Les archives de la Vendée

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Photographies et cartes postales de la famille Bujeaud (1850-1929) Inventaire complet (pdf)

  • Notice/biographie :

  • André Bujeaud (1861-1943) est le personnage central du fonds qui porte son nom. Issu de la bourgeoisie protestante de Sainte-Hermine par sa mère, Louise Boutet, il hérite des métairies de sa grand-mère maternelle à la mort de cette dernière en 1897. Orphelin dès 1883 puis veuf à 34 ans, le bonheur revient peu à peu dans sa maison du Clos avec sa seconde épouse, Élisabeth Moutard, et leurs quatre enfants.

    André Bujeaud s'avère également être un personnage important sur la scène politique locale, perpétuant ainsi les convictions et l'engagement de ses père, oncles et grands-parents, tous fervents républicains. Maire de Sainte-Hermine de 1908 à 1942, il est également conseiller d'arrondissement du canton de Sainte-Hermine à partir de 1907 en tant que "républicain de gauche" puis "radical indépendant". Il recueille d'ailleurs, dans l'exercice de cette fonction, des commentaires élogieux de la part de l'administration préfectorale : "Républicain de conviction. Un homme des plus distingués. M. Bujeaud, président du conseil d'arrondissement de Fontenay-le-Comte est très influent dans le canton de Sainte-Hermine. Maire du chef-lieu de canton, il seconde activement le conseiller général, M. Parenteau. Intelligent et expérimenté, dévoué et d'une droiture absolue" (Arch. dép. Vendée, 3 M 301).

    Une source écrite (conservée dans le fonds de la famille Chatelain, déposé aux Archives de la Vendée sous la cote 156 J) se révèle très précieuse pour qui s'intéresse de plus près à ce fonds de famille et, en particulier, à l'auteur des plaques de verre, André Bujeaud. Il s'agit des très nombreuses lettres que ce dernier adressa à Amélie Chatelain, une de ses tantes éloignées et la mère de sa première épouse Marguerite. Cette correspondance soutenue, principalement sur la période 1896-1902, nous plonge véritablement dans l'intimité de ce jeune veuf, jusqu'à son remariage avec Élisabeth et la naissance de leur première fille. Dans ses lettres, il partage avec celle qu'il appelle sa "petit'mère chérie" le suivi des travaux de ses employés, l'entretien de sa maison et de son jardin, les nouvelles de ses proches, l'actualité de Sainte-Hermine (construction de la beurrerie et des halles, arrivée du train, faits divers), ses opinions et responsabilités politiques (il suit de près l'affaire Dreyfus et le rôle qu'y joua son oncle Édouard Grimaux, il relate aussi ses missions en tant qu'adjoint au maire) ainsi que ses voyages et ses loisirs.

    Parmi ces derniers, André évoque très souvent la photographie et retrace pas à pas ses débuts dans cet art : l'achat de son nouvel appareil en novembre 1896, l'installation de sa chambre de développement, ses sujets, ses échecs et ses réussites. En voici seulement trois extraits parmi les plus intéressants : "9 décembre 1896. Me voilà devenu photographe ; mon appareil est arrivé lundi et je me suis mis aussitôt à étudier son fonctionnement. Je le trouve étonnamment commode à manœuvrer, on opère avec une ou plusieurs plaques, comme l'on veut… Lundi j'ai bien essayé à faire quelques photographies, mais je me suis aperçu que les vitres rouge et jaune de ma chambre noire n'étaient pas assez sombres… J'ai deux ou trois clichés qui donnent quelque chose, reste à savoir s'ils sont assez posés, assez développés… Ernestine [Bardet] s'extasie sur mes débuts de photographe et s'étonne de toutes ces transformations qui se font sous ses yeux", "12 décembre 1896. Je suis dans la photographie jusqu'au cou, jusqu'ici les sujets ne manquent pas et ne pouvant courir les champs pour prendre des paysages, je photographie les bonnes", "2 janvier 1897. Je crains d'être obligé de portraiturer tous les habitants de Sainte-Hermine les uns après les autres".

