d'archives analysées et numérisées en 21.872 vues. La correspondance s'étend sur trois ans, entre mars 1793 et mars 1796. Les correspondants du ministère sont les militaires présents sur le terrain (généraux, commissaires des guerres, commandants des places et des bataillons), mais aussi des autorités civiles qu'elles soient nationales ou locales (Convention, Comité de salut public, représentants en mission, administrateurs des départements et des districts). Le fonds contient également des lettres échangées entre généraux, entre représentants en mission, ou entre une administration locale et un général. La quasi-totalité de la correspondance est donc constituée d'échanges entre républicains. A signaler toutefois quelques rares pièces vendéennes transmises au ministère de la Guerre en raison de leur saisie, comme la correspondance du chef vendéen Jaudonnet de Laugrenière (SHD B 5/5-16).

    L'ensemble est classé chronologiquement par armée. Celle de Réserve créée le 1er mars 1793 est transformée, dès le 30 avril, en armée des Côtes de La Rochelle. Le territoire de cette dernière va de l'embouchure de la Gironde jusqu'à celle de la Loire et comprend la rive droite de la Loire depuis Ingrande. Le 2 octobre 1793, l'armée des Côtes de La Rochelle, l'armée de Mayence et une partie de l'armée des Côtes de Brest sont réunies pour former l'armée de l'Ouest jusqu'en 1795. En parallèle, on suit sur des territoires plus au nord l'armée des Côtes puis, à l'issue de sa séparation en deux, l'armée des Côtes de Brest et celle des Côtes de Cherbourg. Enfin en 1795, l'armée de l'Ouest, l'armée des Côtes de Brest et l'armée des Côtes de Cherbourg fusionnent pour former l'armée des Côtes de l'Océan.

    L'inventaire est très détaillé. Toutes les lettres sont analysées, les noms des correspondants indiqués, des citations sont parfois ajoutées. Les pièces sont réparties jour par jour dans un ordre géographique qui, le plus souvent, part de Paris, se rapproche du théâtre de la guerre (Tours, Chinon), puis le contourne par le sud (Saint-Maixent, Niort, Luçon), l'ouest (Les Sables-d'Olonne), et le nord (Nantes, Angers), avant de pénétrer au coeur du pays insurgé. Très nombreuses, les signatures autographes des auteurs des lettres ont été signalées par le signe ° qui suit les noms concernés. Les cachets présentant un intérêt ont été numérisés en couleur et sont même représentés en une seule pièce recomposée lorsqu'ils sont brisés.

    A la fin du XIXe siècle, chaque pièce d'archives a été accompagnée d'un bulletin analytique qui a été également numérisé et placé avant la pièce concernée. Ils existent aussi des bulletins isolés qui contiennent des analyses de lettres transcrites dans des registres de correspondance. Vingt-et-un registres sont présentés dans l'inventaire, ils couvrent essentiellement la période de la guerre de Vendée (1793-1796), mais vont également au-delà avec la correspondance du général Travot entre 1800 et 1803 et celle de la 12e division militaire pendant le soulèvement de mai-juin 1815. On trouvera, en complément, le registre de la procédure judiciaire contre le général Travot aboutissant à sa condamnation à mort le 20 mars 1816.

    Commissions militaires

    Etablies auprès des armées républicaines présentes dans l'Ouest, les commissions militaires adressent au ministère de la Guerre leurs jugements qui se présentent souvent sous forme d'affiches imprimées. Ce sont les jugements des commissions militaires réunies, entre juillet 1793 et décembre 1795, principalement à Niort, Angers, Saumur, Les Sables-d'Olonne, Fontenay-le-Comte, Tours, Nantes, Ancenis, Rennes, Vitré et Le Mans qui ont été analysés. Soit près de 1800 personnes jugées dont les noms sont indiqués dans l'inventaire. Il s'agit de soldats des armées républicaines et de civils vendéens emprisonnés à la suite de combats ou arrêtés sur dénonciation.

    Les militaires sont le plus souvent accusés de vol, désertion et violence, et les sentences vont de la peine de mort à l'acquittement en passant par des années de fers ou de prison. Les condamnations évoluent vers une plus grande clémence à partir de la fin de l'année 1794.

    Pour les Vendéens, on trouvera surtout leurs jugements parmi les archives de la commission militaire de Rennes. Etablie près des armées de l'Ouest et des Côtes de Brest réunies, celle-ci juge à partir de novembre 1793 les Vendéens et les chouans faits prisonniers pendant la Virée de Galerne. Entre les 21 décembre 1793 et 15 février 1794, elle prononce 111 peines de mort.

    Pensions et gratifications attribuées aux anciens combattants des armées royales de l'Ouest

    Sous la Restauration, les anciens combattants de la guerre de Vendée et des insurrections de 1799 et 1815 sont récompensés par l'attribution de pensions et de gratifications. Des états nominatifs sont dressés au niveau départemental, puis envoyés à Paris. Ils sont fort riches en information sur les personnes concernées ou leurs ayants droit : date et lieu de naissance, domicile, profession, état des services et blessures. Au début de la Monarchie de Juillet, les listes sont revues, et la conduite politique postérieure à la Révolution de 1830 peut alors faire l'objet de commentaire. Les états nominatifs se présentent sous forme de tableaux et ont été classés par corps des armées royales ou par département (départements de la Vendée militaire et départements bretons).

    Mémoires

    Enfin vingt-quatre mémoires manuscrits concernant la guerre de Vendée ont été numérisés. Citons ceux des généraux Aubertin, Kléber, Rossignol et Turreau qui ont fait, par ailleurs, l'objet de publications dès le XIXe siècle.

  • 155 Ci - Fonds Laforge
  • S engager pour libérer la France - CNRD 2017-2018

    Depuis 2010, Les Archives départementales de la Vendée mettent à disposition des enseignants et des élèves des documents et des pistes de réflexion pour préparer le Concours national de la Résistance et de la Déportation.
    Pour le thème du concours 2017-2018, ce dossier propose un commentaire historique et une sélection de pièces d'archives et d'études historiques récentes illustrant l'engagement de Vendéennes et de Vendéens pour libérer la France.
    Il permet d'approfondir et d'illustrer certains des axes de réflexion développés au sein de la brochure nationale du CNRD, coordonnée cette année par la Fondation de la France libre sous la responsabilité de M. Tristan Lecoq, Inspecteur général de l'Education nationale [en ligne : https://www.reseau-canope.fr/cnrd/axes/2018].

  • 1 M - Affaires générales et politiques (an VIII-1828)

    Il est seulement publié dans cet inventaire la partie "Affaires générales et politiques" de la sous-série 1 M. Les dossiers de demande de pensions des soldats vendéens ou de leurs veuves sont consultables en version numérisée et disposent de dépouillement pour chacun des articles.

  • Archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales

    A la date du 3 janvier 2018, l'inventaire des archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales constitue un ensemble très conséquent : 86 articles ou parties d'articles contenant 14.387 pièces et représentant 5 mètres linéaires sont numérisés en 25.156 images et décrits dans 1.616 notices. L'inventaire n'est toutefois pas définitivement clos et pourra être enrichi, par la suite, d'articles complémentaires.

    Cette publication s'inscrit dans le cadre d'une convention de partenariat établie entre le Département de la Vendée et les Archives nationales. Celle-ci a été signée en septembre 2016 par Thierry Heckmann, directeur des Archives départementales de la Vendée, et Françoise Banat-Berger, directrice des Archives nationales. Sa mise en œuvre et son suivi ont été assurés aux Archives nationales par Emmanuel Rousseau, directeur des fonds, ainsi que par les responsables des séries d'archives concernées : Marion Veyssière, responsable du Département de la Justice et de l'Intérieur ; Samuel Gibiat, responsable du Département de l'Exécutif et du Législatif, assisté de Cécile Robin ; Geneviève Profit et Henri Pinoteau, conservateurs au Département de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire et de l'Agriculture ; Pascal Riviale, chargé d'études documentaires au Département de l'Education, de la Culture et des Affaires sociales ; Amable Sablon du Corail, responsable du Département du Moyen Age et de l'Ancien Régime ; et Isabelle Aristide, responsable du Département des archives privées.

