Les archives de la Vendée

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Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée Inventaire complet (pdf)

  • Contenu ou introduction :

  • La Société d'émulation de la Vendée, à l'instar des autres sociétés savantes qui fleurissent au XIXe siècle, regroupe des érudits, des membres du clergé et des notables locaux avides de progrès et d'innovations, intéressés par la vie du département et désireux de mettre leurs efforts en commun afin de le promouvoir et de l'étudier.



    AUX ORIGINES DE LA SOCIETE D'EMULATION DE LA VENDEE

    Dans la séance tenue le 7 juillet 1854 par le bureau du comice agricole de La Roche-sur-Yon, Boby de La Chapelle, préfet du département, fait connaître les statuts d'une société qu'il souhaite former en Vendée, dont le " but est le développement de l'agriculture dans ses branches diverses, l'encouragement et le progrès de l'industrie, des lettres, des sciences et des arts. " Cette organisation, appelée Société d'émulation de la Vendée, se subdivise en trois groupes : Section d'agriculture ; Section d'horticulture et d'arboriculture ; Section des sciences et des arts.

    Mais qu'est-ce qu'une " société d'émulation " ? Le développement des sociétés savantes au cours du XIXe siècle s'inscrit dans la continuité des lieux de réunions informels, les salons, ou organisés, les académies et les bureaux d'encouragement à l'industrie et au commerce, qui virent le jour aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les académies, qui recrutaient par cooptation, travaillaient en séances au cours desquelles leurs membres donnaient des communications. Elles élargissaient leur audience en animant un réseau de correspondants et assuraient leur promotion en organisant des concours. Supprimées sous la Révolution, ces compagnies furent rétablies sous l'Empire et la Restauration mais leur vocation encyclopédique était alors désuète. De 1830 à 1850, une quarantaine de sociétés nouvelles voient le jour, principalement en province, bien que leur implantation soit très inégale. Prenons l'exemple des sociétés d'émulation. Si la plus ancienne, celle de l'Ain, est fondée en 1755, la plupart le seront au cours de la première moitié du XIXe siècle (une quinzaine est recensée à la veille de 1939). Elles s'implantent uniquement dans la moitié nord de la France, principalement dans l'Est, et apparaissent tardivement dans l'Ouest comme en témoigne l'exemple vendéen. Suivant le modèle des sociétés d'agriculture, plutôt que celui des sociétés d'histoire et d'archéologie plus tardives et plus littéraires, leurs membres se distinguent par leur intérêt pour l'agriculture, l'industrie et le commerce.

    Henri de Puiberneau, conseiller général et président du comice agricole de La Roche-sur-Yon, prend la tête de la Société d'émulation de la Vendée qui compte plus de 300 membres fondateurs. Les listes des membres, publiées très régulièrement jusqu'en 1922, puis périodiquement, ou sous forme de recensement des nouveaux adhérents, de 1949 à 1987, permettent d'apprécier la composition de l'association et des instances dirigeantes. Encore aujourd'hui se trouvent parmi les membres et les collaborateurs de nombreux universitaires, des conservateurs du patrimoine, des spécialistes, des autodidactes passionnés et éclairés…

    La Société se promet aussitôt d'organiser des conférences ainsi que des visites et, par son bulletin, d'être un lien entre les sections. Une assemblée générale annuelle réunit les sociétaires.

    Le premier volume de comptes rendus des travaux paraît en 1855, imprimé par Ivonnet à Napoléon (La Roche-sur-Yon), sous le titre d' " Annuaire… " soulignant une périodicité qui n'a jamais changé. Ce nom perdure de nos jours en dépit de changements réguliers (1). Les volumes s'ouvriront par un court almanach jusqu'en 1882 (interruption de 1863 et 1872). Cent-dix-huit volumes, riches de la qualité et de la diversité de plusieurs centaines d'articles, seront édités entre 1854 et 1993. Des stocks sont disponibles depuis 1949, en vente au siège de la Société (14 r Haxo, 85000 La Roche-sur-Yon).

    Les collections et la bibliothèque de l'association, constituées principalement par des dons et des échanges avec d'autres sociétés savantes, sont installées rue Haxo à partir de 1925.



    CENT-QUARANTE ANS D'ACTIVITES

    Au cours de ces cinquante premières années, par l'écho des manifestations et des travaux des comices agricoles et les écrits d'Alasonière, officier vétérinaire au dépôt d'étalons de La Roche-sur-Yon, la Société d'émulation encourage la modernisation de l'agriculture. A partir des années 1870, une lente transformation est perceptible même si la Société conserve son titre.

    Sous l'impulsion de l'archiviste paléographe Paul Marchegay, relayé par Louis de La Boutetière, Charles Mourain de Sourdeval, puis Eugène Louis et Alexandre Bitton, la Société réserve très tôt une grande place à la publication de documents inédits, chartes, lettres, mémoires et récits. La collection d'éditions de textes, parue sous le titre " Recherches historiques sur le département de la Vendée ", constitue, entre 1857 et 1878, un élément central de la revue.

    Jusqu'à sa mort en 1880, Ferdinand Baudry, archéologue et curé du Bernard, y fait part quant à lui des trouvailles qu'il effectue au lieu dit de Troussepoil. A partir de 1901, et pendant près d'un demi-siècle, c'est le docteur Marcel Baudouin, érudit éclectique et prolixe, qui alimente la rubrique archéologique. Il laisse une bibliographie impressionnante de plusieurs dizaines d'articles dont les descriptions demeurent précieuses bien que ses explications, parfois farfelues, appellent généralement des réserves. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Roger Joussaume et Jean-Loïc Le Quellec, brillants vulgarisateurs scientifiques, contribueront largement à la connaissance de la préhistoire de la Vendée.

    A partir de 1914, la Société d'émulation est dans la tourmente. La Première Guerre mondiale porte un coup d'arrêt à la publication qui ne reprendra qu'en 1922 avec un caractère résolument plus littéraire. Par son contenu, elle se rapproche alors de la " Revue du Bas-Poitou ", l'autre publication départementale.

    Puis, peu à peu, la Société se consacre presque essentiellement à l'histoire de la Vendée, en privilégiant la diffusion d'études originales et la promotion de travaux en préparation. On ne saurait citer tous les sujets qui sont traités. A titre d'exemple évoquons les notices communales de Léon Audé, les travaux de Guy de Raigniac sur les familles ou de Louis Troussier sur Noirmoutier et l'histoire des Sables-d'Olonne par Henri Renaud.

    Dans les années trente, la revue réserve quelques pages très utiles à la diffusion de la liste des monuments classés ou inscrits parmi les monuments historiques. L'idée sera reprise dans les bulletins de 1983, 1984 et 1988.

    Ayant cru un temps profiter de l'avènement du régionalisme, la Société est vite déçue et doit interrompre sa publication de 1942 à 1949.

    Un élargissement des domaines de recherche est initié dans le bulletin de 1966-1967, aussitôt dépassé par l'expérience novatrice des bulletins de 1968 et 1969, parus sous le titre prometteur de " Vendée 2000 ". La publication se veut alors " l'instrument de connaissances des réalités politiques, économiques et sociales du département dans le temps […], l'information permanente de tout ce qui concourt à l'expansion et au devenir du département… " Les géographes, comme Jean Renard ou Fernand Verger, qui jusque-là occupaient une place réduite, s'imposent alors avec des questions de géographie physique, de géographie humaine et d'aménagement du territoire. Du fait de difficultés financières la parenthèse " Vendée 2000 " est fermée dès la livraison de 1970-1971.

    Un dernier bulletin paraît dans la forme classique en 1990. Dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de 1793, la Société publie un numéro spécial en 1993 sous la forme d'un recueil de mémoires et de journaux inédits intitulé " Les oubliés de la Guerre de Vendée " (tient lieu d'annuaire pour 1991 et 1992).

