FONDS DE L'INSPECTION ACADÉMIQUE (articles 1 T 1-745)
Bien que figurant dans le décret organique relatif à l'Université impériale (17 mars 1808), l'inspection académique ne prend réellement son ampleur qu'avec les lois des 14 juin 1854 et 30 octobre 1886. Chaque département est alors doté d'un inspecteur d'académie, relais local du recteur d'académie - en l'occurrence l'académie de Poitiers pour la Vendée jusqu'en 1962 - et du ministère de l'Instruction publique.
L'enseignement primaire constitue la principale attribution de l'inspection académique : création d'écoles publiques, ouverture d'écoles privées, contrôle du personnel enseignant (organisation des examens, nomination, mutation et inspection) et des bâtiments. Rappelons que le développement de l'enseignement primaire, longtemps laissé à l'initiative locale, a été peu à peu organisé au cours du XIXe siècle. Secondé dans son action par des inspecteurs primaires, l'inspecteur d'académie siège dans différentes instances cantonales et départementales, parmi lesquelles le Conseil départemental de l'instruction publique.
Les archives de l'inspection académique de la Vendée ont fait l'objet de versements successifs aux Archives départementales en 1972, 1976 et 1988. La majeure partie du fonds classé dans la série T couvre une période allant de la fin du XIXe siècle (principalement après 1886, date à laquelle la loi donne véritablement son envergure à l'inspection académique) à 1942 (les registres d'inscription aux concours d'entrée des écoles normales courent jusqu'en 1946).
La première partie (articles 1 T 1 à 137) est consacrée à la gestion proprement dite de l'inspection académique et du personnel, l'institution étant notamment en charge du traitement des instituteurs publics du département.
La seconde partie (articles 1 T 138 à 691) concerne la principale attribution de l'inspection académique : l'enseignement primaire. Exception faite de quelques documents statistiques concernant les écoles congréganistes pour les années 1890-1908, il s'agit pour l'essentiel de l'enseignement public, les dossiers des écoles primaires privées étant classés dans le versement 1959 W. De très nombreux dossiers d'instituteurs ayant exercé entre 1880 et 1940 ont été conservés et permettent de reconstituer leur carrière. Figurent également dans cette partie les dossiers des écoles primaires publiques de 303 communes vendéennes, anciennes et actuelles, regroupant des pièces concernant notamment le fonctionnement, le personnel et le mobilier de l'école. Enfin, l'inspection académique ayant en charge l'organisation du certificat d'études primaires et des différents brevets permettant d'enseigner dans le primaire, on trouvera également dans cette partie les registres d'inscription des candidats et les procès-verbaux des examens.
La troisième partie (articles 1 T 692 à 727) concerne l'enseignement secondaire. Il s'agit essentiellement des dossiers du personnel enseignant des collèges et du lycée de La Roche-sur-Yon (actuellement collège Edouard Herriot).
La quatrième partie (articles 1 T 728 à 741) est consacrée aux écoles normales d'instituteurs et d'institutrices. Président du conseil d'administration des établissements de formation, l'inspecteur d'académie a également une place prépondérante dans le recrutement des élèves : il est chargé d'enregistrer les inscriptions à l'examen, d'enquêter sur la moralité des candidats et il préside la commission d'examen. Registres d'enregistrement et procès-verbaux des examens d'admission ont été conservés de la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle.
Enfin la dernière partie de ce fonds concerne l'enseignement technique (articles 1 T 742 à 745). Y figurent quelques registres d'inscription des candidats et procès-verbaux d'examens (certificat exigé pour les aspirantes sages-femmes, examens pour l'enseignement de la gymnastique ou pour l'enseignement agricole, etc.).
FONDS DES ÉCOLES NORMALES (articles 1 T 746 à 923)
A la suite des expériences menées dans plusieurs départements français et du règlement du 14 décembre 1832, la loi Guizot du 28 juin 1833 prévoit la création dans chaque département d'une école normale primaire afin de former les instituteurs appelés à enseigner dans les écoles primaires communales.
L'école normale primaire de garçons de Vendée ouvre à La Roche-sur-Yon à l'automne 1837 (avis préfectoral concernant l'examen d'admission, 16 août 1837) ; un cours normal de filles est mis en place à la fin de l'année 1846 (avis préfectoral concernant l'examen d'admission, 8 août 1846) mais leur école normale n'est réellement constituée qu'à partir de 1884.
Il ne subsiste rien des premières décennies d'existence des écoles normales : si les documents couvrent une période de 1871 à 1975-1976, la plupart des articles concerne le XXe siècle, d'autant plus qu'une partie des archives de l'école normale de garçons a brûlé dans les années 1940.
