Les archives de la Vendée

Critère(s) de recherche: Jamin

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Notes généalogiques de Jean Maillaud Inventaire complet (pdf)

  • Notice/biographie

  • Jean Maillaud, l’auteur

    Jean Maillaud est rédacteur à l'hôpital des Sables-d'Olonne avant de diriger, dès 1953, celui de La Flèche. Ses travaux, dont il évoque la genèse et l'évolution en 1994, débutent dès 1942, alors qu’il n’est âgé que de quinze ans : « Si ces recherches n'ont concerné, au départ, que ma propre famille et mes ancêtres, elles se sont très vite étendues à bien d'autres familles, et un demi-siècle après leur naissance, je voudrais dire tout ce qu'elles doivent à ceux qui, dès lors, m'ont aidé, m'ont encouragé, m'ont invité à les poursuivre, soit en m'ouvrant des archives, soit en me communiquant les résultats de leurs recherches personnelles, soit en me procurant des documents qui autrement me seraient demeurés inconnus, et dont certains auraient été irrémédiablement détruits ».

    Jean Maillaud exprime sa gratitude envers les directeurs successifs des Archives départementales de la Vendée et leur personnel et remercie un certain nombre d'érudits, parmi lesquels Gilles de Maupeou, qu'il a souvent accompagné lors de ses recherches dans les archives privées, Paul Romane-Musculus, pasteur de l'Église réformée de Pouzauges, Élie Pailloux, antiquaire à La Rochelle et Louis Blanpain de Saint-Mars, de Sigournais.

    Ses recherches, freinées par sa nomination à La Flèche, ne se sont jamais interrompues, essentiellement grâce aux communications de documents faites à la mairie dudit lieu par les Archives de la Vendée. Elles étaient si régulières qu'un ancien directeur les appelait « la navette ». Il a étendu par la suite ses investigations postérieures aux Archives de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres.

    Ses propres papiers, déposés aux Archives de la Vendée dès 1951-1952, comportent des pièces originales et des copies de documents sur les localités et les familles de Vendée, ainsi que de notes et généalogies sur près de deux cents familles. S’y ajoute une table des contrats de mariages reçus par les tabellions fontenaisiens, du milieu du seizième au début du dix-huitième siècles, de même que les manuscrits de l'abbé Georges Gaillard sur l'histoire de Saint-Sulpice-en-Pareds.

    Jean Maillaud réalise des descriptions précises d'un grand nombre de minutes de notaires de Fontenay pour les années 1550-1650. Celles de six tabellions sont d'ores et déjà en ligne sur le site des Archives de la Vendée, lieu où il a également déposé l'ensemble des analyses d'actes effectuées dans les minutiers de l'ancienne capitale du Bas-Poitou et de ses environs. Tous ces matériaux sont la base de ses « Notes généalogiques ».


    Intro. de Philippe Jaunet

  • Contenu ou introduction

  • Les « Notes généalogiques », l’œuvre

    Les « Notes généalogiques » que les Archives départementales de la Vendée ont le privilège de publier in extenso sur leur site internet rejoignent, par leur ampleur et leur richesse, le « Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou », conçu par plusieurs générations de la famille Beauchet-Filleau et récemment mis en ligne. Notre département jouit incontestablement de l’insigne chance de pouvoir désormais proposer aux internautes deux outils généalogiques et historiques tout à fait exceptionnels et que les spécialistes nomment, avec déférence et depuis bien longtemps, « le Beauchet-Filleau » et « le Maillaud ».

    Les « Notes généalogiques », parues entre 1979 et 2009, comprennent vingt-trois tomes et présentent l'étude d'un millier de familles, le plus souvent sous forme de véritables monographies plutôt que de simples généalogies. Elles sont les fruits minutieux de 67 années de patientes recherches. Chaque année, lorsque était déposé en salle de lecture un nouveau volume tant attendu des « Notes généalogiques » de Jean Maillaud, nous en consultions avec gourmandise la table des matières, nous demandant quelles familles dont nous étions personnellement issu auraient l’insigne faveur d’y figurer. Nous étions ravi d’y découvrir plusieurs de celles que nous avions étudiées et dont l’auteur confirmait, avec force preuves, les hypothèses de filiations que nous avions esquissées, ajoutant presque miraculeusement un, deux voire trois degrés antérieurs au plus lointain ancêtre dont nous nous targuions d’être l’héritier. Nous étions curieux de croiser ces dizaines de nouveaux parents qui se dévoilaient au fil des pages, ces familles qui se reconstituaient devant nos yeux avec leurs joies et leurs peines, leurs espérances et leurs regrets, leur quête d’une vie meilleure ou leur aspiration à quitter les lieux qui avaient été les témoins de leurs premiers pas, leur volonté d’intégration à la communauté professionnelle, villageoise ou paroissiale. Et puis, parce que toute famille devient digne d’intérêt lorsque Jean Maillaud s’attache à en retracer le parcours parfois erratique, nous feuilletions le cru tout entier, rencontrant des personnalités dont nous ne pouvions soupçonner l’existence et qui démontraient que l’histoire des inconnus ne l’enviait en rien à celle des gens célèbres, par leur richesse et leur substance.

