Les archives de la Vendée

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1 Num 397 - Correspondance d'Alexandre Roux (1914-1919) Inventaire complet (pdf)

  • Origine :

  • Famille

  • Notice/biographie :

  • Jules Alexandre Roux est né le 16 mars 1891 à Pouzay en Indre-et-Loire, son second prénom, Alexandre, deviendra son prénom d'usage. Ses parents sont aussi originaires d'Indre-et-Loire, Louis Roux est né à Balesmes en 1862 et Augustine Bastien à La Haye-Descartes en 1864, deux communes aujourd'hui fusionnées sous le nom de Descartes. Alexandre Roux est le fils cadet de la famille, il a deux frères, Georges et Joseph nés à Pouzay en 1888 et 1893. Louis et Augustine Roux travaillent au chemin de fer. En 1891, sur l'acte de naissance d'Alexandre, Louis est noté comme employé de chemin de fer et Augustine garde-barrière. Les lettres qu'Alexandre écrit à ses parents à partir de 1914 sont adressées à " Louis Roux, chef de gare, Les Clouzeaux ". La commune est située sur la ligne La Roche-sur-Yon-Les Sables-d'Olonne qui appartient alors au réseau du Chemin de fer de l'Etat. C'est donc la voie vers la mer, et d'ailleurs, alors qu'il est sur la ligne de front en Artois, Alexandre demandera à ses parents si les bains de mer ont commencé (lettre du 26 mai 1915, 1 Num 397/5). La famille Roux, les parents et les trois fils, apparaît sur le recensement de population des Clouzeaux en 1911, sans que l'on sache si elle est arrivée en Vendée depuis longtemps. Alexandre est alors comptable à la banque Delhumeau, Georges, garçon de café, et Joseph, tailleur, ce qui explique pourquoi son frère alors dans les tranchées le sollicite pour lui confectionner une calotte (lettre du 7 oct. 1915, 1 Num 397/8).

    Né en 1891, Alexandre Roux fait partie de la classe 1911. Le conseil de révision qui examine les conscrits de sa classe d'âge pour le canton de La Roche-sur-Yon dont font partie Les Clouzeaux, l'ajourne pour faiblesse en mars 1912 (1 R 1240), mais le déclare l'année suivante " bon pour le service armé " (1 R 1241). Il s'engage volontairement pour trois ans au 7e régiment de hussards de Niort (voir sa fiche matricule militaire : bureau de La Roche-sur-Yon, classe 1911, 1 R 658, n° 866). Incorporé le 22 mars 1913, il est brigadier au moment de la déclaration de la guerre. Affecté à l'organisation de la mobilisation en 1914 à Niort, il ne rejoint son régiment qu'en février 1915, puis sera dans la zone armée jusqu'à la fin de la guerre. Nommé maréchal des logis le 22 février 1916, il devient maréchal des logis fourrier le 15 novembre 1916. Chargé d'assurer le logement des troupes, il écrit parfois être surchargé de travail, notamment lors des étapes d'un voyage entre deux cantonnements (lettre du 1er février 1917, 1 Num 397/14). Le 13 décembre 1917, il redevient simple maréchal des logis, puis il est affecté au 325e régiment d'infanterie le 5 juin 1918. Après l'armistice, il est nommé au service des étapes en février 1919 jusqu'à sa démobilisation en août 1919. Il est ensuite domicilié à La Roche-sur-Yon. L'année suivante, il se marie le 31 mai à Forbach (Moselle) avec Françoise Schreiber. A partir de 1927, il quitte la Vendée et s'installe à Saumur (Maine-et-Loire) où il exerce notamment la fonction de secrétaire général de la mairie. Il est décédé à Marseille le 13 mai 1969 à l'âge de 78 ans.

  • Contenu ou introduction :

  • La correspondance (190 lettres) qu'Alexandre Roux adresse principalement à ses parents couvre toute la durée de la Première Guerre mondiale, de la mobilisation, le 1er août 1914, aux jours qui suivent l'armistice, le 14 novembre 1918, voire au-delà puisqu'une lettre écrite depuis l'Allemagne en janvier 1919 est également conservée.

    Engagé volontaire au 7e régiment de hussards plus d'un an avant la guerre, Alexandre Roux n'est pas envoyé au front dès la mobilisation. Il occupe une tâche administrative jusqu'en février 1915, à Niort, dans la zone de l'intérieur, ce qui pourrait être à l'origine de la lettre anonyme envoyée contre lui dont il fait état le 24 janvier 1915 (1 Num 397/1). Cela dit, il passera le reste de la guerre, soit trois ans et neuf mois, dans la zone armée. Sa première vision du conflit a lieu en Belgique. Toutefois la cavalerie dont il fait partie manque d'emploi en attendant une guerre de mouvement. Si, en mai, il prend part à l'offensive française en Artois visant à rompre le front allemand, ce n'est qu'en août qu'il fait sa première montée aux tranchées, dans la Somme, en première ligne : " A notre tour, nous voici donc enfin dans les tranchées. Nous sommes en 1ère ligne à une centaine de mètres de Mrs les boches " (1 Num 397/7). Ce n'est qu'un premier tour suivi d'autres dans différents secteurs du front : Pressy (Pas-de-Calais) à l'automne 1915, Verdun en octobre 1916, le Chemin des Dames au printemps 1917, la Somme en avril 1918. Entre temps, des périodes à l'arrière du front sont occupées par des fonctions de maréchal des logis fourrier ou par la surveillance de prisonniers de guerre allemands, mais toujours interrompues par de soudains départs pour des destinations inconnues. Enfin, en juin 1918, Alexandre Roux quitte la cavalerie, cette arme ayant été réduite au profit de l'infanterie dont les besoins sont incessants depuis le début de la guerre. Il participe alors, à l'automne 1918, aux grandes offensives qui ont lieu en Picardie, autour d'Anizy-le-Château ; son action lui vaudra une citation à l'ordre du régiment (1 Num 397/26). Mais à quel prix ? " En vérité, c'est un peu surhumain ce que l'on demande à l'homme ", reconnaît-il le 21 septembre (1 Num 397/22). Et de conclure le 14 novembre par cette flegmatique formule : " Rien de nouveau en dehors du changement " (1 Num 397/23).