    La Société d'émulation compte aujourd'hui plus de 270 membres titulaires, auxquels elle propose des activités variées : des conférences, des publications, des visites commentées de sites et une revue annuelle publiée depuis 1994 sous le titre " Recherches vendéennes ".



    LA SOCIETE D'EMULATION ET LES ARCHIVES DEPARTEMENTALES

    La collaboration fructueuse qui lie traditionnellement la Société aux archivistes du département est illustrée par leur présence au sein du bureau, leurs nombreuses contributions et la publication de synthèses sur les entrées et l'activité des Archives départementales. Au milieu des années 1990, la Société d'émulation a servi de laboratoire pour expérimenter la numérisation de manuscrits et d'imprimés, ouvrant ainsi la voie aux chantiers massifs de reproduction numérique initiés par les Archives de la Vendée et bien d'autres départements. Cette expérience a abouti à la publication de six cédéroms. La Société et les Archives coopèrent actuellement à la création de dictionnaires historiques. Sans abandonner la revue, l'association s'associe au développement de nouveaux outils de recherche et de partage du savoir, en s'appuyant sur un réseau de fidèles qui participent à son essor.

    La Société a eu le souci constant de réaliser périodiquement des tables : années 1854-1869 publiées en 1871, années 1871-1880 diffusées en 1880, puis compilées et complétées jusqu'en 1900 en 1902, et années 1901-1953 parues en 1954.

    Elle a entrepris en 2006 l'analyse intégrale de sa publication annuelle. Ce travail a été accompli pour la période 1854-1932 par François-Xavier Brochard sous la direction du Comité des dictionnaires de la Société, composé de Françoise Baudat, Thierry Heckmann et Pierre-Yannick Legal. Une convention passée en août 2007 entre le Conseil général de la Vendée et la Société d'émulation prévoit la publication électronique des travaux de la Société sur le site internet des Archives départementales. C'est dans ce cadre qu'a été intégré le travail de description, portant sur les 80 premières années de la revue (1854-1932).

    Les bibliothécaires des Archives, Françoise Jaunas et Emmanuelle Roy, ont poursuivi le travail de mise en valeur jusqu'en 1990 avec la collaboration d'Ingrid Ninot.



    (1) La revue s'intitule : " Bulletin périodique : histoire, lettres, sciences, arts, agriculture - Société d'émulation de la Vendée " en 1905 et de 1912 à 1922 ; " Annuaire - Société d'émulation de la Vendée " de 1923 à 1956 ; " Société d'émulation de la Vendée : revue d'études historiques et archéologiques " de 1958 à 1965 ; " Annuaire - Société d'émulation de la Vendée " en 1966/1967 ; " Vendée 2000 " en 1968 et 1969 ; " Société d'émulation de la Vendée " à partir de 1970/1971, la mention d'annuaire réapparaissant en 1976 ; " Recherches vendéennes : annuaire de la Société d'émulation de la Vendée " depuis 1994.

  • Communicabilité :

  • Le fonds, entièrement numérisé, est accessible en ligne. Les originaux sont disponibles en usuel en salle de lecture

  • Modalités de reproduction :

  • Reproduction numérique sur demande

  • Sources complémentaires :

  • Aux Archives de la Vendée

    Arch. Dép. de la Vendée, BIB PC 16 - Recherches vendéennes

  • Bibliographie :

  • CHALINE Jean-Pierre Sociabilité et érudition ; les sociétés savantes en France, XIXe-XXe siècles. CTHS, 1998 (BIB A 566)

    DEBOFLE Pierre. " Cent ans de Société archéologique : 1891-1991 ", collab. Danièle Debofle, Michèle Macé-Ramète. Société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers, 1991 (BIB B 343/3)

    " Histoire des sociétés d'émulation : actes du colloque du bicentenaire, 1792-1992 ". In : Bulletin de la Société libre d'émulation de la Seine-Maritime, 1993 (BIB B 351/1)