    Combien de généalogistes se limiteraient-ils à dresser des tableaux sans corps ni âme, simple présentation de noms et de dates, s’ils ne bénéficiaient pas des découvertes précises et variées que leur apportent, dûment référencées, les ouvrages de Jean Maillaud ? Ces études familiales si détaillées sont d’une telle fiabilité, que chaque nouvelle découverte impromptue permettant de les compléter de façon marginale est vécue comme celle d’une pépite. Les rameaux familiaux sont si clairement établis que chaque nouveau lien tissé est considéré comme un résultat sans pareil. Infatigable chercheur, Jean Maillaud, grâce à l’établissement de dizaines de milliers de fiches, à une époque pourtant si proche où personne n’imagine que la mise en ligne de documents et leur indexation vont tout bouleverser, tout faciliter, ne déclare constante une filiation qu’à l’expresse condition qu’il en ait réuni toutes les preuves scientifiques.

    Combien d’universitaires puisent-ils dans les 12.000 pages rédigées par Jean Maillaud, pour enrichir et parfaire l’étude qu’ils entendent soutenir ? Ils sont historiens de l’art cherchant à identifier le commanditaire, le maître d’œuvre et les artisans ayant participé à la construction d’un bâtiment ; démographes souhaitant dresser l’évolution de la population d’un territoire entre le milieu du seizième siècle et la Révolution ; sociologues soucieux d’appréhender les relations entre les individus, entres les familles, entre les catégories professionnelles, entre les membres des trois ordres, sous l’Ancien Régime.

    Combien de chercheurs ont-ils ressenti cette stimulation à envisager de nouvelles pistes d’investigations, en découvrant les milliers d’actes, en tous genres et singulièrement notariés, que Jean Maillaud est le plus souvent le premier à exhumer de l’oubli depuis qu’ils ont été rédigés ? Fidèle à la lettre autant qu’à l’esprit, il n’hésite jamais à illustrer ses généalogies par des transcriptions partielles ou intégrales d’actes et par leur reproduction, dont l’écriture intrigue tant certains novices qu’elle les incite à se lancer dans l’exercice de la paléographie. Il est en Vendée le véritable pionnier de l’histoire des familles, quel que soit leur rang social, à une époque où pas un descendant de paysan ou d’artisan, voire de petit notable de hameau, n’ose établir sa généalogie, de crainte de ne rien y dénicher d’intéressant.

    Jean Maillaud l’a bien compris, dès ses toutes premières investigations : pas une famille ne recèle une histoire qui ne mérite d’être contée. Une histoire faite de baptêmes, d’unions et de deuils certes, mais aussi d’événements qui ponctuent l’existence tels que l’engagement comme domestique, l’entrée dans une métairie, l’apprentissage ou le marché de construction d’un bâtiment, les conflits et réconciliations avec les cousins ou les voisins. Jean Maillaud fut conséquemment l’un des premiers à défricher ces documents notariés qu’un grand nombre de chercheurs négligeaient encore, exploitant sans mesure la richesse de ces fonds originellement souvent mal classés, parfois dans un piteux état, qu’il lui arrivait régulièrement de consulter avant même qu’ils ne fussent déposés aux Archives départementales.

    Pour établir ses monographies familiales, Jean Maillaud utilise bien sûr l’ensemble des séries d’archives existantes, mais sa source de prédilection demeure en effet l’acte notarié. C’est une source aussi inépuisable qu’inestimable, quand on sait qu’à l’époque où fut signé l’Édit de Nantes, deux tabellions de Fontenay-le-Comte, l’un catholique et l’autre réformé mais accueillant indistinctement des clients professant l’une ou l’autre des religions, rédigent parfois plus de cinq cents actes par an.

    Du second personnage du royaume, Maximilien de Béthune, duc de Sully, louant personnellement son domaine de la Cantaudière à Moutiers-les-Mauxfaits (Nicolas Joly, 30 octobre 1615, 3E37/13, vues 366-368), à l’humble concierge du château de la Chaume testant en faveur de son épouse (3E70/50, vues 247-248), chacun se rend chez le tabellion instrumentant le plus près de son domicile ou dont il se sent le plus proche par des liens familiaux ou amicaux.

    Du parlementaire de la III République Achille Daroux, dont le notaire rédige le contrat de mariage (3E63/146-230, 9 février 1903), à la domestique des Brouzils qui vient se rétracter, sous le règne de Louis XV, du témoignage que lui ont suggéré de faire deux familles craintes et respectées dans une affaire de sang (3E27/218, vues 172-177), chacun, à un moment de sa vie, ouvre la porte d’une étude, qu’elle se situe dans le cadre prestigieux de l’abbaye royale des Fontenelles dont le tabellion est aussi le régisseur, ou dans le réduit d’une modeste auberge qu’il tient avec son épouse pour arrondir ses revenus.

    Quel enseignement lorsque le notaire reçoit en cette qualité des déclarations sur tel usage, telle coutume, sur un événement qui s’est produit, autant d’attestations pour faire valoir ce que de droit, à défaut de tout autre document. Quelle richesse lorsque, revêtant ses attributs de sergent royal, il rédige scrupuleusement les témoignages reçus, tel ce Jacques Journolleau qui, instrumentant à Saint-Hilaire-de-Voust, doit tant à Jean Maillaud, parce qu’il a publié, en annexe de la généalogie de sa dynastie et en quasi intégralité, les procès-verbaux de ses auditions (famille Journolleau).

    Il est malaisé de choisir de présenter une famille étudiée par Jean Maillaud plutôt qu’une autre, lorsque les événements qui jalonnent le périple de leurs membres finissent par les singulariser toutes. Il a consacré un volume entier aux Clemenceau, ayant réussi, après tant de légendes, à démêler l’écheveau leurs différentes dynasties qui peuplaient la plaine et le haut-bocage. L’avoir fait pour ces familles Robert qui essaimaient dans toutes les strates sociales de la capitale du Bas-Poitou, est en soi également un exploit. Citons aussi la descendance de ce François Mignot qui, originaire des environs de La Ferté-Milon, vient s’établir on ne sait trop pourquoi, au moment du siège de La Rochelle, marchand bâtier à Longèves (famille Mignot et 3E98/1-4, 7 août 1630), ou encore celle des Coullay qui, encore intrigués aujourd’hui par l’apparente consonance anglo-saxonne de leur patronyme, s’imaginent une ascendance étrangère et sont pourtant tellement ancrés dans la glèbe poitevine qu’ils tiennent des métairies et borderies dans une centaine de localités lorsque survient la Révolution (famille Coullay).

    On retiendra encore le cas des Morienne, qui s’élèvent certes au point d’être anoblis et de transmettre leur sang à d’illustres lignées, mais qui en oublient leurs origines fort modestes et tout bonnement fontenaisiennes, en prétendant être issus des comtes de Maurienne en Dauphiné. Ils font le détour par la Normandie, où ils ont appris l’existence d’une famille portant leur nom (famille Morienne). Or, grâce à Jean Maillaud, grâce aux actes notariés qu’il indique, l’histoire des Morienne nous paraît bien plus intéressante. Elle part du véritable fondateur de la dynastie, prénommé Macé, dont l’activité comme élu en l’élection de Fontenay et comme acquéreur de biens ruraux s’égrène au fil des pages. Elle se poursuit avec son fils Jacques qui, s’intitulant fièrement chevalier et seigneur d’Atrie, un domaine qui ne semble avoir existé que dans son esprit, réussit à accaparer tous les offices de receveur de la circonscription fiscale de Fontenay, et accessoirement une part inavouable des deniers qu’il est censé percevoir au nom du roi ; il prête à tous les partis pendant la Fronde, se fait édifier la curieuse forteresse de la Citardière de Mervent, tandis qu’à l’ouverture de sa succession, son gendre s’emporte violemment contre son fils (Jean Fèvre, 30 janvier 1673, 3E37/339, vues 13-48).