    Ses lettres mentionnent également les commandes de fournitures qu'André Bujeaud effectuait, en général chez Trambouze à Paris. Les boîtes d'origine des plaques de verre, dans lesquelles le photographe amateur rangeait ses oeuvres, indiquent aussi sa préférence très nette pour les plaques de verre sèches au gélatino-bromure d'argent de la "Société anonyme des plaques et papiers photographiques A. Lumière et fils".

  • Contenu ou introduction :

  • Le fonds de la famille Bujeaud, conservé aux Archives de la Vendée sous la cote 83 Fi, est composé de près de 2500 pièces iconographiques (photographies et cartes postales) qui racontent en images l'histoire de cette famille protestante et républicaine de la bourgeoisie de Sainte-Hermine.
    André Bujeaud naît en 1861 d'une mère herminoise, Louise Boutet, et d'un père charentais, Jérôme Bujeaud. Sa seconde femme, Élisabeth Moutard, qu'il épouse à Paris en 1901, lui donne 4 enfants, Julienne, Louise, Jean et Rachel, qui grandissent dans la maison familiale du Clos, rue de l'Anglée à Sainte-Hermine. Maire de la commune, conseiller d'arrondissement et propriétaire de plusieurs métairies, André est une personnalité locale qui compte parmi ses nombreuses relations un Vendéen célèbre, Georges Clemenceau. Ce dernier est le plus connu de la longue liste des personnes qui ont posé devant l'appareil de ce photographe amateur. Ses sujets préférés sont ses quatre enfants, dont les nombreux clichés témoignent de l'importance de ces naissances dans la vie de cet homme, père à 40 ans après avoir perdu jeune ses parents, sa sœur et sa première femme. Mais ses réalisations photographiques dépassent le cercle familial et ce sont de nombreux habitants des alentours, dont ses domestiques et ses métayers, qui défilent devant son objectif.
    Les autres clichés d'André Bujeaud reflètent la vie quotidienne (travaux agricoles et domestiques, loisirs et événements) autour de la maison du Clos à Sainte-Hermine et du château de la Jordronnière à Sigournais (demeure des Chatelain, parents et amis des Bujeaud), ainsi que les sorties en Vendée et au-delà, notamment à Angoulême (région d'origine du père d'André).
    André Bujeaud est donc l'auteur des quelques 800 plaques de verre (dont environ 650 sont présentées ici) que compte le fonds et dont les tirages sont collés dans des albums. Cependant, le fonds Bujeaud se compose aussi de plus de 500 portraits plus anciens (principalement de la 2e moitié du 19e siècle), type "photos-cartes de visite" (très en vogue à cette époque), rangés dans les albums familiaux hérités des familles d'André et d'Élisabeth, ainsi que d'un album de 91 tirages photographiques des années 1920. Toutes ces photographies (près de 1300 au total) sont regroupées de façon thématique dans la première partie de l'inventaire. Elles ont fait l'objet d'un important travail d'identification, principalement les portraits, réalisé à partir des généalogies fournies par la famille (dont une version complétée est accessible au début de l'inventaire), mais aussi par le biais de recherches dans l'état civil et les recensements de population.

    La famille conservait également une importante collection de cartes postales (plus de 1200), reçues et envoyées par Élisabeth et André Bujeaud, leurs enfants et leurs proches. La plupart d'entre elles ont été données aux Archives de la Vendée, les autres remises sous forme de copies numériques.
    Les cartes postales relatives à la Vendée ont été décrites et numérisées, soit près de 480 cartes qui couvrent 107 communes vendéennes, principalement entre Luçon et Mortagne-sur-Sèvre. Les trois communes les plus représentées sont : Sainte-Hermine (lieu de résidence des Bujeaud), Chantonnay (où était domiciliée Jeanne Grimaux, une cousine d'André) et Les Sables-d'Olonne (lieu de villégiature estivale de la famille).

    Par ailleurs, 112 cartes postales (sur les près de 1200 que comporte le don) ont été sélectionnées pour l'intérêt de la correspondance portée au verso, qui renseigne sur le mode de vie des Bujeaud et leurs relations avec les autres personnes photographiées dans l'inventaire. Cette sélection est classée par destinataire et par sujet.

