Les archives de la Vendée

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40 Fi 2 - Photographies de Jean Robuchon (1922-1935) Inventaire complet (pdf)

  • Notice/biographie :

  • Jean Louis Eugène Robuchon naît le 30 juin 1896 dans le 18e arrondissement de Paris. Ses parents, mariés depuis 8 ans, habitent alors la capitale, ville natale de sa mère Marie Eléonore Malaurent. Son père, François Louis Robuchon, y exerce le métier de comptable. Ils reviennent ensuite habiter à L'Orbrie, où ils sont recensés à partir de 1911. Cette commune du sud-est de la Vendée - où le père de Jean est né en 1851 et dont il sera maire de 1919 à 1925 - s'avère être le fief de la famille Robuchon. Parmi ses lointains cousins, François compte le photographe et éditeur de cartes postales Jules Robuchon (leurs ancêtres communs, Jean Robuchon et Catherine Soulard, se sont mariés le 16 janvier 1758 à L'Orbrie). Plusieurs membres de la famille Robuchon apparaissent sur les photographies de Jean, notamment le fils de Jules Robuchon, Gabriel, célèbre artiste-peintre connu sous le pseudonyme de Mérovak.

    Conscrit de la classe 1916 (bureau de Fontenay-le-Comte, n° matricule 222), Jean est mobilisé au cours de la Première Guerre mondiale, d'août 1916 à septembre 1919. Incorporé successivement aux 6e, 1er et 9e régiments du Génie, il monte régulièrement en grade et finit le conflit sous-lieutenant. Le jeune officier reçoit une citation et des décorations pour s'être distingué, notamment lors de l'attaque des Monts de Champagne et de la bataille des Flandres. Quelques années plus tard, il effectue ce qui ressemble à un pèlerinage sur les lieux de ces combats (voir les clichés de champs de bataille et de cimetières militaires dans l'est de la France).

    Le 26 avril 1920, Jean Robuchon épouse Marthe Joséphine Solange Guillon à Saint-Pierre-le-Vieux. La jeune mariée, née dans cette commune le 24 mai 1901, réside à la Porte de l'Ile avec ses parents, Clémence Braud et Léon Guillon. Ce dernier est licencié en droit, minotier et vice-président de la Chambre de Commerce de la Vendée.

    Marthe et Jean s'installent à Fontenay-le-Comte, où Jean est avocat. Les actes de naissance de leurs trois enfants permettent de suivre leurs adresses successives : le 19 décembre 1920, quand Pierre Roger voit le jour (à L'Orbrie, où il décède quelques heures plus tard), ses parents sont domiciliés au 108 rue de la République, Francette Marthe naît le 21 février 1925 au 119 de la même rue et Pierrette Annette Jeanne le 7 février 1927 au 2 square Saint-Michel. Les plaques de verre prises par Jean illustrent cette période des années 1920-1930. Le couple figure sur de nombreux clichés, lors de leurs voyages à travers tout l'hexagone et à l'étranger. Le fonds contient aussi des portraits de leurs parents et de leurs amis.

    Jean Robuchon est donc avocat à Fontenay-le-Comte, mais aussi bâtonnier à La Roche-sur-Yon, président de la Mutualité vendéenne et vice-président de la Mutualité française, ou encore secrétaire général adjoint du Syndicat d'initiative fontenaisien. Dans son article de la "Revue de la Société des écrivains de Vendée" (n° 22, 2010-2011) consacré à Jean Robuchon, Guy Perraudeau dépeint Jean comme un "Fontenaysien de coeur et de conviction. Avocat, bâtonnier de l'ordre, très respecté en Vendée. On pouvait le voir, square Saint-Michel, sortant de sa maison, toujours élégant et portant avec aisance son chapeau et ayant à la main une canne de convenance, plus que de nécessité. (...) Passionné par le barreau, il n'en resta pas moins un défenseur du droit et anima plusieurs organismes sociaux."

    En 1939, il est rappelé sous les drapeaux. Ayant été promu lieutenant puis capitaine de réserve pendant l'entre-deux-guerres, il est affecté au commandement du Génie du 16e corps d'armée. Fait prisonnier à Dunkerque le 4 juin 1940, il est interné à l'Oflag II D, jusqu'à sa libération en août 1941 au titre d'officier de réserve ancien combattant de la guerre 1914-1918.

    Pendant ces 14 mois dans le camp, Jean donne des cours de droit aux autres officiers prisonniers. Selon le témoignage de René Baticle, un de ses compagnons et l'auteur de la préface du livre sur les légendes vendéennes publié par Jean en 1944, le professeur improvisé intéressait aussi son auditoire "par [ses] causeries sur la profession d'avocat ou [ses] souvenirs de voyage dans l'île d'Ouessant, et les officiers qui [l]'écoutaient n'ont pas été longs à s'apercevoir que, sous le docte professeur et le juriste averti, transparaissait un historien très au courant des faits du passé". En effet, déjà auteur de plusieurs articles dans la "Revue du Bas-Poitou" avant la Seconde Guerre mondiale, Jean Robuchon signe cinq ouvrages sur l'histoire de la Vendée après le conflit (voir bibliographie).

    Jean et Marthe divorcent en 1952. Jean se remarie avec Renée Marcelle Henriette Maingot le 12 juillet 1955 à Paris. Il est toujours domicilié au 2 square Saint-Michel, à Fontenay-le-Comte, lors des recensements de 1954 et 1961 ; il décède dans cette ville le 12 janvier 1976. Marthe s'éteint à Saint-Hilaire-des-Loges le 22 juillet 1993.

