Les archives de la Vendée

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1 Num 411 - Correspondance entre Henri Giraudineau et Marie Jaunâtre (1915-1918) Inventaire complet (pdf)

  • Origine :

  • Famille

  • Notice/biographie :

  • Henri Giraudineau et Marie Jaunâtre sont tous les deux originaires de la Loire-Atlantique. Le premier est né le 17 novembre 1885 à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, il est le fils d'Henri Giraudineau et de Marie Chagneau, cultivateurs au Maupas, sur la commune de La Limouzinière. La seconde est née le 23 juillet 1889 à Legé, elle est la fille d'Henri Jaunâtre et de Jeanne Michaud, cultivateurs à la Noue (commune de Legé).

    Ils se sont mariés à Legé le 18 juin 1919 et ont eu une fille, Bernadette née en 1920. Henri Giraudineau est mort à Legé, le 17 décembre 1922.

  • Contenu ou introduction :

  • De la correspondance échangée pendant la Première Guerre mondiale entre Henri Giraudineau et Marie Jaunâtre, 86 cartes postales ont été conservées : 59 écrites par Henri et 27 par Marie, entre 1915 et 1918. Au début de leurs échanges épistoliers en mars 1915, Henri et Marie qui se vouvoient jusqu'en 1918, sont âgés respectivement de 29 et 24 ans.

    Henri Giraudineau a été mobilisé au début du conflit. Né en 1885, il fait partie de la classe 1905 (bureau de recrutement de Nantes, numéro matricule 504) et a fait son service militaire au 39e régiment d'artillerie. Rappelé sous les drapeaux le 3 août 1914, il est incorporé au 83e régiment d'artillerie lourde. Le nombre assez réduit de cartes postales écrites depuis le front ne permet pas de suivre l'intégralité de son itinéraire. On sait toutefois qu'il est en première ligne en septembre 1915, dans la Marne près de Valmy, puis qu'il est engagé dans la bataille de Verdun (lettre du 31 mars 1916, 1 Num 411/1). Son parcours au front y prend fin. Plus exactement il quitte, selon son expression, la " fournaise de Verdun " le 8 juin 1916, date de son évacuation. Hospitalisé trois mois à Lyon, il séjourne ensuite à l'hôpital militaire Maison Blanche de Neuilly-sur-Marne (nov. 1916-août 1917), puis à l'hôpital Baur de Nantes (sept. 1917-mars 1918). Henri Giraudineau ne livre pas de détails sur son état de santé dans sa correspondance. On trouvera des renseignements à ce sujet dans sa fiche matricule militaire. Il est réformé, d'abord temporairement le 19 mars 1918, puis définitivement le 20 avril 1920, pour neurasthénie post-traumatique. Qu'il soit au front ou hospitalisé, sa résignation et son fatalisme semblent dominer à l'égard de l'armée : " le métier du front est toujours le même, ça n'avance pas beaucoup " écrit-il le 1er septembre 1915 depuis la Marne (1 Num 411/1), ou bien " j'attends et je laisse les choses venir " le 2 août 1917 depuis l'hôpital militaire Maison Blanche (1 Num 411/4).

    Dans sa correspondance, Henri parle de ses deux frères également mobilisés dès août 1914 : Jean-Marie (classe 1908, Nantes, n°1548) et Aristide (classe 1911, Nantes, n°1148). La consultation de leurs fiches matricules militaires respectives a permis de compléter les informations contenues dans les cartes postales de leur frère. Jean-Marie, blessé le 7 sept. 1914 à Fère Champenoise (Marne), est réformé pour hémiplégie. Il vit depuis chez ses parents, et son état de santé préoccupant est souvent évoqué dans les lettres d'Henri et de Marie. Quand à Aristide, il est au front d'août 1914 à juillet 1918. Il est ensuite réformé pour psychose subaigüe. Une carte écrite à son frère Henri en décembre 1914 est conservée (1 Num 411/7).

    Marie Jaunâtre écrit depuis la Noue (commune de Legé) où elle vit chez ses parents. La tristesse du pays en guerre, l'attente des prochaines permissions d'Henri, la crainte du danger qu'il court au front puis, à partir de son hospitalisation en juin 1916, l'inquiétude sur son état de santé ponctuent ses lettres. Sa foi est partagée avec celle d'Henri. Ses prières sont tournées vers son bien-aimé. L'un et l'autre font référence à Notre-Dame de Fréligné où Marie se rend en pèlerinage (commune de Touvois, Loire-Atlantique, 1 Num 411/1 et 6). On notera aussi que Marie et Henri évoquent souvent les noms de Monsieur le marquis et Madame la marquise de Guer. Leur bienveillance est soulignée ; Jean-Marie, le frère d'Henri, se déplace dans un fauteuil roulant donné par " Madame la marquise " (1 Num 411/1), et Henri reçoit un colis dès son arrivée à l'hôpital Maison Blanche (1 Num 411/4).

    Enfin, la présence sous les drapeaux d'Henri est vécue comme une période de privation de liberté : " vos cartes me rappellent mes jolies jours de liberté " fait savoir Henri (8 août 1916, 1 Num 411/2), et Marie de décrire la situation d'Henri de la façon suivante alors qu'il est à l'hôpital militaire de Neuilly-sur-Marne : " au moins là, rien ne vous manque que votre liberté, mais il vaut mieux être privé de la liberté que d'être au danger " (25 juin 1917, 1 Num 411/10).

  • Mots-clés :

  • Typologie documentaire

    Correspondance

  • Contexte historique

    1914-1918

  • Personne(s)

    Giraudineau, Henri Jean Marie / Giraudineau, Marie Rosalie Alphonsine (née Jaunâtre)

  • Matière(s)

    Guerre 1914-1918 / Couple

  • Communicabilité :

  • Libre accès

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande