Les archives de la Vendée

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1 Num 410 - Carnets de guerre de Félix Braud (1914-1917) Inventaire complet (pdf)

  • Notice/biographie :

  • Félix Marie Braud (Cholet, classe 1896, n°919) naît le 24 juillet 1876 à Cholet de Félix Jacques Braud, charpentier et de Clémence Marie Pasquier, épicière. Employé de banque au Crédit de l'Ouest, il part effectué son service militaire le 15 novembre 1897. Incorporé au 114e puis au 32e régiment d'infanterie, il entre par la suite à la 9e section de secrétaires d'Etat-major à Tours. Il devient caporal le 31 décembre 1898, puis sergent le 21 décembre 1899, avant d'être envoyé en congé le 22 septembre 1900. De retour à la vie civile, il épouse Marie Louise Aurélie Clemot le 14 avril 1902 à Beaupréau (Maine-et-Loire), et devient père de deux enfants, Félix et Annick. La famille habite une petite maison au 42 rue du Devau à Cholet.

    Agé de 38 ans lorsque la guerre éclate, Félix est mobilisé en tant que sergent vaguemestre au 1er bataillon du 72e régiment territorial d'infanterie de Cholet. Son travail consiste en la réception, le tri et la distribution du courrier et des colis. Il utilise comme moyen de transport le vélo pour les courses rapides et la voiture attelée de deux chevaux pour les livraisons plus importantes. Même s'il ne combat pas dans les tranchées, il est néanmoins en contact permanent avec le danger : obus, attaques aériennes, gazage, embuscades.

    A la fin de la guerre, Félix devient payeur aux Armées et est mis en congé illimité de démobilisation le 2 février 1919. Il rentre à Cholet, retrouve sa famille et reprend son poste d'employé de banque au Crédit de l'Ouest. Il obtient la croix de guerre avec étoile de bronze, la médaille de Verdun, la médaille Interalliée et la médaille de la Victoire. Il meurt dans sa ville natale le 30 juillet 1951.

  • Contenu ou introduction :

  • Félix Braud rédige son journal de guerre sur 11 petits carnets (14x9 cm), de 1914 à 1917. L'année 1918 est manquante, aussi peut-on se demander si les carnets suivants ont été perdus ou s'il a simplement cessé d'écrire. Son récit, entre le carnet de guerre et le journal intime, est pour lui, une parenthèse réconfortante dans le tourbillon de la guerre : " La guerre est une affreuse chose et les spectacles horribles, vus, lus ou entendus chaque jour s'effacent comme par enchantement au souvenir de vos charmants visages. "

    Ses deux premiers carnets sont bien tenus (presque au jour le jour), très rédigés et bien remplis. Les suivants sont plus courts et aérés, avec des notes prises à la volée. Il écrit seulement quand un fait marquant s'est produit ; sur certaines journées, il commente heure par heure les événements qui se déroulent (2e carnet, vue 58). Il ajoute fréquemment avec un autre stylo, des annotations qui viennent compléter le récit initial. Un nouveau carnet est repris généralement après une permission ou une nouvelle année.

    L'écriture est un moment de répit qui lui permet de prendre du recul, de noter ses réflexions, ses interrogations et de mettre des mots sur ce qu'il vit. N'étant pas en première ligne, il sait finalement peu de choses sur les opérations militaires, mais très observateur, il commente régulièrement les mouvements des bataillons (2e carnet, vues 57-58). Il suit les évènements à distance, entendant la canonnade au loin et supposant telles ou telles attaques, menées ou subies.

    Félix décrit principalement son métier de vaguemestre et détaille de façon précise ses tournées : l'infirmerie, les différentes compagnies, le poste de secours et le poste de commandement (2e carnet, vues 77-78). Son service postal (SP) se compose de quatre hommes nommés Richou, Blanchard, Romeuf et Lort, qui se répartissent les secteurs à distribuer (4e carnet, vues 16-17). Ses carnets contiennent des laissez-passer nécessaires à ses tournées (5e, 6e, 7e carnets).

    Outre son travail et son état d'esprit journalier, il évoque souvent la météo, la canonnade continuelle, les cérémonies militaires auxquelles il participe, les attaques subies, et aime raconter de façon plus légère l'histoire et l'architecture des villes traversées : Saint-Leu-Taverny (aujourd'hui Taverny et Saint-Leu-la-Forêt) (1er carnet, vues 12-17), Compiègne (8e carnet, vues 21-23), Bergues et son superbe beffroi (10e carnet, vues 24-25).

    Au cours de ses tournées postales, il prend le temps d'admirer le paysage et malgré la guerre, reste sensible à un beau coucher de soleil ou à un beau paysage. Réfléchi et humain, il se pose énormément de questions quant à l'origine et à l'utilité de la guerre : " Pourquoi faut-il que par un si beau jour d'automne les hommes s'entretuent ? Est-ce pour cela que Dieu nous a mis sur la Terre ? Quelles responsabilités écrasantes encourent les hommes coupables d'avoir déchainé le terrible fléau dont souffre à l'heure actuelle le monde civilisé ? " (2e carnet, vue 78 et 6e carnet, vues 21-22). Pratiquant, Félix signale les occasions où il a pu se rendre à la messe.

    Des photographies, des papiers personnels de Félix et des papiers militaires concernant le 72e régiment territorial d'infanterie complètent le fonds.

  • Mots-clés :

  • Typologie documentaire

    Journal

  • Contexte historique

    1914-1918

  • Personne(s)

    Braud, Félix Marie

  • Matière(s)

    Guerre 1914-1918 / Soldat

  • Communicabilité :

  • Libre accès

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande