Les archives de la Vendée

60 J - Fonds GrelierInventaire complet au format pdf (Nouvelle fenêtre - 274 Ko)

  • Origine :

  • Erudit, scientifique, homme politique

  • Notice/biographie :

  • Charles Grelier naît le 30 juin 1879 à Challans dans une famille de commerçants. Resté fils unique, il se montre toute sa vie très attaché à ses parents.

    Son père, Gildas Grelier (1852-1935), est issu d'une famille maraîchine. Né lui aussi à Challans, il y tient un commerce d'épicerie et s'implique dans la vie locale. Conseiller municipal durant 21 ans (1904-1925), comme son père Charles avant lui, il est même élu maire de Challans (1912-1919). Il est aussi vice-président de la Chambre de Commerce de la Vendée de 1909 à sa mort en 1935.

    La mère de Charles Grelier, Eugénie Laveau (1855-1925, c'est la forme retenue par l'état civil bien qu'elle même signe "Lavaud"), est née et a grandi à La Rochelle. Femme très pieuse, elle se dévoue pour les "bonnes oeuvres".

    Quelques autres figures familiales se distinguent comme essentielles dans la construction de la personnalité de l'abbé Grelier. Hortense Batuaud, sa grand-mère, qui pour lui avoir confié les archives de la famille entretient son goût pour l'histoire. Rose Daniau, son arrière-grand-mère, qui oeuvre très activement au rétablissement de la paroisse de Saint-Urbain qui avait été supprimée par décret en 1804. Et enfin, son oncle, l'abbé Zénon Grelier (1841-1916), vicaire (1868-1881) puis curé (1887-1912) de Saint-Urbain.

    Un prêtre

    Charles Grelier prend très jeune conscience de sa vocation et ses parents, fervents catholiques, s'en réjouissent. Ils l'encouragent et financent ses études : à l'institution Sainte-Marie de La Roche-sur-Yon (1890-1892) puis au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers (1892-1898). Par la suite, sa vocation religieuse est maintes fois contrariée par sa santé fragile : après deux années (1898-1900), il quitte le séminaire Saint-Sulpice (Issy-les-Moulineaux) pour le grand séminaire de Luçon mais doit partir avant la fin de l'année. En 1904, il intègre le grand séminaire de La Rochelle. Sacristain à Notre-Dame des Missions de Pont-Rousseau (au sud de Nantes) d'août 1907 à juillet 1908, il revient dans le diocèse de La Rochelle pour y être ordonné prêtre en juin 1908.

    A la Toussaint 1908, il est appelé par le curé-doyen de Challans, le chanoine Freland, à remplacer l'abbé Boucard, prêtre habitué ; il est d'usage dans la paroisse, depuis la suppression du troisième vicariat, qu'un prêtre habitué, c'est-à-dire sans charge, ni dignité dans la paroisse, aide au service. L'abbé Grelier exerce, tout au long de sa vie religieuse, cette fonction non officielle d'auxiliaire dans plusieurs paroisses du marais : à Challans, à Sallertaine, à Commequiers et à Saint-Christophe-du-Ligneron notamment. En 1909, il fait profession d'oblat de Saint-Benoît entre les mains de Dom Antoine Du Bourg, prieur de l'abbaye Sainte-Marie, de Paris. Alors que sa santé fragile lui évite la mobilisation, Mgr Catteau, évêque de Luçon, lui demande de remplacer René Caille, curé de Saint-Urbain, mobilisé (mars 1915-novembre 1918). Il se réjouit de cet intérim dans la paroisse dont est issue sa famille et où son oncle Zénon a exercé le "saint ministère" pendant 25 ans.

    En juillet 1937, il fait part à l'évêque de Luçon de son souhait de se retirer dans une communauté pour y poursuivre ses travaux : il a choisi l'institution Saint-Martin-la-Forêt à Angers mais après quelques mois seulement, il regagne Challans et y poursuit ses études.

    Un hagiographe

    Sa vocation religieuse le pousse vers les études bibliques et, en mars 1904, il s'installe à Angers, chez les oblats de Saint-Benoît. Pourtant, cette installation, comme celle de 1937 à Saint-Martin-la-Forêt, n'est que temporaire. C'est finalement à Challans qu'il mène ses travaux. Pieux et très versé dans le culte des saints, il s'intéresse plus particulièrement à saint Symphorien et au bienheureux Jacques-Augustin Robert de Lézardière, dont le souvenir demeure dans la paroisse.