    Les archives portant sur la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales ont fait l'objet en 2013 d'un guide des sources, disponible en ligne sur le site des Archives de la Vendée (onglet "Clefs pour la recherche", menu "Guides de recherche", mise à jour du guide en janvier 2018). Son auteur, Jacques Hussenet, y recense plus de 400 références. Parmi celles-ci, 86 articles ou parties d'articles répartis dans 17 sous-séries d'archives ont été choisis en vue d'être analysés, numérisés et mis en ligne. C'est également à Jacques Hussenet que l'on doit la description détaillée de l'intégralité des articles sélectionnés, réalisée aux Archives nationales, à partir des originaux. La numérisation en couleur, suivie du contrôle de la qualité de chaque image s'est ensuite effectuée aux Archives de la Vendée.

    Le périmètre couvert par les 86 articles numérisés est large. Chronologiquement, la période englobe bien sûr les années de la guerre de Vendée (mars 1793-février 1795), mais aussi celles qui la précédent et l'expliquent (1790-février 1793) ainsi que celles qui la suivent et s'y rattachent (mars 1795-1799, puis 1809-1816 pour les primes accordées à la reconstruction des maisons). Géographiquement, le territoire de la Vendée dite militaire, réparti sur quatre départements, est couvert : Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique et Deux-Sèvres, complété par celui de la Virée de Galerne jusqu'à Granville. Par ailleurs, le choix a été fait de reproduire les archives par ensemble entier (dossier, sous-dossier ou plaquette), et non par pièces isolées.

    Le plan de classement retenu pour présenter les pièces numérisées suit le cadre de classement des Archives nationales. Les sous-séries concernées sont aujourd'hui conservées dans six départements des Archives nationales, essentiellement dans les deux premiers cités :
    -Département de l'Exécutif et du Législatif : sous-séries AF/II, D/III, D/XXIX et D/XLII
    -Département de la Justice et de l'Intérieur : sous-séries B/II, BB/3, F/1, F/7, F/19 et W
    -Département de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire et de l'Agriculture : articles F/10/268 et F/12/1544/51
    -Département de l'Education, de la Culture et des Affaires sociales : articles F/13/1822
    -Département du Moyen Age et de l'Ancien Régime : articles M/669, T/492, AD/XVIIIc/251 et AD/XVIIIc/306
    -Département des archives privées : article 220AP/1.

    SOUS-SÉRIE AF/II : COMITÉ DE SALUT PUBLIC

    Les archives de la sous-série AF/II constituent, en quantité, la partie la plus importante de l'inventaire avec près de la moitié des pièces présentées (6.760 pièces provenant de 25 articles et numérisées en 10.448 images). Celles-ci ont la particularité d'avoir toutes été montées sur onglets, puis reliées en volumes à couverture cartonnée, appelés plaquettes dont 90 sont reproduites. Un même article pouvant contenir plusieurs plaquettes, leur numéro est systématiquement indiqué en référence dans chaque notice. Il est précisé que la numérisation des pièces montées sur onglets, puis reliées ne s'est pas effectuée à la manière des feuilles volantes. Une pièce de quatre pages est habituellement numérisée en recto/verso, soit deux vues (1ère vue : pages 1-4 ; 2e vue : pages 2-3). Dans le cas d'une pièce également de quatre pages montée sur onglet, la numérisation s'est faite en trois vues (1ère vue : page 1 ; 2e vue : pages 2-3 ; 3e vue : page 4). Il est aussi à noter que des écritures sont parfois occultées par des onglets. Une attention particulière a été portée à ces pièces au moment de leur numérisation pour rendre lisible le maximum de texte, sans altérer leur état matériel. Les plaquettes contiennent également de nombreuses affiches, quelquefois de très grand format, dépliées pour leur reproduction. On ne s'étonnera pas de trouver des plis parfois très marqués visibles sur les images, ce qui peut gêner la lecture de caractères imprimés.

    Les archives réunies dans la sous-série AF/II proviennent des organismes chargés de l'exercice du pouvoir exécutif pendant la Convention. La partie la plus importante est constituée des archives du Comité de Salut public réparties par secteur d'activités : finances, justice, police, relations extérieures, intérieur, missions des représentants du peuple, marine et colonies. Ce sont les missions des représentants du peuple qui nous intéressent ici. Les 90 plaquettes numérisées concernent, d'une part, les missions des représentants du peuple dans les quatre départements de la Vendée militaire (AF/II/115, 119, 143A et 146A ; en tête de chaque article : liste nominative des représentants du peuple) et, d'autre part, les missions des représentants du peuple affectés aux armées (AF/II/264/A à 280). Il s'agit de l'armée des Côtes de La Rochelle créée le 30 avril 1793 dont le périmètre d'action s'étend de l'embouchure de la Gironde à celle de la Loire et comprend la rive droite de la Loire depuis Ingrandes ; de l'armée des Côtes de Brest créée également en 1793 pour le territoire des côtes de la Bretagne jusqu'à l'embouchure de la Loire ; et de l'armée de l'Ouest née le 2 octobre 1793 de la réunion de l'armée des Côtes de La Rochelle, de l'armée de Mayence et d'une partie de l'armée des Côtes de Brest, cette dernière fonctionnant jusqu'en 1795. Pour ces missions près les armées, les pièces sont réparties en trois grands ensembles : une série chronologique (AF/II/264/A à 270/B), une série alphabétique classée par noms des représentants du peuple (AF/II/271 à 276) et une série dite de mélanges (AF/II/277 à 280). Autrement dit, ces trois ensembles sont très complémentaires, et on peut retrouver dans chacun d'eux les missions d'un même représentant du peuple. Ont été ajoutés deux articles relatifs à l'organisation et l'administration militaires (AF/II/202) ainsi qu'au personnel militaire des armées de l'Ouest comprenant notamment des états nominatifs d'officiers (AF/II/293/D).

    Les représentants du peuple sont investis par la Convention de pouvoirs illimités. Missionnés près des armées, leurs mesures couvrent de vastes domaines : levées d'hommes et de chevaux, appel à des renforts, habillement et équipement des troupes, ravitaillement en subsistances, réquisition de grains et de fourrages, hôpitaux militaires, nominations d'officiers, indiscipline, pillages, désertions, soldes et prisonniers de guerre… L'emprisonnement et la libération de suspects et de prisonniers, la lutte contre la chouannerie, la surveillance et la défense de la Loire et des côtes du littoral, l'abattage d'arbres, haies et genêts, les réfugiés patriotes de l'Ouest, l'exercice du culte, l'organisation administrative (directoires, districts, tribunaux, comités révolutionnaires et de surveillance, sociétés populaires, prisons) ainsi que l'approvisionnement et les assignats font aussi partie de leurs prérogatives.

    On suit également les événements de la guerre, en particulier ses premiers mois de mars à juin 1793 (AF/II/265/A à 266 et AF/II/278 à 280), et ceux de la Virée de Galerne d'octobre à décembre 1793 : la montée des Vendéens jusqu'à Granville (AF/II/268 et 275), puis leur retraite qui se termine au Mans et dans les marais de Savenay où le reste de l'armée vendéenne est écrasé (AF/II/276-277). Suivent la paix de la Jaunaye (février 1795, AF/II/270/A et AF/II/280), l'échec du débarquement des émigrés dans la baie de Quiberon (juin-juillet 1795, AF/II/270/B et AF/II/280) et la reprise des hostilités par Charette et Stofflet (juillet 1795, AF/II/270/B et AF/II/280).

    On trouvera également des rapports d'espions et des papiers saisis chez les Vendéens (AF/II/277), la correspondance du général Huché (février-mars 1794, AF/II/278) ainsi que de nombreuses pièces sur la chouannerie (AF/II/280).

    SOUS-SÉRIE B/II : VOTES PLÉBISCITAIRES

    Dans la sous-série B/II, ce sont les procès-verbaux d'acceptation de la Constitution de 1793, dans les quatre départements de la Vendée militaire, et ceux de la Constitution de l'an III, en Vendée seulement, qui ont été numérisés. La Constitution de l'an Ier (1793) qui ne sera pas appliquée, est votée par la Convention le 24 juin 1793. Son approbation par les citoyens réunis en assemblées primaires se déroule principalement à partir de la mi-juillet, mais beaucoup ont déjà quitté le territoire insurgé de leur commune pour se réfugier à Nantes, Poitiers ou Niort. La Constitution de l'an III est adoptée par la Convention le 22 août 1795 (5 fructidor an III).