    Ces informations biographiques sur Jean et sa famille sont extraites de l'état-civil, des listes nominatives de recensement et de sa fiche matricule militaire. Au-delà de ces données très "administratives", ses clichés révèlent une facette plus intime de Jean Robuchon, le voyageur, féru d'histoire, photographe amateur, alpiniste, joueur de tennis à l'occasion, portant la moustache et fumant la cigarette... Des zones d'ombre subsistent cependant, avec les portraits et les sites non identifiés et l'absence d'explication sur sa courte "carrière" de photographe limitée à la période 1922-1935.

  • Contenu ou introduction :

  • Le fonds de photographies de Jean Robuchon est composé de 1925 plaques de verre, majoritairement stéréoscopiques au format 6 x 13 cm. Ce photographe amateur avait visiblement pour habitude de réaliser un double de ses plaques négatives noir et blanc en positif monochrome. Le choix a été fait de numériser systématiquement les deux vues, positive et négative, lorsqu'elles existent. Le cliché positif est alors présenté en premier, sauf lorsque le négatif est de meilleure qualité.

    Les plaques de verre du fonds sont en partie légendées : sur la boîte en bois qui les contenait et/ou sur une étiquette collée sur la bande noire maintenant les deux plaques de verre des positifs (ces légendes n'apparaissant pas ou peu sur les images, numérisées par transparence). Les légendes, manuscrites, semblent être l'oeuvre de deux auteurs différents, contemporains des clichés - sûrement Marthe et Jean. Une vingtaine de photographies non identifiées ont pu l'être grâce aux internautes qui ont su les reconnaître sur le L@boratoire : un grand merci à eux ! Il reste cependant des lieux non identifiés ou pour lesquels un doute subsiste ; n'hésitez pas à informer les Archives de la Vendée si vous les reconnaissez.

    L'inventaire présente tout d'abord les membres de la famille et leurs proches. Viennent ensuite des photos reportages et des reproductions d'illustrations pour des ouvrages, ensemble qui manifeste l'intérêt de Jean Robuchon pour le monde qui l'entoure comme pour les travaux historiques. Toutefois la majorité des clichés reflète les nombreux voyages réalisés par l'avocat et sa femme entre 1922 et 1935 : en Vendée (environ 300 plaques), en France (1450 plaques) et à l'étranger (100 plaques). En effet, comme son lointain cousin le photographe Jules Robuchon, Jean a sillonné l'hexagone en immortalisant les lieux visités. Peu de régions ont échappé à son objectif, cependant les destinations privilégiées du couple semblent avoir été la Bretagne (près de 570 plaques) et les Pyrénées (environ 430). Il est possible que les plaques non stéréoscopiques, de format 8,5 x 10 cm et 9 x 12 cm, aient été, soit achetées, soit réalisées par François Robuchon, le père de Jean.

    Les clichés réalisés en Vendée concernent principalement le sud-est du département : Fontenay-le-Comte (où habitent Marthe et Jean depuis leur mariage en 1920), Mervent, Vouvant, L'Orbrie (lieu de résidence des parents de Jean), Maillezais, Nieul-sur-l'Autise et Bouillé-Courdault.

    Sont également représentées une dizaine de communes du bocage (dans les cantons des Herbiers, de Mortagne-sur-Sèvre, de Pouzauges et de La Châtaigneraie) et quelques unes sur la côte (dont Les Sables-d'Olonne et L'Ile-d'Yeu) et autour de Luçon.

    Quant aux photographies de l'étranger, elles concernent surtout des pays limitrophes, comme l'Espagne et la Suisse, visités lors de séjours dans les Pyrénées ou les Alpes. Marthe et Jean se sont également rendus à Jersey en 1928 et à Londres en 1934. Par contre, les clichés pris en Italie et en Égypte ne seraient pas l'oeuvre de Jean, comme semblent l'indiquer l'absence de négatif, la présence de légendes imprimées et des anachronismes vestimentaires.

  • Historique de la conservation :

  • Les 1925 plaques de verre prises par Jean Robuchon étaient conservées chez Mme Simonneau, la fille de sa seconde épouse. M. et Mme Simonneau ont fait don du fonds de Jean Robuchon (40 Fi 2) aux Archives de la Vendée en 2014, comme ils l'avaient fait en 2000 pour la collection de photographies de René Simonneau (40 Fi 1), le père du donateur, photographe à Fontenay-le-Comte et ami de Jean Robuchon.

  • Voir les instruments de recherche :

  • 40 Fi 1 - Fonds René Simonneau (photographe à Fontenay-le-Comte et ami de Jean Robuchon).

  • Communicabilité :

  • Les photographies, à l'exception de celles trop abimées, ont toutes été numérisées et sont consultables en ligne (les plaques de verre originales ne sont pas communicables en salle de lecture).

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande.

  • Bibliographie :

  • Jean Robuchon est l'auteur de plusieurs articles parus dans la "Revue du Bas-Poitou" (titre numérisé, en ligne sur le site des Archives), dont 3 sur les buttes huîtrières de Saint-Michel-en-l'Herm co-écrits avec Jean Gambier en 1929, 1936 et 1937.

    Ce passionné de l'histoire de la Vendée a également signé 5 ouvrages, tous imprimés chez Lussaud à Fontenay-le-Comte :

    - "Légendes et récits vendéens : le surnaturel", 1944 (BIB A 254 et BIB 6 G 72).

    - "Les noms de famille en Bas-Poitou : essai d'anthroponymie régionale", 1947 (BIB 946).

    - "Les grandes heures de Georges Clemenceau", 1967 (BIB 5266).

    - "Le bosquet de lauriers : ou les fastes d'une petite ville, Fontenay-le-Comte en Bas-Poitou", 1970 (BIB 5102).

    - "Les chefs vendéens de 93 : Cathelineau, d'Elbée et Bonchamps, Lescure et La Rochejaquelein, Charette", 1974 (BIB 5447).