    Jacques-Augustin Robert de Lézardière est né au château de la Vérie. L'évêque de Luçon, en vue d'une éventuelle canonisation de tout le clergé victime de la Révolution, a chargé le chanoine Boutin de rassembler des documents, celui-ci fait appel aux services de l'abbé Grelier qui, libre de toute charge pastorale, accepte de collaborer. Cette biographie, commencée sous forme de conférences données à Challans en 1935, est publiée de 1948 à 1951 dans le bulletin "Archives du diocèse de Luçon" avant de paraître en un seul volume en 1951.

    Au cours de ses recherches sur sa ville natale, il découvre qu'un culte a très longtemps été rendu à saint Symphorien d'Autun dans une chapelle de Challans. Il entreprend alors la rédaction d'un ouvrage, à la fois hagiographie et manuel de dévotion, publié en 1952, complété en 1957-1958, qui reste une référence.

    Un historien et un archéologue

    Son goût pour l'histoire et l'archéologie naît auprès de l'abbé Louis Teillet, alors vicaire de Challans (1884-1891). Il se passionne pour Challans et plus largement pour le Marais breton. En 1897, la construction d'une nouvelle église à Challans et surtout la démolition de l'ancienne, offrent au jeune Charles l'occasion de rédiger ses premiers travaux et de réaliser ses premières fouilles. C'est ainsi qu'il sauve la croix mérovingienne qui sera ensuite scellée dans un mur de la nouvelle église. Poursuivant ses travaux archéologiques, il participe activement au sauvetage et au classement de l'église de Sallertaine. Il rejoint la Société française d'archéologie (SFA) en 1902 sur proposition de René Vallette ; en 1910, il se voit remettre lors du Congrès archéologique de France, une médaille d'argent pour ses travaux sur les églises de Vendée. Il participe à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques pour la Vendée (1923-1924) et devient inspecteur départemental de la SFA (1938-1966) à la suite de René Vallette. En 1905, il rejoint la Société archéologique et historique de Nantes, à l'initiative de son président, le baron de Wismes ; c'est l'occasion de fructueux échanges avec des érudits locaux (Lucien Lécureux, Georges Halgan, Léon Maître, Joseph Stany-Gauthier...).

    Un érudit et un archiviste

    Rapidement, sa correspondance en atteste, l'abbé Charles Grelier fait figure de référence pour l'histoire du Marais breton et du clergé vendéen. L'archiviste départemental comme l'évêque de Luçon font régulièrement appel à sa science et à son importante documentation.

    En effet, son érudition et la facilité avec laquelle il accueille tous les chercheurs en font rapidement une figure locale, entourée d'un cercle de plus en plus étendu de collaborateurs : Guy Perraudeau pour la région des Sables, Hubert Taillé, Georges Staës (aux Archives nationales), ainsi qu'un réseau de prêtres, curés et autres religieux. Cette position lui permet de sauver, de valoriser et d'intégrer à ses collections nombre de fonds d'archives familiales ou personnelles (Boux de Casson, Merland, abbé Teillet, Charles-Edouard Gallet...).

    Il reste longtemps hésitant sur le sort de ses archives : comme beaucoup de challandais, il est d'abord plus tourné vers Nantes, il envisage aussi de les remettre à l'évêché de Luçon ou l'université d'Angers, mais ce sont finalement ses excellentes relations avec Saint-Jouan, directeur des Archives de la Vendée, qui l'amènent à faire un legs au département. Cette formule lui permet d'enrichir et de consulter ses papiers jusqu'à la fin.

    Un homme

    L'abbé Charles Grelier aura été jusqu'à sa mort un homme fidèle.

    Fidélité à ses parents, qu'il continue à vénérer ; fidélité à ses amis avec qui il correspond jusqu'à la fin de sa vie, et ce malgré de très gros problèmes de vue ; fidélité à la ville de Challans, qu'il regagne toujours, et enfin fidélité à ses convictions, ses papiers le montrent attaché aux traditions tant d'un point de vue politique que sur le plan religieux.

    Pendant la Première Guerre, ses parents accueillent des réfugiés, belges notamment, avec qui l'abbé Grelier poursuivra une fidèle correspondance. Lui-même, en 1940, propose à plusieurs amis de trouver refuge chez lui à Challans pendant l'avancée de l'armée allemande. En juin 1941, alors que sévit une grave crise du logement, l'abbé Grelier accueille un ménage d'ouvriers dans les dépendances, à l'arrière de sa maison ; ils ont un fils, Gilles Vincendeau, né en 1943.

    Il s'éteint à Challans en 1968, entouré par Jean Vincendeau et son épouse, venus s'installer au 30 de la rue Carnot pour l'assister.

  • Contenu ou introduction :

  • La reprise de l'inventaire du Fonds Grelier a permis de mettre en exergue les éléments constitutifs de ce fonds : outre les papiers de l'abbé Charles Grelier et de sa famille, il comprend plusieurs fonds d'archives familiales ou personnelles.

    Les papiers des familles Grelier et alliées révèlent l'ancienneté de leur implantation dans le Marais breton et leur implication dans la vie locale. Ce sont essentiellement les papiers personnels de l'abbé Charles Grelier et notamment une abondante correspondance, commencée par sa mère et entretenue tout au long de sa vie avec des paroissiens et des religieux, souvent installés dans de lointaines missions.

    Les travaux de l'abbé Grelier constituent la plus grande part de ce fonds d'archives. Ils portent sur trois thèmes principaux : clergé vendéen, hagiographie, Challans et sa région. Charles Grelier commence très tôt à publier le fruit de ses recherches mais, d'une nature modeste, il refuse souvent de les signer : les volumes qu'il a constitués et commentés permettent de mesurer l'étendue de son oeuvre et d'envisager la constitution d'une bibliographie. Ses dossiers de travail conservent aussi l'ébauche de travaux inédits.

    Fort d'un réseau de chercheurs et d'une documentation qu'il partage volontiers, l'abbé Grelier est vite reconnu comme l'historien incontournable du Marais breton vendéen. A ce titre, plusieurs familles lui confient leurs papiers à charge pour lui de les conserver et de les valoriser. C'est ainsi que des pièces isolées, mais surtout que les papiers des familles Boux de Casson et Merland et les travaux de Charles-Edouard Gallet sont entrés dans ses collections.

    Dans le discours qu'il prononce à ses obsèques en 1911, l'abbé Grelier reconnait Charles-Edouard Gallet pour son maître, tant pour ses travaux d'histoire locale que d'archéologie. Les deux hommes sont membres de plusieurs sociétés savantes et l'estime doit être réciproque puisque Charles-Edouard Gallet, historien de Beauvoir et de Bouin, poète et romancier, fait de l'abbé Grelier le dépositaire de ses travaux. Celui-ci rend hommage à son aîné en faisant publier dès 1912 ses Essais poétiques, mais son roman, écrit sous le pseudonyme de L. de Saint-Génin et la suite de ses travaux sur l'histoire du marais septentrional de la Vendée restent inédits.

  • Historique de la conservation :

  • A l'occasion de la reprise de ce fonds, quelques documents ont été réintégrés à leur place légitime : le registre des procès-verbaux des délibérations du bureau de bienfaisance de Challans de 1817 à 1845 dans la collection des archives communales (E dépôt 47), les archives de la société de secours mutuels l'Union Challandaise en 151 J et deux feuillets d'un registre paroissial de Saint-Urbain du XVIIe siècle en 2 E 145.

    Les archives des paroisses, notamment les registres paroissiaux depuis la création de l'état civil, ont été à dessein conservées dans ce fonds : c'est ainsi le cas pour les paroisses de Challans et Saint-Urbain.

  • Mots-clés :

  • Personne(s)

    Grelier, Charles Gildas Frédéric

  • Communicabilité :

  • Libre accès

    La partie numérisée du fonds est accessible en ligne. Ces originaux ne sont donc plus communiqués en salle de lecture

  • Sources complémentaires :

  • Aux Archives de la Vendée

    266 J - Papiers Amand Henry