    SOUS-SÉRIE BB/3 : TRIBUNAUX MILITAIRES ET CRIMINELS

    La série BB des Archives nationales contient les archives du ministère de la Justice, et sa sous-série BB/3 est surtout consacrée aux affaires politiques et criminelles de la Révolution à la Monarchie de Juillet. Les articles numérisés proviennent de tribunaux ou commissions militaires (BB/3/8 : Granville, Laval, Les Sables-d'Olonne et Fontenay-le-Comte) et de tribunaux criminels des départements (BB/3/11 : Nantes et Angers ; BB/3/15 : Niort). Les personnes jugées et condamnées à mort, sauf à de très rares exceptions, sont des civils, membres de l'armée vendéenne ou accusés de complicité avec les insurgés. Les documents se présentent souvent sous la forme d'affiches imprimées.

    Le Service historique de la Défense, à Vincennes, conserve également des archives de commissions militaires que les Archives de la Vendée ont aussi numérisées. On les consultera, sur ce site, dans l'inventaire des archives militaires de la guerre de Vendée. Elles contiennent des jugements de civils, mais aussi beaucoup de jugements de militaires accusés de vol, désertion et violence. Les jugements rendus par d'autres commissions militaires se consultent également sur place, dans les services d'Archives départementales (série L), et parfois en ligne, comme ceux de la commission militaire des Sables-d'Olonne (site des Archives de la Vendée, L 1590).

    SOUS-SÉRIE D : MISSIONS DES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE ET COMITÉS DES ASSEMBLÉES RÉVOLUTIONNAIRES

    Dans la série D, six articles appartenant à trois sous-séries ont été numérisés (2.058 images) : Comité de Législation (D/III), Comité des rapports de la Constituante (D/XXIX) et Comité de Salut public (D/XLII).

    Le Comité de Législation exerçait un travail juridique et législatif et traitait un contentieux administratif et judiciaire d'affaires particulières. A cet égard, on trouve, dans son fonds, des dossiers de dénonciation contre des représentants du peuple. Nous intéressent ici celui des représentants du peuple Hentz et Francastel auxquels est adjoint le général Huché (D/III/348) et celui du représentant Lequinio (D/III/353). Ces dossiers rassemblent, d'une part, des lettres d'accusation et de dénonciation émanant de citoyens, de membres de sociétés populaires ou d'autorités locales et, d'autre part, de la correspondance des représentants du peuple et des arrêtés qu'ils ont pris (sept. 1793-1795).

    Le Comité des rapports de la Constituante avait pour tâche d'enquêter sur les délits, désordres et troubles survenus dans les départements. Le fonds est constitué en majorité de lettres, pétitions, plaintes et dénonciations classées par département. Les articles numérisés concernent les quatre départements de la future Vendée militaire (D/XXIX/8, 14 et 15) et sont riches en information sur les troubles et soulèvements populaires des années 1790-1791 survenus en opposition à la construction du nouveau régime (installation des nouvelles administrations, vente des biens nationaux, serment des prêtres à la Constitution civile). Ils sont à rapprocher des archives de la Police générale des années 1791-1792 (F/7/3682/1, F/7/3690/1 et F/7/3695/1).

    La sous-série D/XLII constitue une petite partie du fonds du Comité de Salut public versé aux Archives nationales au moment de la mise en place du Directoire (brumaire an IV). Il s'agit de dossiers d'affaires considérés alors comme terminées, la majeure partie des archives du Comité de Salut public étant conservée dans la sous-série AF/II. L'article reproduit (D/XLII/3) est un ensemble de pièces rassemblées, semble-t-il, pour les besoins du Comité de Salut public. On y trouve la correspondance de représentants du peuple en mission près les armées, de militaires (généraux et officiers), d'autorités locales et de particuliers. Son intérêt réside aussi dans la présence de 182 lettres émanant de chefs vendéens écrites entre mai 1793 et janvier 1794 et signées Marigny, Sapinaud ou d'Elbée pour n'en citer que quelques-uns.

    SOUS-SÉRIE F/1 : MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR, ADMINISTRATION GÉNÉRALE

    La sous-série F/1a contient des documents d'intérêt général provenant en majorité du Cabinet du ministre de l'Intérieur et du Secrétariat général du ministère. Trois articles ont été reproduits : un concerne l'administration générale de la Vendée de 1790 à 1828 (F/1a/438 : installation des nouvelles administrations, vente des biens nationaux…), les deux autres rassemblent les rapports des commissaires observateurs, Bodson et Petiot, envoyés par le Comité de Salut public en Loire-Inférieure, Vendée et Charente-Inférieure entre juillet et septembre 1793 (F/1a/550-551).

    La sous-série F/1bII est réservée au personnel administratif des départements, arrondissements, districts, cantons et communes. L'article numérisé concerne la Vendée de 1791 à 1800 : nominations, destitutions, remplacements, fonctionnement des institutions, inorganisation des territoires insurgés, rapport sur la situation politique du département… (478 pièces).

    SOUS-SÉRIE F/7 : POLICE GÉNÉRALE

    La sous-série F/7, appelée Police générale, renferme les papiers des autorités chargées des affaires de police au niveau national depuis juillet 1789. Les articles numérisés relatifs à la guerre de Vendée (3.605 vues) proviennent de trois fonds : celui des commissaires de police avec un dossier consacré à la Loire-inférieure (F/7/3289), celui de la statistique personnelle et morale avec trois dossiers pour les départements de Maine-et-Loire, Deux-Sèvres et Vendée (F/7/3682/1, F/7/3690/1 et F/7/3695/1), et celui du Comité de sûreté générale (six articles : F/7/4422 ; F/7/4563-4564 et 4574-4575 ; F/7/4634).

    Les trois articles issus du fonds de la statistique personnelle et morale sont particulièrement intéressants pour les périodes qui précèdent et suivent la guerre de Vendée. Les années 1791 et 1792 sont marquées par des troubles et soulèvements populaires notamment à l'encontre du clergé constitutionnel qui vient de prêter le serment à la Constitution civile du clergé. Les autorités locales en font le récit et réclament aide et secours : région des Mauges, Apremont, Saint-Christophe-du-Ligneron… (Maine-et-Loire : F/7/3682/1 ; Vendée : F/7/3695/1 ; sources complémentaires : sous-série D/XXIX). Et dans les Deux-Sèvres, c'est une insurrection qui éclate en août 1792 dans la région de Bressuire (Maine-et-Loire : F/7/3682/1 et Deux-Sèvres : F/7/3690/1). Pour les années 1797 à 1799, on trouvera des pièces sur la situation politique des anciens territoires insurgés et leur surveillance rapprochée ainsi que sur les craintes d'insurrection.

    Créé par la Convention le 2 octobre 1792, le Comité de Sûreté générale devient, sous la Terreur, le deuxième organe de l'Etat après le Comité de Salut public. Composé de douze membres élus chaque mois par la Convention, il est investi des fonctions de sécurité, surveillance et police, y compris sur les autorités civiles et militaires. Les personnes à juger sont ensuite traduites devant le Tribunal révolutionnaire (sous-série W). En parallèle des archives du Tribunal révolutionnaire, on trouvera donc, dans son fonds, un dossier sur le Comité révolutionnaire de Nantes et Phélippes-Tronjolly, ancien président du Tribunal criminel et révolutionnaire de la Loire-Inférieure (F/7/4422) ainsi qu'un autre sur le représentant Carrier (F/7/4634). Ces dossiers sont à rapprocher des archives judiciaires : articles W/114 (affaire des 132 Nantais et Phélippes-Tronjolly), W/449 (affaire des 132 Nantais expédiés par Carrier au Tribunal révolutionnaire) et W/493 (procès du Comité révolutionnaire de Nantes et de Carrier), mais aussi des publications imprimées de la Convention sur le procès Carrier (AD/XVIIIc/251). Les quatre autres articles numérisés contiennent principalement des arrêtés du Comité de Sûreté générale portant sur des arrestations, détentions et surtout des mises en liberté classés par département (1794-1795, F/7/4563-4564 et 4574-4575). On notera également la présence de pièces sur les débuts de l'insurrection, durant la première quinzaine de mars 1793 (F/7/4575).