    On suit tout son itinéraire grâce aux indications de lieux notées sur sa correspondance. Mais, très vraisemblablement, la plupart de celles-ci ont été ajoutées après la guerre, de sa main, à la faveur d'une relecture des lettres conservées par ses parents. En effet la correspondance des soldats ne devait pas contenir d'informations sur leur localisation. Ce qui n'empêche pas Alexandre Roux de déjouer, de temps à autre, la censure en glissant des noms de lieux au milieu d'une phrase ou en formulant quelques jeux de mots : " Me voici donc rendu dans l'endroit où ça barde. En somme : ce n'est pas le rêve ", écrit-il le 7 avril 1918 désignant ainsi la Somme (1 Num 397/19).

    Au fil des lettres, Alexandre Roux décrit sa " vie de sauvage ", selon son expression datée du 29 décembre 1915 (1 Num 397/9) : souvent dans la boue, il y est question de rats et de poux, de repas réduits " au singe et au pain de guerre ", du cafard qui est tenace, de l'attente des lettres et des colis contenant de quoi améliorer l'ordinaire et parfois de quoi s'occuper, comme ces cartes du jeu vendéen d'aluette reçues en octobre 1915 (1 Num 397/8). En revanche, aucune référence religieuse n'apparaît.

    L'évolution de son moral est cependant plus facile à appréhender. Engagé en 1913, Alexandre Roux souhaite en découdre dès les premières semaines qui suivent la mobilisation, " j'espère à mon tour avoir l'occasion d'aller démolir quelques têtes de boches ", fait-il savoir à ses parents le 5 sept. 1914 (1 Num 397/1). Toutefois il est loin de se réjouir en découvrant la réalité de la guerre, " c'est une bien triste chose " écrit-il le 24 février 1915, dès son arrivée en Belgique (1 Num 397/3). Après sept mois de conflit, il semble néanmoins conserver son entrain et compte " avoir le plaisir de marcher de l'avant " (25 sept. 1915, 1 Num 397/7). Mais à partir de décembre 1915, il commence à faire état de son cafard et lutte désormais contre lui : " le cafard commence à se dissiper " (29 déc. 1915, 1 Num 397/9) ; " si vous saviez quel cafard j'ai en ce moment " (10 oct. 1916, 1 Num 397/12) ; " je n'arrive pas à me défaire de ce formidable cafard. Il est ancré et il l'est bien " (27 juin 1917, 1 Num 397/16). Et, à l'occasion du nouvel an 1918, il s'adresse à ses parents sur un ton pessimiste et désespéré (29 déc. 1917, 1 Num 397/18) ; son moral est aussi affecté par la crainte de quitter la cavalerie pour passer dans l'infanterie (5 juin 1917, 1 Num 397/13). Pourtant son état d'esprit change au printemps 1918. Quelques jours après le déclenchement de la première offensive allemande (21 mars), il écrit : " en tout cas, il faut avoir confiance " (30 mars 1918, 1 Num 397/18). Et son affectation dans l'infanterie ne lui donne-t-elle pas finalement l'occasion de prendre toute sa mesure comme fantassin ? Ses actions, notamment fin septembre au ravin de Vauxaillon et au Mont des Singes, sont d'ailleurs récompensées par une citation.

    Par ailleurs, quelques lettres sont écrites à son frère aîné, Georges, né en 1888. Ce dernier fait partie des hommes qualifiés de " récupérés " pendant la Première Guerre mondiale (voir sa fiche matricule militaire, bureau de La Roche-sur-Yon, classe 1908, 1 R 635, n° 2301). En effet, le conseil de révision l'exempte du service militaire en 1908 pour raison médicale (perte de vision à l'œil droit), décision qui est maintenue en septembre 1914, lors de la première commission de réforme réunie après le déclenchement du conflit. Cependant, la seconde commission de réforme le classe en 1917 dans l'armée auxiliaire pour l'affecter au 93e RI à La Roche-sur-Yon (lettre du 31 mars 1917, 1 Num 397/15). Enfin une autre commission de réforme réunie à Nantes le reconnaît apte à faire campagne à partir d'octobre 1917. Georges Roux est mobilisé jusqu'au 23 juillet 1919 et meurt aux Clouzeaux en 1921. Quant au benjamin de la famille, Joseph, né en 1893, il est exempté par le conseil de révision de la classe 1913 pour tuberculose pulmonaire (1 R 1242). Son exemption est maintenue par les deux commissions de réforme de 1914 et 1917 (voir sa fiche matricule militaire, bureau de La Roche-sur-Yon, classe 1913, 1 R 681, n° 1715). Marié à Talmont en 1921 avec Augusta Dreillard, il meurt à Surgères (Charente-Maritime) en 1927.

  • Mots-clés :

  • Typologie documentaire

    Correspondance

  • Personne(s)

    Roux, Jules Alexandre

  • Matière(s)

    1914-1918 / Guerre 1914-1918

  • Communicabilité :

  • Libre accès

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande

  • Sources complémentaires :

  • Aux Archives de la Vendée

    Voir la notice biographique de Jules Alexandre Roux dans le Dictionnaire des Vendéens

    Voir la notice biographique de Georges Roux dans le Dictionnaire des Vendéens