Le choix de clore ce fonds en 1975-1976 s'explique par la fusion des deux établissements : en septembre 1975, les deux conseils d'administration se regroupent, prélude à la réunion des écoles prise par l'arrêté ministériel du 22 juin 1977.
Un plan de classement identique a été adopté pour chaque école. Les premières parties sont consacrées à la gestion de l'école (direction, comptabilité), au bâtiment et au mobilier. On y trouvera notamment les procès-verbaux de réunion des conseils d'administration, la correspondance émise et reçue ainsi que la comptabilité de l'établissement. Il est ensuite question du personnel enseignant et des élèves (concours d'admission et certificats de fin d'études, scolarité, avec notamment des travaux illustrés sur la Vendée).
FONDS DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES (articles 1 T 924 à 1224)
Les écoles et collèges existant en Vendée sous l'Ancien Régime disparaissent avec la Révolution (collège de Fontenay-le-Comte notamment). Si quelques établissements secondaires rouvrent sous le Directoire (Ecole centrale de Luçon) puis sous le Consulat et l'Empire, l'enseignement primaire reste limité au début du XIXe siècle et repose en grande partie sur l'initiative des congrégations religieuses (soeurs de Mormaison notamment). Il faut attendre les lois sur l'instruction primaire, en particulier celles de 1833 puis 1850, pour que les communes se dotent durablement d'écoles primaires. Pris dans la foulée de la politique laïque de Jules Ferry, le décret du 3 mai 1882 met à disposition la somme de 600 000 francs pour la construction dans les deux ans de 50 écoles de hameau en Vendée, "considérant que l'école communale établie au chef-lieu ne peut répondre aux besoins de la population" (Journal officiel). Enfin, conséquence de la loi de 1886 qui laïcise le personnel de l'enseignement primaire communal, la fin du siècle voit une forte progression du nombre d'ouverture d'écoles libres, passant de 198 en 1890 à 234 dix ans plus tard.
Des archives d'établissements scolaires publics sont classées dans ce fonds (articles 1 T 924 à 1224). Sont concernés les écoles primaires publiques (garçons et filles) de 17 communes vendéennes, le lycée de La Roche-sur-Yon (actuellement collège Edouard Herriot) et le collège François Viète de Fontenay-le-Comte. Les archives des écoles communales ne figurant pas dans ce fonds peuvent avoir été annexées aux archives communales ou être restées au sein des établissements (voir Sources complémentaires).
Les dossiers sont classés par commune, puis par établissement (école de filles, école de garçons, collège). On trouvera notamment, pour les écoles primaires communales, les registres matricules des élèves et des instituteurs, les listes d'inscription annuelles, les registres d'appel journalier ainsi que des pièces relatives à la gestion de l'établissement (relations avec la mairie, inventaires du mobilier et de la bibliothèque, programmes scolaires, procès-verbaux d'installation des enseignants, etc.).
Le fonds le plus important (articles 1 T 1005 à 1 T 1195) est celui versé en 1982 par le collège Herriot, héritier du premier établissement secondaire créé dans le département par le décret consulaire du 19 vendémiaire an XII (12 octobre 1803). Initialement installée à Saint-Jean-de-Monts, cette école secondaire impériale, puis royale, est transférée en 1814 à La Roche-sur-Yon, chef-lieu du département.
Une ordonnance royale l'érige au rang de "collège royal de 3e classe" en 1838 ; il devient "lycée" en 1848. En 1956, l'établissement est baptisé lycée Edouard Herriot, du nom de l'ancien président du Conseil et ministre qui le fréquenta de 1877 à 1887. Agrandi en 1960, il perd les classes du second cycle dix ans plus tard et devient collège au sens actuel du terme.
Les archives conservées concernent l'ensemble des activités de l'établissement pour la période 1815-1965. On y trouvera notamment les documents relatifs à la direction (délibérations du conseil d'administration, courrier, comptabilité), au personnel enseignant (procès-verbaux d'installation, dossiers de personnel), aux élèves (listes des promotions d'élèves, dossiers d'admission pour les années 1940-1963), ainsi qu'au bâtiment et au mobilier scolaire. A noter que les ouvrages de la bibliothèque du lycée (près de 1800 volumes) ont été transférés en 2002 aux Archives départementales de la Vendée et sont conservés dans le fonds de la bibliothèque (cotes BIB 1 G et BIB 1 PG). Figurent par ailleurs dans ce versement des documents relatifs au collège des Sables-d'Olonne (actuellement lycée Savary de Mauléon), créé en 1939 comme annexe du lycée de La Roche-sur-Yon.
D'autres écoles secondaires sont créées à partir du Directoire à Fontenay-le-Comte, à Luçon (école centrale du département) et aux Sables-d'Olonne. Les deux premiers établissements sont par la suite transformés en collèges communaux ; leurs archives qui subsistent sont conservées dans la série R des archives de la commune correspondante.