Les archives de la Vendée

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1 Num 430 - Papiers Trichet et Daniau Inventaire complet (pdf)

  • Origine :

  • Famille

  • Notice/biographie :

  • Les papiers Trichet et Daniau concernent trois soldats mobilisés pendant la Première Guerre mondiale : deux frères, Joseph Gabriel et Eusèbe Trichet, et leur cousin, Arthur Daniau. Nés à La Chapelle-Hermier, ils y résident au lieu-dit le Garreau où leurs pères sont meuniers (voir le recensement de population de La Chapelle-Hermier en 1911). Ils exercent également tous les trois la profession de minotier.
    Joseph Gabriel Trichet et Arthur Daniau sont de la même classe d'âge (1915), et Eusèbe Trichet de la suivante (1916).
    Joseph Gabriel Trichet (RSY, classe 1915, n°1129) est incorporé à Paris au 23e régiment d'infanterie coloniale le 16 décembre 1914 et part au front le 7 mai 1915. Il est mort pour la France le 20 juillet 1916 dans la Somme, entre Assevillers et Barleux.
    Son frère, Eusèbe Trichet (RSY, classe 1916, n°467), est incorporé à Cholet le 8 avril 1915 au 77e régiment d'infanterie où il devient clairon. En partant au front en décembre 1915, il passe au 135e régiment d'infanterie, puis en mars 1916 au 100e régiment d'infanterie. Il est mort pour la France le 9 mars 1918 dans le secteur de Bétheny, au nord de Reims (Marne).
    Arthur Daniau (RSY, classe 1915, n°1039) est incorporé à Vannes au 116e régiment d'infanterie le 15 décembre 1914 et part au front le 17 mars 1915 pour rejoindre le 7e régiment d'infanterie coloniale. Il passe à l'Armée d'Orient en décembre 1916 et y reste jusqu'en juillet 1918, durant cette période il est évacué pour maladie durant trois mois (sept.-nov. 1917). Il passe successivement au 37e régiment d'infanterie colonial (nov. 1917), puis au 3e régiment d'infanterie colonial (sept. 1918), et termine la guerre au camp de Fréjus (oct. 1918). Il est décédé en 1935 à La Chapelle-Hermier.

  • Contenu ou introduction :

  • Les papiers Trichet et Daniau rassemblent la correspondance de deux frères, Joseph Gabriel et Eusèbe Trichet, et de leur cousin, Arthur Daniau, adressée principalement à Juliette Trichet, respectivement leur soeur et cousine. Un peu plus jeune que ses trois correspondants, Juliette Trichet est née en 1898, également à La Chapelle-Hermier, où elle est couturière ; elle épousera après la guerre, en octobre 1919, Fernand Thomas, un camarade de ses deux frères (voir la notice de Fernand Marius Auguste Thomas dans le Dictionnaire des Vendéens).
    La correspondance est surtout constituée de cartes postales, mais on trouvera aussi des lettres envoyées par Joseph Gabriel et Eusèbe Trichet à leurs parents. Leur père, Emmanuel, devient en janvier 1917 maire de La Chapelle-Hermier et c'est, dans cette fonction, qu'il apprend la mort de son second fils en mars 1918.
    Appartenant aux classes 1915 et 1916, Joseph Gabriel, Eusèbe Trichet et Arthur Daniau ont en commun d'être incorporés alors que la guerre est déjà déclarée. De ce fait, ils suivent une courte instruction militaire de quelques mois avant d'être envoyés dans la zone armée. On peut ainsi suivre en parallèle leurs premières impressions de la vie militaire dans les casernes de Paris, Cholet et Vannes, puis en première ligne. Leurs tempéraments se révèlent alors assez différents. Joseph Gabriel et Eusèbe Trichet s'attachent à décrire leur nouvel équipement, tandis qu'Arthur Daniau insiste davantage sur la dureté de ce nouveau " métier " (1 Num 430/10, vue 8).
    Au fil des lettres, le caractère des deux frères Trichet se confirme comme étant plus fort que celui de leur cousin. Avant son départ au front, Joseph Gabriel n'hésite pas à projeter un aller-retour en Vendée alors qu'il ne dispose pas de permission (1 Num 430/1, vues 17-20). Quant à son frère, Eusèbe, il se fait souvent critique dans ses observations : les routes sont dans un état " pitoyable " (1 Num 430/6, vue 38), l'eau est imbuvable (vue 42), la " nourriture très faible " (vue 81), son mécontentement s'affirme quand il ne peut pas assister à la messe dominicale (vue 81) et est à son comble au début de l'année 1918 : " Qu'est-ce qu'ils attendent pour accepter la paix ? Qu'une seule chose, c'est que nous soyons vraiment tous perdus " (vue 122).
    La foi réunit les deux familles, et les deux frères Trichet s'en remettent souvent à la grâce de Dieu : " si le Bon Dieu me fait la grâce de retourner au pays ", écrit Joseph Gabriel en juin 1915 (1 Num 430/1, vue 34), et son frère Eusèbe à Verdun en juillet 1916 : " je prie souvent le Bon Dieu et la Ste Vierge de me préserver des dangers " (1 Num 430/6, vue 48). Ils ne manquent pas non plus d'évoquer, comme leur cousin Arthur, la fête de la nativité de la Vierge célébrée le 8 septembre par un pèlerinage à Notre-Dame de Garreau, dans leur commune natale (1 Num 430/7, vue 2 et 1 Num 430/10, vue 34).
    Leurs correspondances fournissent quelques détails sur les emplois du temps dans les tranchées et sur des batailles. Dans la Somme en avril 1916, Arthur Daniau explique l'alternance des journées passées en première et en seconde lignes : " je suis en 1ère ligne depuis 3 jours. Dans 2 jours, on va en 2e ligne pour 5 jours, ensuite 5 jours en 1ère et c'est le truc qu'on fait depuis 2 mois " (1 Num 430/10, vue 28). De son côté, Joseph Gabriel Trichet précise son travail nocturne : " nous allons toutes les nuits en premières lignes travailler, nous partons le soir à 7h et nous retournons à 6h " (1 Num 430/1, vue 52). On sait également qu'il participe aux premières semaines de la bataille de la Somme déclenchées le 1er juillet 1916 (1 Num 430/1, vue 57), tandis qu'au même moment, son frère Eusèbe est engagé dans la " fournaise " de Verdun (1 Num 430/6, vue 48).

  • Communicabilité :

  • Libre accès

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande

  • Sources complémentaires :

  • Aux Archives de la Vendée

    Voir les notices biographiques de Joseph Gabriel Emmanuel TRICHET, d'Eusèbe Victor Emmanuel TRICHET et d'Arthur Maurice Usèbe Victor DANIAU dans le Dictionnaire des Vendéens.

    Voir aussi les notices biographiques de Fernand Marius Auguste THOMAS (époux de Juliette TRICHET) et de ses deux frères Camille Emmanuel THOMAS et Georges Albert Bénoni THOMAS dans le Dictionnaire des Vendéens.