    SOUS-SÉRIE F/10 : AGRICULTURE

    L'article numérisé (F/10/268) est consacré à la reconstruction de la Vendée sous l'impulsion de la Commission d'agriculture et des arts, puis du Directoire exécutif (an III - an V). On notera le mémoire sur l'agriculture du département que Cavoleau, futur auteur de la " Description générale du département de la Vendée ", adresse au ministre de l'Intérieur le 29 floréal an IV (18 mai 1796), ainsi qu'un dossier sur les forges et les mines à utiliser pour relever l'agriculture des territoires détruits par la guerre.

    SOUS-SÉRIE F/12 : INDUSTRIE ET COMMERCE

    L'article numérisé (F/12/1544/51) contient les tableaux fixant, pour chaque district du département de la Vendée, le prix des denrées en application des lois du Maximum. La première loi du Maximum votée le 4 mai 1793 fixe un prix de vente maximal, établi et révisable par chaque administration départementale, uniquement pour le blé et la farine. Elle est suivie d'autres lois, dont celle du 29 septembre 1793, beaucoup plus larges, qui imposent un maximum pour un grand nombre de denrées de première nécessité. Les lois du Maximum sont abolies le 4 nivôse an III (24 décembre 1794).

    SOUS-SÉRIE F/13 : BÂTIMENTS CIVILS

    L'article numérisé (F13/1822) rassemble les listes nominatives des propriétaires des départements de la Vendée, de la Loire-Inférieure et des Deux-Sèvres qui ont demandé à bénéficier de la prime accordée pour la reconstruction des maisons détruites par la guerre (1808-1816).

    Lors de son passage en Vendée, les 7 et 8 août 1808, Napoléon observe par lui-même l'étendue des destructions, encore bien visibles. Par un décret daté du 8 août 1808 et pris à Napoléon, nom donné à la ville de La Roche-sur-Yon depuis 1804, il accorde aux Vendéens des aides à la reconstruction. Le département bénéficie d'une exemption d'impôts fonciers durant 15 ans pour les habitations détruites pendant la guerre et reconstruites avant le 1er janvier 1812 ; des primes à la reconstruction sont aussi attribuées aux 2000 premières maisons rebâties. Le décret du 24 février 1811 étend les primes à la reconstruction aux départements de la Loire-Inférieure et des Deux-Sèvres.

    SOUS-SÉRIE F/19 : CULTES

    Dans la sous-série F/19 consacrée aux cultes, les dossiers relatifs aux prêtres réfractaires en 1796 (an IV - an V) dans les quatre départements de la Vendée militaire ont été reproduits : enquêtes, arrestations et détentions.

    SOUS-SÉRIE W : TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

    La sous-série W contient les papiers des tribunaux criminels révolutionnaires centraux. Les articles W/7 à 121 correspondent aux papiers du parquet, ce sont des pièces réunies contre les accusés et remises au parquet entre les mains de l'accusateur public, Fouquier-Tinville, et ses successeurs. Les articles W/279 à 493 comprennent les papiers du greffe du Tribunal révolutionnaire, essentiellement des dossiers de procédure. Créé le 10 mars 1793, le Tribunal révolutionnaire, un des principaux organes de la Terreur, est une juridiction criminelle extraordinaire chargée de juger les conspirateurs et contre-révolutionnaires, sans appel et sans recours au Tribunal de cassation, la sentence exécutoire dans les vingt-quatre heures étant l'acquittement ou la mort. Il est composé de juges et jurés élus par la Convention et d'un accusateur public, également élu, qui représente le parquet. Le décret du 19 floréal an II (8 mai 1794) lui attribue la connaissance exclusive de tous les crimes contre-révolutionnaires quel que soit le lieu où ils ont été commis. Le Tribunal révolutionnaire est supprimé par le décret du 12 prairial an III (31 mai 1795).

    Vingt-et-une affaires relatives à la guerre de Vendée sont numérisées (3.972 images). Les pièces sont conservées sous la forme de liasses ou de plaquettes (voir ci-dessus les indications données sur les modalités de numérisation des plaquettes de la sous-série AF/II) et sont toutes numérotées. Leur ordre a souvent été modifié au profit d'une présentation qui permet de suivre le déroulement chronologique des affaires, de l'arrestation des accusés à leur jugement. On y trouve des mandats d'arrêts, actes d'accusation, procès-verbaux d'incarcération, des témoignages, dénonciations, interrogatoires, assignations de témoins, procès-verbaux des séances du Tribunal, des extraits de délibérations des autorités locales, des mémoires justificatifs manuscrits et imprimés et enfin des jugements. Les papiers saisis comme pièces à conviction, antérieurs aux procès, sont réunis à part dans chaque affaire. On remarquera avec intérêt que c'est là un des rares lieux de conservation de pièces vendéennes avec la documentation propre du Comité de Salut public (voir plus haut la sous-série D/XLII).

    Les affaires sont présentées dans l'ordre numérique des cotes, on y distingue quatre ensembles :
    -Le procès du Comité révolutionnaire de Nantes et du représentant Carrier qui se conclut, le 26 frimaire an III, par l'acquittement d'une trentaine de prévenus et la condamnation à mort de Carrier (W/493) ainsi que les procédures engagées contre l'adjudant-général Hector dit Legros (W/70), et René Ferrand, marinier de Tours (W/71), prévenus de complicité avec le Comité révolutionnaire de Nantes. Sources complémentaires : F/7/4634, AD/XVIIIc/251.

    -L'affaire des 132 Nantais envoyés par Carrier à pied jusqu'à Paris, devant le Tribunal révolutionnaire, et acquittés le 28 fructidor an II et le procès parallèle de Phélippes-Tronjolly, ancien président du Tribunal criminel et révolutionnaire de la Loire-Inférieure (W/113 : dossiers nominatifs des 132 Nantais ; W/114 : trois dossiers de mélanges sur l'affaire des 132 Nantais et le procès de Phélippes-Tronjolly ; W/449 : emprisonnement à Paris et jugement des 132 Nantais). Sources complémentaires : F/7/4422.

    -Six procédures contre des généraux républicains : le général Duhoux, suite à la défaite des Ponts-de-Cé du 19 septembre 1793 (W/27) ; l'adjudant-général Sandoz, suite à la bataille de Luçon du 28 juin 1793 (W/285) ; le général Biron, ancien général en chef de l'armée des Côtes de La Rochelle, condamné à mort le 10 nivôse an II (W/305b) ; le général Marcé, condamné à mort le 9 pluviôse an II, suite à la défaite du 19 mars 1793 contre les Vendéens (W/316) ; le général Quétineau, condamné à mort le 26 ventôse an II, suite à la prise de Thouars par les Vendéens le 5 mai 1793 (W/338) ; le général Beysser, jugé avec les veuves d'Hébert et de Camille Desmoulins, et condamné à mort le 24 germinal an II (W/345).

    -Huit procédures contre des Vendéens : les notables composant le Comité provisoire de Saumur mis en place par les Vendéens après la prise de la ville (W/7) ; Marthe Pouillé, originaire d'Airvault (Deux-Sèvres), accusée de diffuser des documents émanant du Conseil supérieur de Châtillon-sur-Sèvre (W/8) ; six habitants des Mauges et du Saumurois accusés de complicité avec les insurgés vendéens (W/45) ; quatre notables de Fontenay-le-Comte, membres du Comité provisoire établi dans la ville par l'armée vendéenne (W/279) ; six habitants des Ponts-de-Cé, dont cinq officiers municipaux, condamnés à mort le 17 brumaire an II (W/294b) ; François-Jean Pichard dit Dupage, ancien procureur-général-syndic de la Vendée, " convaincu d'avoir été un des principaux auteurs de la guerre de Vendée ", condamné à mort le 9 floréal an II (W/354) ; Pichard-La Caillère et Savary-Calais, membres du " Comité provisoire établi par les Brigands " à Fontenay-le-Comte et acquittés le 23 vendémiaire an III (W/468) ; Jean-Antoine Vial, ancien maire de Chalonnes-sur-Loire, acquitté le 29 vendémiaire an III (W/472).

    SOUS-SÉRIE AD/XVIII : ARCHIVES IMPRIMÉES DES ASSEMBLÉES

    La sous-série AD/XVIII est constituée des archives imprimées du pouvoir législatif de la Révolution à la IVe République. Deux volumes des publications de la Convention sont présentés : le volume AD/XVIIIc/251 contient notamment cinq imprimés sur le procès Carrier ; le volume AD/XVIIIc/306 rassemble 24 imprimés sur la guerre de Vendée (1791-1795) : du rapport d'enquête des commissaires civils Gallois et Gensonné envoyés en Vendée et dans les Deux-Sèvres en août-septembre 1791 au discours de Barère devant la Convention le 1er août 1793, en passant par les mémoires justificatifs de Westermann, Grignon, Sandoz, Turreau et Tuncq…

    SÉRIE M : MÉLANGES

    Parmi les dossiers constitués sur la Révolution dans la série M dite de " Mélanges ", plusieurs concernent la guerre de Vendée et, plus particulièrement, les débuts de l'insurrection de mars à mai 1793 (M/669). Il s'agit sans doute de papiers administratifs trouvés dans les bureaux des ministères et déposés dans la série de " Mélanges ", pendant les tris révolutionnaires. On y trouvera aussi le mémoire présenté, le 1er juillet 1793, au Comité de Salut public par Jean-Antoine Vial, maire de Chalonnes-sur-Loire, sur l'origine de la guerre de Vendée dans les Mauges et les moyens d'y remédier.

    SÉRIE T : PAPIERS SÉQUESTRÉS PENDANT LA RÉVOLUTION

    La série T constituée de papiers privés tombés dans le domaine public rassemble, pour une grande part, des documents séquestrés pendant la Révolution dans le département de la Seine provenant de particuliers émigrés ou condamnés. Dans le cas qui nous intéresse, il s'agit des papiers saisis chez le représentant Carrier à l'occasion de son procès (T/492).

    S'échelonnant d'octobre 1792 à octobre 1794 (vendémiaire an III), ces derniers mêlent correspondance privée et publique et sont principalement répartis en deux ensembles dont la distinction n'est pas toujours apparente : une correspondance dite " politique " et l'autre dite de " l'armée de la Vendée ". Il en ressort les relations de Carrier avec son département d'origine, le Cantal, ainsi que ses missions à Rennes puis à Nantes. Elu député du Cantal à la Convention, Carrier entretient une correspondance avec les autorités du département et notamment la société populaire d'Aurillac qu'il a contribué à créer. En août 1793, il est envoyé par la Convention en mission dans les départements de Bretagne que l'on dit agités par les fédéralistes. Il reste cinq semaines à Rennes, avant d'arriver à Nantes, le 8 octobre 1793, pour cent jours. Il est rappelé à Paris, par le Comité de Salut public, le 8 février 1794. L'acquittement, le 16 octobre 1794, des Nantais envoyés par Carrier devant le Tribunal révolutionnaire à Paris provoque le même jour l'ouverture du procès du Comité révolutionnaire de Nantes, puis celui de Carrier.

    Sources complémentaires. Procès de Carrier, du Comité révolutionnaire de Nantes et de Phélippes-Tronjolly, ancien président du Tribunal criminel et révolutionnaire de la Loire-Inférieure : F/7/4634 (Comité de Sûreté générale), W/70-71, 493 (Tribunal révolutionnaire).

    SÉRIE AP : ARCHIVES PRIVÉES

    Un registre de correspondance du général Willot (octobre-novembre 1795) est conservé dans les archives privées (220AP/1). Arrivé en Vendée le 1er octobre 1795 avec l'Armée des Pyrénées-occidentales pour renforcer l'Armée de l'Ouest, le général Willot prend la tête, dans la nouvelle organisation décidée par Hoche, de la 3e division de l'Armée de l'Ouest basée à Fontenay. Il y reste jusqu'au 15 janvier 1796. On trouvera également sa correspondance parmi celle des généraux de l'Armée de l'Ouest conservée au Service historique de la Défense et disponible, sous forme numérisée, sur ce site (SHD B 5/12 et SHD B 5/34 : octobre 1795-janvier 1796).

    La numérisation des archives de la guerre de Vendée conservées aux Archives nationales se situe dans la continuité d'un autre partenariat que les Archives de la Vendée ont passé avec le Service historique de la Défense. Celui-ci s'est achevé en 2013 par la publication de 50.000 pages disponibles depuis sur le site des Archives de la Vendée. Aux Archives nationales, les documents proviennent des organes centraux de l'Etat à l'époque révolutionnaire : Comité de Salut public, Tribunal révolutionnaire, Police générale... Au Service historique de la Défense, ils proviennent du ministère de la Guerre : correspondance avec les autorités militaires et civiles présentes sur le terrain, effectifs et localisation des troupes républicaines mobilisées en Vendée, jugements de militaires et d'insurgés par des commissions militaires (1793-1796) et listes nominatives des anciens combattants des armées royales dressées pour l'attribution de gratifications et de pensions sous la Restauration. Avec ces deux publications, ce sont les sources majeures de la guerre de la Vendée, dans ses aspects militaires, judiciaires et administratifs que les Archives de la Vendée offrent à la consultation, complétées par des pièces vendéennes conservées dans les fonds publics à la faveur de saisies.

    Malgré tout, beaucoup d'autres sources restent à consulter, sur place, dans les services d'Archives. Pour les fonds parisiens (Archives nationales, Service historique de la Défense et autres fonds d'Ile-de-France), les guides disponibles sur le site des Archives de la Vendée permettent de les identifier aisément et constituent déjà une première approche. Pour les fonds des départements de l'Ouest, on consultera les inventaires des séries L (période révolutionnaire) et J (archives privées). La guerre de Vendée ne manque donc pas d'archives. Souhaitons que leur mise en valeur mette fin aux citations de citation au profit d'une approche directe des pièces authentiques par le public lui-même. La portée de ce meilleur recours aux sources n'est pas mince tant la guerre de Vendée est riche en clés historiques pour l'histoire nationale, locale et familiale.
    Juliette Grison

  • 1 Num 415 - Correspondance et photographies d'Henri Belaud (1914-1918)

    Le fonds est constitué de la correspondance échangée entre Henri Belaud et ses amis et surtout à sa famille (notamment sa femme et son fils) de novembre 1914 à décembre 1918. Elle est complétée par les lettres de ses compagnons militaires et les messages de son beau-frère Léandre Baudry qui écrit aussi à ses parents et à sa sœur. Cette collection de cartes postales est accompagnée de 65 clichés pris par Henri Belaud lors de son expédition sur le Front d'Orient.

    Les mots qu'Henri envoie à ses proches sont relativement brefs et consacrés pour l'essentiel à sa santé, excellente, et aux conditions météorologiques (le froid de l'hiver et la neige à Salonique et les orages ainsi que la chaleur avoisinant les 47° à Monastir). Il évoque peu la guerre et la vie quotidienne dans les campements, comme s'il ne se passait rien sur le Front d'Orient. Henri ne cesse de se demander ce qu'ils font là-bas : il écrit le 31 janvier 1917 de Salonique, " Je me demande de quoi il veulent faire de nous depuis d'un long moi parrès et san tirez un seul coup de canons. Anfaint il faut laissez cuire le mouton ? ", et le 13 juin de Monastir, " Le front est assez calme, le canon c'est tue c'est derniers jours sen savoir que nous faisont ici ".
    Les bribes d'anecdotes qu'il consent à livrer se réduisent à trois actions. Le 15 novembre 1916, il se trouve au port de Marseille : " Notre matérielle est ambarqué sur le Sagres et des cheveaux et quelques hommes " ; le 13 janvier 1917, il annonce la venue à Salonique où il se trouve d'" une inspection du chef d'escadron et lundi celui du colonel inspecteur d'artillerie " ; enfin, le 24 août 1917, Henri écrit que " le feu […] a détruit une partit de Salonique. Il vat falloir surment serrez la ceinture dain crant car il y a beaucoup de marchandise de brulée et il nous faut nourire le civile ". Dans ce dernier épisode, le soldat fait probablement référence au terrible incendie du 18 août qui a ravagé la ville de Salonique dont les vieux quartiers étaient essentiellement construits en bois.
    Au calme apparent régnant sur le Front d'Orient s'oppose l'action et la violence de la campagne de Verdun relatées dans la correspondance de Léandre Baudry, le beau-frère d'Henri. Léandre Henri Elie Baudry est né le 17 juin 1891 à Bazoges-en-Pareds et tout comme Henri, il est cultivateur. Incorporé à compter du 10 octobre 1912 au 27e régiment d'infanterie, à Dijon. Il passe au 408e le 1er avril 1915 (l'illustration de la carte postale du 27 octobre 1916 le représente avec ses camarades du 408e, ainsi que la suivante). Le 7 juin 1915, il écrit " le canon gronde beaucoup et on compte beaucoup sur une attaque ", le 25 juin " je suis encore en 2e ligne pour 3 jours après je passe en 1ère pour 12 jours ", puis le 14 mars 1916 " malgré le dur passage que je viens de me trouver j'aie eut aussi la chance de m'en dire sain et sauf mais malheureusement en y laissant beaucoup de camarades… ". De mai à juin 1915, il reste 34 jours dans les tranchées. Il est moins chanceux que son beau-frère, puisqu'il est porté disparu le 15 juillet 1918, au bois d'Eclisse près de Chaumuzy (Marne). Il est en fait fait prisonnier le 13 juillet 1918 et sera rapatrié lors de l'Armistice.

    Les mots comme les clichés d'Henri Belaud sont dépourvus de violence et ses correspondants se félicitent de cette bonne fortune : " tu es bien mieux que celui qui est dans les tranchées ! ". Equipé de son appareil photo, il prend soin de photographier tout ce qu'il découvre : les vestiges de la Grèce, les rues de Salonique et de Monastir investies par les soldats et les villages perchés dans les montagnes enneigées. Ses camarades du 106e régiment d'artillerie lourde posent également pour lui sur le campement et autour de pièces d'artillerie ou bien sont pris sur le vif en train d'exécuter des travaux agricoles, nécessaires à leur survie. Henri photographie également les différentes populations composant la Macédoine : serbes, bulgares, grecs et albanais apparaissent sur les clichés dans leur costume traditionnel, errant dans les vieux quartiers de Monastir, sous les remparts de la citadelle de Salonique ou tout simplement se tenant devant leur modeste maison. La plupart du temps, ils travaillent dans les champs (culture de maïs), parfois même sous la surveillance d'une unité coloniale.
    Le périple d'Henri Belaud est ainsi restitué en 65 plaques de verre ainsi que grâce aux illustrations des cartes postales qu'il a soigneusement choisies pour sa famille.

  • Paroisses (archives des paroisses et chroniques)

    Cet inventaire réunit des chroniques rédigées par les prêtres desservant les paroisses concernées.

  • Evêchés et chapitres (XVe-XVIIIe siècles)

    Les Archives départementales de la Vendée conservent, en série G, des fonds pour l'évêché et le chapitre de Luçon, et pour la partie vendéenne des évêchés de Maillezais puis de La Rochelle. Ces fonds sont d'inégale importance, celui de Luçon étant le plus volumineux. Des documents provenant du même ensemble sont conservés parmi les Archives diocésaines de Luçon ; certains d'entre eux sont également intégrés à cet inventaire (ils sont repérables à la mention AHDLu).
    En octobre 2017, seules les pièces analysées et numérisées sont présentées ici.

    D'une manière générale, les pièces de la série G, provenant des archives ecclésiastiques saisies à la Révolution, nous renseignent davantage sur les biens détenus par le clergé séculier que sur la vie religieuse d'alors.
    Rien ne subsiste des archives de l'Église constitutionnelle de la Vendée (1791-1793).

    Les autres articles de la série G des Archives de la Vendée, qui font l'objet d'un récolement papier, sont consultables sous forme d'originaux en salle de lecture.

  • Papiers Merlet (1761-1838)

    Artisan principal de l'installation du régime consulaire puis impérial dans le département de la Vendée, Jean-François Merlet en fut préfet de 1800 à 1809. Mettant fin à une période de guerre civile encore larvée, il inaugure un XIXe siècle assez profondément pacifié pour mettre désormais en échec toutes les provocations politiques cherchant à ranimer la guerre civile à la façon de 1793 et 1794.

    Merlet installe avec succès la nouvelle Église concordataire, puis transfère la préfecture de Fontenay à La Roche-sur-Yon en 1804. Il y reçoit Napoléon en août 1808 et rejoint Strasbourg l'année suivante, où il préside désormais une commission chargée de la navigation du Rhin, de Bâle à l'embouchure. Déçu par cette nouvelle charge, il en démissionne en 1812 et il attend vainement un meilleur poste que Napoléon n'a pas le loisir de lui offrir, pas plus que Louis XVIII, qui le reçoit pourtant en audience, sur l'instance de certains de ses anciens administrés de Vendée.

    Jean-François Merlet est un libéral, attaché de tout temps à l'établissement d'un régime constitutionnel. En 1815, cela fait 25 ans que la France en cherche un à tâtons, mais l'arrivée au pouvoir des ultras paraît en menacer l'avenir, et elle compromet aussi définitivement celui de Merlet. Né en 1761, avocat au bailliage de Saumur depuis 1784, Merlet s'est d'abord jeté avec fougue dans la Révolution. Très engagé dans la préparation des États généraux, puis dans l'administration de sa ville où il va créer une société des Amis de la constitution, affiliée au club des Jacobins, il est ensuite procureur syndic du district de Saumur en 1790 et député de Maine-et-Loire en septembre 1791. Élu président de l'Assemblée législative le 7 août 1792, vraisemblablement en raison de son attachement à la constitution, face aux pressions révolutionnaires croissantes, il assiste impuissant à l'écroulement du premier régime constitutionnel de la France. Il s'engage peu après, en mars 1793, contre le soulèvement de la Vendée, qui lui paraît alors un retour en arrière, politiquement plus grave que la fuite en avant soutenue par les débuts de la Terreur.

    La réserve qu'il manifeste par la suite, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Bonaparte, témoigne d'une crise de conscience. Forcé en effet en 1793, de prendre parti, à une heure où toute nuance était impossible, il ne pardonnera pas aux Jacobins, " exaltés " et autres " extravagants ", de l'avoir enrôlé à son insu avec ceux qui allaient perpétrer un crime massif sur la Vendée. Six ans et demi plus tard, le Consulat de Bonaparte signifiait pour la première fois la possibilité d'une rupture avec eux. Il reprend donc avec bonheur du service, et n'a pas de mal à faire reconnaître ses qualités. Il fait preuve en Vendée d'une grande vigilance vis-à-vis des révolutionnaires nostalgiques d'une époque de sang. Persuadé de la volonté de paix de la population, il s'emploie à la conforter. Il n'a de cesse d'en témoigner auprès de ses nombreux correspondants et du gouvernement, car la crainte d'un ressentiment vendéen, toujours susceptible de s'enflammer en soulèvement, est commune à toute la France.

    Sans ménagement pour les fauteurs de troubles, qu'il s'agisse des révolutionnaires aux accusations exagérées, ou des derniers trublions royalistes, ou encore des prêtres refusant le concordat, Merlet sait néanmoins accompagner cette détermination bonapartiste de beaucoup de sollicitude en faveur des victimes de la guerre, des émigrés rentrés, des ecclésiastiques de retour. Il sait faire accepter le régime impérial au point que la conscription y réussit mieux que dans de nombreux autres départements. Cette installation dans la paix est tellement son oeuvre personnelle qu'en 1814, à la chute de Napoléon, les royalistes notoires, brutalement sortis de l'ombre où on les avait relégués, réclamèrent au représentant du roi Louis XVIII venu découvrir les provinces, le retour de Merlet comme préfet de la Vendée.