    Mais Jean Maillaud nous révèle que les actes les plus classiques ne sont pas pour autant dépourvus d’intérêt. Prenons l’exemple d’un contrat de mariage. C’est à la constitution d’une communauté d’intérêts que nous sommes conviés, à la lecture de celui qui régit non seulement l’union d’un laboureur veuf à la veuve de son collègue et voisin (Jean Chabot et Jacquette Guillet), mais également les unions, aussitôt célébrées, des quatre enfants de l’homme avec les quatre de la femme (famille Pain et 3E98/1-4, 30 janvier 1629). Nous sommes amenés à lire attentivement les clauses d’un autre contrat de mariage par lequel Françoise Jamin, âgée de treize à quatorze ans, promet de s’unir à Louis Raison (famille Jamin et 3E37/62, vues 108-111). Huit jours après la signature de l’acte, une partie des proches parents de la jeune fille obtient qu’elle soit séquestrée entre les mains de telle personne qu’ils aviseront, jusqu’à ce que soit terminé le procès intenté contre le jeune homme et ses complices, pour crime de rapt et clandestinité de prétendu mariage (Pierre Bonnet, 24 novembre 1637, 3E36/123, vues 260-261).

    Au XIXe siècle, grâce à ses relations familiales et à son réseau d’amitiés, Benjamin Fillon avait déjà pu écrémer les minutiers des notaires de Fontenay-le-Comte, y puisant les actes qu’il considérait comme remarquables pour constituer les volumes chronologiques et thématiques qu'il a ensuite offerts aux archives municipales de la cité et qu'on retrouve désormais en ligne sur le site des Archives de la Vendée. Il cherchait ainsi à valoriser au-delà du raisonnable sa petite ville et certaines des dynasties qui s’y sont signalées. C’est dans une toute autre perspective que se situe Jean Maillaud. Si l’épicentre de ses travaux se situe au cœur de la Cité des beaux esprits, cette ancienne capitale du Bas-Poitou, il poursuit en fait ses investigations dans l’ensemble des minutiers du département, et jusqu’au nord de la Charente-Maritime et au sud-ouest des Deux-Sèvres.

    Les minutiers des notaires constituent de très loin, en Vendée, le fonds d’archives le plus volumineux de tout l’Ancien Régime auquel il ouvre des perspectives extrêmement larges. Toutefois, bien souvent privés de répertoires, ces minutiers réunissent des actes enregistrés chronologiquement, donc sans rapport les uns avec les autres. Pour relier ces derniers entre eux et faire l’histoire qu’ils éclairent, il faut les avoir identifiés au préalable, ce qui n’est vraiment possible qu’après avoir entrepris des dépouillements systématiques, une tâche toujours considérable. La grande difficulté de lecture achève de donner une impression de maquis impénétrable. Le premier travail de Jean Maillaud fut donc d’établir ces dépouillements chronologiques. En autorisant les Archives de la Vendée à s’en servir, il les a encouragées, il y a déjà deux  décennies, à envisager la mise en ligne de tout le fonds d'Ancien Régime. La description même partielle des actes antérieurs à 1805, dont la numérisation systématique est désormais largement engagée par les Archives départementales, s'inscrit bien dans la continuité de ce qu'a entrepris Jean Maillaud.

    Toutefois, l'ampleur de ses histoires familiales, un bon millier en 23 volumes, qui s'appuient presque exclusivement sur les actes notariés, demeure sans équivalent. L'originalité de Jean Maillaud est de s'être appuyé sur des sources de première main, authentiques et au plus près de la vérité des faits, consultées par lui-même : un matériau brut, riche, peu exploité, très difficile à déchiffrer pour les XVIe et XVIIe siècles, la période qu'il a le plus amplement traitée. Ces « Notes généalogiques » à l'édition soignée, étaient initialement prévues en trois exemplaires seulement, dactylographiés et reliés à ses frais, pour être consultées aux Archives départementales de la Vendée et de la Charente-Maritime, ainsi qu’à la Bibliothèque municipale de Fontenay-le-Comte. Elles rejoignent désormais aujourd'hui le large public qu'elles méritent et qui les attend.

    Que les découvertes soient pour vous fructueuses et la lecture aussi attrayante qu’instructive !


    Philippe Jaunet
    Correspondant régulier de Jean Maillaud, Philippe Jaunet, comme lui, a fait le tour de tout le minutier d’Ancien Régime et il en prépare actuellement la mise en ligne avec les Archives de la Vendée.

  • Mots-clés

  • Typologie documentaire

    généalogie
  • Lieu(x)

    Vendée / Bas-Poitou
  • Communicabilité

  • Modalités de reproduction

  • Reproduction numérique sur demande