    En conclusion, cet inventaire, dont une première partie avait été publiée en automne 2012, révèle la richesse de ce fonds de famille, témoin d'une époque - la toute fin du 19e siècle et le début du 20e siècle - et d'un mode de vie propre à cette petite bourgeoisie, alternant entre sa résidence principale en province, son appartement parisien et ses lieux de villégiature.

  • Mode de classement :

  • Les cartes postales sont toutes présentées dans cet inventaire sous la cote 1 Num 59 3, aussi bien celles qui ont été données aux Archives de la Vendée que celles remises sous forme de copies numériques (reconnaissables à l'absence de bords noirs et à une définition moindre). Les cartes relatives à la Vendée sont décrites et numérisées, exceptées celles dont un double figure déjà dans un autre inventaire de cartes postales consultable sur le site des Archives départementales.

    Par ailleurs, 29 des cartes postales du fonds Bujeaud sont intégrées (toujours sous la cote 1 Num 59 3) à l'inventaire particulier dédié aux cartes postales de l'éditeur rochelais Raymond Bergevin, aussi connu sous le pseudonyme de Ramuntcho. Il est vraisemblable que d'autres cartes postales présentées ici, parmi celles dont les Archives ne possèdent que la version numérique, aient également pour éditeur R. Bergevin, mais il n'est pas possible d'en être certain puisque cette information figure le plus souvent au verso.

  • Mots-clés :

  • Personne(s)

    Bujeaud (famille)

  • Communicabilité :

  • Les photographies et cartes postales numérisées sont consultables en ligne. Les quelques clichés photographiques et les cartes postales hors Vendée qui n'ont pas fait l'objet d'une numérisation sont accessibles sur autorisation, sur demande écrite.

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande.

  • Sources complémentaires :

  • Aux Archives de la Vendée

    Les photographies prises par André Bujeaud lors de l'Exposition universelle de 1900 et de l'érection du monument Clemenceau à Sainte-Hermine en 1920-1921 font l'objet de deux expositions virtuelles (consultables sous la rubrique "Découvrir" du site des Archives de la Vendée) qui mettent en valeur certains des plus intéressants clichés du fonds :

    - "L'hommage des Vendéens à l'un des leurs : le monument Clemenceau à Sainte-Hermine", qui comprend une bibliographie détaillée dans son dernier chapitre.

    - "L'Exposition universelle de 1900 photographiée par André Bujeaud, un Vendéen".

    - 156 J - Fonds de la famille Chatelain, en particulier la correspondance reçue des familles Bujeaud, Boutet et Grimaux (dont les très nombreuses lettres écrites par André Bujeaud à Amélie Chatelain).

    - 1 Num 59 1 - Prêt Bujeaud, 2003 (non traité), comprenant les notes et la maquette de l'ouvrage "Chants et chansons populaires des provinces de l'Ouest : Poitou, Saintonge, Aunis et Angoumois" de Jérôme Bujeaud (dont les Archives de la Vendée conservent une édition de 1895 sous la cote BIB 5 G 440/1-2).

  • Bibliographie :

  • Les travaux suivants (consultables aux Archives de la Vendée) ont été réalisés à partir de ses archives familiales par André Bujeaud (1944-2012), petit-fils de son homonyme, l'auteur des plaques de verre :

    - "L'année terrible en Vendée, témoignage d'une famille républicaine : 1870-1871", article publié dans "Recherches vendéennes n° 17", 2010, p. 351-406 (BIB PC 16).

    - "Un grand savant vendéen : Édouard Grimaux (1835-1900)", article publié dans "Recherches vendéennes n° 12", 2005, p. 373-416 (BIB PC 16), ainsi que des recueils de publications et des textes inédits du chimiste (BIB MEM 692, BIB MEM 693 et BIB C 868/12).

    - "Vie d'Édouard Grimaux 1835-1900", 2003 (1 J 2214).

    - "Jérôme Bujeaud (1834-1880), vie et œuvre", 2003 (1 J 2217).

    - "Le monument Clemenceau de Sainte-Hermine (Vendée) : son histoire", 2007 (BIB C 573/5).

    D'autres imprimés d'auteurs différents relatifs aux mêmes sujets sont également conservés dans la bibliothèque des Archives départementales de la Vendée.