  • 1 Num 431 - Correspondance de Louis Joguet (1914-1918)

    Le fonds est principalement constitué de la correspondance envoyée par Louis Joguet à sa femme Louise, du 13 décembre 1914 au 27 avril 1918 et pour une raison inconnue, la suite est manquante. Composée de 393 lettres et 541 cartes postales, la correspondance est relativement soutenue ; Louis écrit généralement tous les deux jours et quotidiennement à partir de son arrivée dans les Vosges en mai 1916. A cette période, ses journées de travail sont régulières, ce qui lui laisse toutes ses soirées de libre pour écrire. Cette abondance de lettres nous permet de suivre très précisément son parcours militaire, mais aussi de partager l'histoire de ce couple, finalement peu expressif dans l'intimité. Mariés depuis 9 ans, ils n'ont pas d'enfant mais accueille un jeune garçon, Gabriel Cornu, que Louis évoque de temps à autre dans ses lettres en l'appelant " le polisson ". En avril 1916, Louise est enceinte mais perd l'enfant à la fin de l'été.

    Une certaine routine s'est installée dans le foyer, Louis structure ses écrits toujours de la même manière : après l'immanquable " Ma chère Louise ", il décrit la météo, son quotidien, son travail, se renseigne sur ses affaires professionnelles et commente les nouvelles du pays. Enfin, il conclut toujours par la même formule " je t'embrasse bien fort, L. Joguet ".

    Cette correspondance met en lumière le rôle du vétérinaire pendant la Grande Guerre. Homme de l'ombre, souvent à l'arrière du front, celui-ci a la charge du traitement (blessures et maladies) des animaux et principalement des équidés. Si la présence du cheval est ponctuelle sur les champs de bataille, son emploi reste primordial dans la logistique militaire, et présente l'avantage d'être utilisable sur les terrains accidentés ou boueux, inaccessibles aux véhicules motorisés. Sa présence a également un effet positif sur le moral des troupes, mais elle favorise aussi la transmission de maladies et la dégradation des conditions sanitaires sur le front, causées par le fumier et les carcasses. Décimés par l'artillerie, les animaux souffrent de maladies et subissent comme les hommes les attaques chimiques.

    Le parcours vétérinaire de Louis connaît deux grandes phases : la première de décembre 1914 à février 1917, il est basé dans un cantonnement et assure son service en allant visiter les chevaux des batteries d'artillerie ou des régiments d'infanterie. Il se déplace à cheval et avoue à ses débuts être très peu à l'aise sur l'animal ; ses circuits font généralement une vingtaine de kilomètres et lui permettent de découvrir de somptueux paysages qu'il décrit souvent dans ses lettres (Limousin, Auvergne…). En rejoignant le front de la Somme durant l'été 1915, il découvre les premiers signes de guerre : lignes de tranchées, batteries actives, bruit sourd du canon dans le lointain. Les soldats ont alors ordre de ne plus mentionner de lieux géographiques et Louis indique seulement les initiales des villes où il travaille (14/12/15). Près du front, il assure le service pour 1000 animaux et prend en charge les chevaux de l'infanterie des cantonnements voisins, tout en faisant office de chef de service pour toute la division. Il voit les avions patrouillés au-dessus des lignes et rassure sa femme sur sa situation en lui expliquant qu'il n'est pas trop exposé. Durant cette période, Louis découvre la dure réalité de la guerre : canonnade intense, logement de fortune, il s'habitue malgré tout à cette " misère " et envoie un nombre important de cartes postales, qui illustrent des scènes de guerre ou des dommages matériels dans la Somme. De nombreux soldats britanniques sont basés dans son secteur et il se plaît à raconter à sa femme leurs étranges coutumes. A partir de février 1916, il suit à distance les grands événements qui se déroulent à Verdun (24/02 - 25/02 - 27/02 - 02/03 - 05/03). La dissolution de sa division entraîne son départ dans les Vosges où il rejoint un régiment de chasseurs. En poste pendant 9 mois dans les montagnes vosgiennes, il observe avec curiosité une meute de 400 chiens de traîneau d'Alaska venus épauler les soldats français enlisés sur ce front.

    La seconde phase de son parcours (à partir de février 1917) l'amène à occuper un poste beaucoup plus stable dans un " dépôt de chevaux " à Héricourt en Haute-Saône où les animaux sont regroupés et soignés sur place. A son arrivée, l'infirmerie vétérinaire est en voie d'organisation et il sent immédiatement l'intérêt de travailler dans un tel service. Là où précédemment il effectuait des soins rudimentaires pour remettre sur pied rapidement les chevaux, il a l'occasion au dépôt d'effectuer des opérations intéressantes et d'accroître ses compétences en chirurgie, qui lui seront utiles à son retour dans la vie civile. Durant cette période, la censure se durcit considérablement et 24 de ses lettres ont été contrôlées par l'autorité militaire, ce qui ne l'émeut guère " je n'aime pas raconter ce que je vois " (12/04/17).

    Ses lettres sont aussi l'occasion d'évoquer ses affaires professionnelles et ses finances. Il garde un œil avisé sur son commerce et n'hésite pas à donner des directives à sa femme pour régler les problèmes. Très soucieux par rapport à l'argent, il trouve que sa femme ne fait pas suffisamment attention à son train de vie. Durant l'été 1915, elle part deux mois en villégiature aux Sables-d'Olonne et son mari désapprouve ce voyage " tu oublies trop facilement que nous sommes en guerre [...] Je dépense et ne gagne rien, il faut donc réduire le plus possible tous les moyens de dépense. " (19/08/15). Il estime en outre que son séjour ne lui est aucunement bénéfique vu qu'elle est toujours autant indisposée.

    Louis n'évoque jamais d'amis ou de camarades à Bournezeau, il parle plutôt de connaissances, de clients ou de notables (Forgerit le notaire, Dorie le médecin). Lorsque sa femme est en manque d'argent, il lui suggère d'envoyer les notes de frais aux retardataires, mais lui demande d'agir avec tact et prudence pour laisser du temps aux éprouvés de la guerre (05/08/16).

    Il devient très souvent mélancolique à l'approche de son anniversaire ou de la période du nouvel an. Il apprend avec grande tristesse le décès de sa mère le 3 mai 1917 et s'inquiète aussitôt du sort de son père. Loin d'être un fervent catholique alors que sa femme est très pieuse, il lui signale ses passages à l'église et lui envoie parfois des cartes postales d'édifices religieux.

    Il relate souvent son quotidien de guerre, évoquant des personnages récurrents : son ami le docteur Birotheau, son chef de service Tyot, les officiers avec qui il prend pension, ses deux ordonnances Barthélémy et Py, ainsi que ses trois chevaux : " Paradis ", " Joyau " et une petite jument. Lorsqu'il parle du conflit, Louis est toujours très optimiste, ayant toute confiance dans l'armée française et l'État-major. Eloigné du front et des grandes batailles, il n'est au courant des évènements qu'à travers les journaux et les communiqués officiels. En 1916 quand la bataille de Verdun fait rage, il pense que la guerre finira avec l'été et qu'il sera rentré pour septembre. Il voue une très grande admiration à Georges Clemenceau " notre tigre national " et est persuadé de la victoire finale, lorsque celui-ci est nommé président du conseil en novembre 1917.

    Des photographies, des papiers personnels et militaires complètent l'ensemble. Seules les lettres et les cartes postales les plus intéressantes ont été numérisées (752).

  • 39 W - Dommages de guerre (1940-1966)

    Ce fonds d'archives contient les dossiers d'indemnisation des sinistrés de la Seconde Guerre mondiale. Il concerne autant les biens sinistrés appartenant aux services publics qu'à des particuliers.
    Les bâtiments dont la reconstruction nécessite des moyens financiers de grande ampleur ont fait l'objet de dossiers de priorité nationale pris en charge par l'Etat, pour accélérer l'exécution des travaux et relancer l'activité économique. Ces dossiers sont volumineux et contiennent de nombreux rapports, plans, cartes postales ou photographies qui témoignent des dégâts occasionnés et de leurs circonstances. De nombreuses pièces financières et mémoires d'entreprises décrivent la nature des travaux effectués et leurs coûts.
    Les dossiers qui ont permis aux sinistrés de bénéficier d'une indemnité sont organisés en trois sous-dossiers. Une partie financière se compose des pièces nécessaires à l'exécution du remboursement par la caisse d'indemnité (décisions d'engagement, réquisitions d'émission…). Une partie administrative contient les documents relatifs à la prise en charge des dossiers (déclarations de sinistre, demandes de paiement, renseignements sur les personnes, fiches d'identité). Enfin, une partie technique rassemble les pièces nécessaires à l'évaluation des dommages (factures, devis, etc.), à l'exécution des travaux (plans, permis de construire, etc.) et toutes autres preuves témoignant de la nature des dégâts (photographies, déclarations de témoins, pièces justificatives). Avant 1946, quelques sinistrés avaient déjà entrepris des demandes d'indemnisation sur la base des lois du 11 octobre 1940 et du 12 juillet 1941. Les demandes de paiement, d'allocations et l'apport des pièces justificatives étaient alors effectuées auprès des maires des communes, qui les centralisaient et se chargeaient de les transmettre à la préfecture.
    Ce fonds d'archives dresse un état des lieux des secteurs de l'industrie, du commerce, et de l'artisanat dans le département durant la guerre. Les dossiers renseignent aussi sur les professions des personnes sinistrées. Les petites entreprises familiales sont bien représentées. Cependant, de grandes industries et entreprises locales dans les secteurs de l'agroalimentaire (par exemple, les entreprises Fleury et Michon ou Saupiquet), de l'immobilier, du tourisme, des transports (SNCF, sociétés de chemin de fer), voire de l'industrie pétrolière sont également concernées.
    Ces documents mettent aussi en avant des activités en rapport avec les loisirs ou l'éducation. Ainsi, le fonds des dommages de guerre contient des dossiers de nombreuses colonies de vacances, de sociétés de tir, de sociétés d'éducation populaire, d'associations sportives, etc.
    L'agriculture est également représentée dans ces dossiers où l'on précise la taille des exploitations, la composition des cheptels, le matériel agricole de l'époque.
    De même, la présence de nombreux plans d'architecte permet de comparer les bâtiments agricoles et d'habitation avant leur destruction et après leur reconstruction.
    En outre, on trouve des informations concernant la nature des dommages causés et les activités de l'armée d'occupation : les inventaires et les bons de réquisition permettent d'évaluer ses besoins matériels, et les témoignages des proches des sinistrés peuvent renseigner sur ses mouvements. Enfin, ces dossiers sont également à consulter pour enrichir l'histoire familiale.

    Les dates extrêmes correspondent :
    - Pour la date de début : à la première déclaration de sinistre ou demande d'indemnité, ou à défaut la date d'une pièce justificative (par exemple un bon de réquisition).
    - Pour la date de fin : soit à la décision de remboursement, soit à la décision de classement définitif.

  • 31 Ci - Fonds Philbert Berthomé (Luçon, 1950-1985)

    Philbert Berthomé a déposé lui-même une grande partie de ses films en 2006. Sa fille Michèle Pineault a complété ce dépôt en 2014, afin que l'ensemble des réalisations de son père soit conservé aux Archives départementales, soit 149 films. Sa production est environ pour moitié vendéenne (65 films concernent la Vendée), l'autre moitié portant sur la vie de la famille Berthomé et des voyages à l'étranger.

    Seule la partie vendéenne est inventoriée. Ce présent instrument de recherche couvre ces 65 films. Trois thématiques apparaîssent et constituent le plan de classement : le quotidien et les évolutions urbaines de la ville de Luçon jusque dans les années 1980. Ses "Actualités luçonnaises" annuelles reflètent en effet tous les changements, ainsi que les temps forts festifs ou commémoratifs de "sa ville", différentes manifestations en Vendée, le milieu scolaire avec les images les plus anciennes du fonds (salle de classe à Château-Guibert et départ en colonie de vacances dans les années 1950), enfin le monde agricole et ses évolutions.

  • 198 J - Papiers Valentin Thomas (1921-1946)

    Les "Lettres à Pierrette sur l'astronomie" débutent le 24 août 1930, à la demande du docteur Armand Gombert, désireux d'initier sa fille à cette science du ciel dans laquelle son ami excelle. Pierrette, née à Bernay en 1922, est issue du second mariage du médecin (né à Évreux en 1869) avec Suzanne Lemarié (de 18 ans sa cadette). Le couple vit avec leur fille unique et une fidèle employée, Valentine Rolland, au 1 rue Jacques Daviel à Bernay, dans l'Eure. La lettre du 4 janvier 1939 signale un déménagement, a priori au 3 chemin Saint-Clair, juste à côté de la rue Daviel. Les Gombert séjournent aussi régulièrement dans une villa de vacances, appelée le "violon d'Ingres", à Franceville.

    Avant d'être médecin, Armand Gombert était instituteur, tout comme sa première épouse Maria Neveu, avec laquelle il eut trois enfants : Bernard, Jean et Suzanne (nés respectivement en 1893, 1894 et 1902). En 1945, son fils aîné décède dans un camp et les relations entre Armand et sa belle-fille se tendent. Selon l'enquête menée par Valentin pour réhabiliter son ami, la veuve de Bernard serait à l'origine des accusations de collaboration et de délation qui circulent dans la commune normande à l'encontre d'Armand et de sa seconde épouse. Dans les trois dernières lettres à Pierrette (fin 1945-début 1946), le docteur Gombert est très affecté par ces accusations. Son état de santé se dégrade progressivement et il décède le 12 octobre 1946, ce qui pourrait expliquer l'interruption brutale des lettres à Pierrette un peu plus tôt dans l'année. En effet, la jeune femme, alors âgée de 24 ans, ne lisait plus vraiment l'abondante correspondance de l'ingénieur retraité, que ce dernier continuait cependant à écrire à l'intention de son ami.

    Au fil de cette correspondance (plutôt unilatérale, comme il le regrette souvent), Valentin Thomas se révèle un professeur exigeant. D'une érudition peu commune, ce perfectionniste ne néglige aucun acteur, même éloigné, utile pour la compréhension du ciel, qu'il soit mathématicien, philosophe ou astrologue, grec, arabe ou chinois... Il est capable de consacrer des centaines de pages à Galilée, Keppler, Platon ou Aristote, allant même, dans le volume 72, jusqu'à dédier 1015 pages aux lois et principes fondamentaux de la chimie ! Ses cours s'appuient sur ses connaissances personnelles ainsi que sur des auteurs qu'il cite et dont les ouvrages peuplent sa chère bibliothèque (lors de son exode en juin 1940, il emporta 30 caisses de livres). Sa plume s'avère parfois piquante, l'ingénieur maniant les mots avec un esprit caustique, une verve presque poétique et peu de retenue dans ses critiques. Malgré tout, ce franc-maçon convaincu continue de croire en la "loi naturelle" et en la Bonté de "l'Homme" (seuls les "Boches" – désignation des Occupants parmi les plus policées de son champ lexical – ne bénéficient pas de la même complaisance !).

    Dans les premiers volumes, les nouvelles personnelles se limitent à quelques lignes, avant de grignoter de plus en plus de place sur le cours, jusqu'à devenir de véritables chroniques avec la guerre 1939-1945. Comme pour ses leçons d'astronomie – qui le mènent aux confins de bien d'autres matières –, Valentin met la même application à être aussi complet que possible. Il est ainsi question de la situation mondiale, de la scène politique française, de la vie quotidienne (qui reste difficile même après la Libération), mais aussi de sujets plus anecdotiques (comme les inventions scientifiques ou les exploits sportifs) et de relevés météorologiques quotidiens.

    Ses témoignages trahissent sa profonde défiance vis-à-vis du "félon" Pétain et du gouvernement de Vichy. Sa lettre du 23 novembre 1939 ayant été "volée par les puants valets de la censure", il décide de ne plus confier sa correspondance à la Poste et de la remettre lui-même aux Gombert. De leur côté, ces derniers enterrent les lettres reçues dans leur jardin, pour éviter qu'elles ne tombent entre de mauvaises mains (d'autant plus qu'ils logent des officiers allemands sous leur toit). Il est probable que les sept lettres lacunaires (écrites entre mars 1943 et juin 1945) aient été détériorées lors de ce séjour souterrain. Il est à noter que la collection de lettres décrites semble être l'originale et non pas la collection de "bleus" (doubles) que Valentin conservait chez lui. Très attaché à cette correspondance, son auteur l'aurait-il récupérée après le décès de son ami Gombert ? Cela reste une des énigmes de ce fonds, à la fois riche et surprenant.

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